Dépenser pour économiser

Je discute assez souvent avec des porteurs de projets en phase de création d’entreprise ou de jeunes chefs d’entreprise. Et il y a un leitmotiv qui revient en boucle. ‘Il ne faut pas dépenser, faut faire le plus possible avec du gratuit, même si il faut bidouiller’. C’est d’ailleurs malheureusement quelque chose que j’entends aussi (mais vraiment moins) dans mes discussions avec des chefs d’entreprises plus expérimentés (mais ça sera sûrement l’objet d’un autre billet, les choses étant différentes).

Un exemple qui me vient, début décembre (oui je sais ça remonte, mais j’ai du lag dans l’écriture de mes billets). Je discute avec un chef d’une jeune entreprise. Il est en pleine phase de mise en place de son concept. Il a une petite équipe de salariés et le projet avance bien. Mais il a un problème et ça fait quatre ou cinq jours qu’il a lancé un de ses salariés sur la question avec comme objectif ‘résout moi ce problème en mode gratuit’. Après les 4 ou 5 jours de boulot ils ont une solution qui fonctionnent à peu prés, suivant le bon vouloir de la pluie et du beau temps.

Après quelques minutes de réflexion, je propose une solution qui a un coup, un peu moins d’un centaine d’euros par mois. Mais c’est une solution pérenne et industrialisable.

‘Mais ce n’est pas gratuit’ me répondra ma connaissance.
‘Combien ça t’a coûté 5 jours de salaires de ton salarié ? Pour une solution qui n’est de toute façon pas vraiment utilisable ?’ fut ma réponse.

En quoi consistait ma solution ? Déporter une partie du problème. Sous traiter un des points bloquants et le faire faire par quelqu’un qui était compétent.

Et c’est je pense souvent une attitude à savoir adopter.

Sous-traiter tout ce qui ne fait pas votre cœur de métier. Vous ne faites pas vous même vos cartes de visite non ? Ni l’impression de vos tee-shirts ou le repassage à sec de vos costumes.

Faites de même pour ce qui est plus proche de votre activité métier mais sans en être. Nous par exemple chez Hybird, on a sous traité l’infogérance de nos serveurs. Pourquoi ? Parce que ça coûte moins cher que de devoir embaucher deux admins réseaux (oui deux pour gérer les astreintes, les vacances de l’un des deux, etc). Et parce que comme cela on peut se reposer sur des gens ultra compétents dont c’est le métier. Cela nous fait donc économiser de l’argent.

Et, en plus, en se déchargeant de cette partie là, on économise aussi du temps. Ce qui nous en libère pour faire ce que l’on veut vraiment faire, sans parler de toutes les tracasseries auquel on a pas besoin de penser (maj des serveurs, veilles diverses et variés, autoformation pour rester à niveau,etc…). Et comme le temps, c’est de l’argent, on économise de nouveau de l’argent.

Alors peut-être que lorsque cela nous coutera moins cher d’embaucher 4 ingé réseau que de continuer à sous-traiter, on réinternalisera. Mais en attendant, en dépensant, on économise.

Et c’est à mon avis un conseil que tout le monde devrait essayer de mettre en œuvre.

Répondre à une offre de stage, mon avis.

Jéremy a il y a quelques jours a publié un billet parlant de réponses à une offre de stage. Je suis globalement assez d’accord avec lui, mais je voulais rajouter mon petit grain de sel.

Concernant le format tout d’abord. Personnellement, pour ce qui est du CV, je vous dirais de fuir comme la peste le texte brut, le rtf et même le doc :

  • Le texte brut parce que c’est moche et pas lisible pour un CV
  • le rtf et le doc parce que bon, il y a une chance sur deux pour que la mise en page que vous avez passez des heures à faire soit complètement à la ramasse lorsque la personne qui le recevra l’ouvrira.  (et puis en plus le .doc, il y a une chance sur deux que vous laissiez l’historique des modifications accessibles)
  • Donc pour moi il n’y a que le pdf qui soit un choix viable.

Le pdf ou … la lettre papier. Je sais, je dois être un anachronisme vivant ou alors c’est parce que j’aime trop le papier et l’écriture manuscrite. Mais à l’époque où l’on commence à dire qu’un email, c’est pas forcément si écolo que ça (tiens il n’y avait pas une conf paris web la dessus… (pub inside) et où tout passe par un email, je ne suis pas insensible à la démarcation que représente une candidature papier. Et puis, la mesure de la motivation n’est clairement pas la même. Envoyer un email c’est appuyer sur le bouton Envoi. Une lettre papier, elle vous coûte, du temps, de l’argent…

Alors je sais que certains chef d’entreprise partent d’un principe qu’une candidature technique sous format papier ne mérite même pas d’être ouverte. Personnellement je pense que c’est de la connerie. Mais malheureusement, je pense qu’il y a plus de gens qui vont se gausser en disant ‘mais c’est quoi ce mec d’un autre temps, on est plus à la renaissance’ que de gens qui prendront au sérieux votre candidature.

Pour ce qui est de la lettre de motivation, j’ai une préférence pour directement dans le corps du mail. Pourquoi ? Parce que sinon vous allez devoir trouver de quoi remplir votre corps d’email et qu’en plus, vous allez devoir faire une lettre de motivation pdf ou autre, mais dans un fichier et qu’alors va falloir la présenter correctement votre lettre. Et c’est pas forcément trivial.

Ensuite, pour ce qui est du contenu. Je vais vous répéter ce que nous disait notre prof de com en école. ‘votre recruteur il s’en fout que vous vouliez apprendre le python, que vous pensez que sa boite va vous apporter un max et que grâce à lui vous allez devenir meilleur’. Lui il veut savoir ce qu’il a gagné en vous prenant en stage. Si ça va lui être un minimum utile. Écrivez la lettre en conséquence. Qu’est ce que vous allez pouvoir lui apporter ? En quoi vous lui serez utile ? (oui je sais les stages c’est fait pour vous former, pas pour que l’entreprise y gagne quelque chose, bla bla bla, … mais si en plus de vous payer et d’allouer du temps de tuteur à vous former, encadrer, aider,… au final le bilan de votre stage pour elle est nulle voir négatif, ben … voilà quoi).

[Ici, je m’auto met un bémol, il y a des stages que l’on accepte alors que l’on sait que le bilan sera nul, c’est par exemple les stages de troisième. Mais ce n’est que pendant 1 ou 2 semaines et c’est ‘pour la bonne cause’, c’est différent. Au boulot, on a déjà pris deux fois de tels stagiaires et on le refera, parce que là oui c’est rafraîchissant les petits troisièmes (et très rigolo d’avoir les mamans au téléphone qui demandent des stages pour leur enfants)]

Donnez des arguments sur ce que vous allez apporter et surtout justifiez les. Comment ? Servez vous de vos expériences précédentes et montrez en quoi elles vous serviront. Vous n’avez pas d’expériences précédentes, c’est votre premier stage ? Servez vous de vos expériences personnelles alors. Vous passez votre vie devant la TV et en boîte et vous avez aucune expériences personnelles ??? glissez un chèque dans votre lettre de motivation alors parce que là, c’est mal parti. (d’ou l’intérêt de la lettre papier).  Ha et s’il vous plaît, évitez le ‘je vais vous apporter ma curiosité et ma fraîcheur d’esprit…’

De même, et la je rejoins jérémy, les lettre de motivation qui débute par ‘Votre entreprise étant réputée dans son domaine d’activité…’ c’est bon, pour moi c’est direct un gros gros mauvais point. Autant il faut absolument que vous sachiez ce que fait l’entreprise que vous contactez, dans quoi elle bosse, etc, autant des phrases vides de sens comme ça… Ça montre exactement le contraire.

Et puis ce n’est pas dur, il suffit de suivre un minimum l’actualité de la boite. Blog/Twitter/site de la boite, des produits, vous aurez toutes les infos nécessaire. Et je vous le promet finir une lettre de motivation en concluant que vous espérer que le salon qui se passe dans 1 mois et sur laquelle l’entreprise sera exposante se passera bien.. ça vous démarquera tout de suite. Et pas qu’un peu.

Quelques autres choses à ne surtout pas faire en plus de celles déjà listées (et toutes sont réelles, tirées des CV que l’on a reçu au boulot) :

  • Commencer par madame, monsieur quand vous savez a qui vous écrivez (et vous devez savoir). Bonjour Madame Truc, bonjour monsieur Bidule. C’est le minimum.
  • Envoyer un mail avec 50 adresses de destinations, toutes visibles. Là vous me donnez l’impression de vous foutre de moi et vous passez pour un con.
  • Envoyer comme CV un Scan en jpg d’un CV imprimé et/ou d’une lettre de motivation manuscrite
  • Si vous envoyez une lettre manuscrite, l’écrire sur une page quadrillée, surtout si c’est une page de classeur avec les trous à gauche. Le papier a lettre, ça existe !
  • Ne pas personnaliser votre CV. Normalement vous devriez avoir autant de CV que d’offre auxquels vous postulez. Ça peut aller de simplement changer l’intitulé mais vous pouvez aussi changer les expériences que vous mettez en avant en fonction des postes.
  • Penser que parce que vous êtes bon, ça va le faire tout seul. Parce qu’à part si vous êtes un core dev d’un projet réputé, le créateur d’une appli ou d’un site à succès ou autre, les gens qui recevront votre CV + lettre de motiv ne pourront pas le savoir. Et pour avoir droit de prouver votre valeur lors de l’entretien + tests techniques, faut déjà que vous soyez sélectionné pour un entretien.
  • Envoyer un mail vide contenant juste : ‘Lettre de motivation et CV en PJ’
  • Envoyer un mail se limitant à ‘voici mon CV, je cherche un stage, si vous êtes intéressé, répondez moi pour recevoir ma lettre de motivation’.
  • Ne pas relancer par mail ou téléphone. Mais uniquement si vous êtes sur d’avoir vraiment bien fait les choses au niveau du CV et de la lettre de motivation. Si vous m’envoyez un CV pourri avec une lettre moisie et que vous me relancez,  vous risquez de vous faire lister point par point pourquoi votre CV est pourri et votre lettre de la daube. Et je ne serais pas forcément d’une super humeur.
  • Ne pas essayer de faire jouer vos relations. Si vous avez ciblé une boite, que vous voulez y aller et que vous pourriez utiliser votre réseau de connaissance pour faciliter les choses et que vous ne le faite pas.. vous êtes un naïf.

En fait, au final, rechercher un stage, c’est une vraie démarche commerciale. Vous allez, peut-être pour la première fois, essayer de vous vendre, vous déguiser en commercial d’un produit que normalement, vous connaissez bien, vous-même. Et promis, ce n’est pas sale.

Changer de taff, quelques remarques

Un de mes cousins réfléchit à changer de job. Du coup, il se retrouve dans les problématiques connues par tout ceux qui cherchent un emploi :

  • le salaire et les rémunérations
  • le contrat de travail

Et allez savoir pourquoi, il m’a demandé conseil pour l’aider. Apparemment être gérant d’entreprise fait que dans la tête des gens, on s’y connait en contrat d’embauche. Tout comme être informaticien veut dire qu’on sait réparer des windows 98 et des install norton (oui ça sent le vécu …)

Mais mon cousin a de la chance, j’ai quelques notions à ce niveau là. Et en discutant avec lui, je me rend compte que lui non, moins que ce que je pensais. Du coup, comme là, j’ai un peu de temps, je vais essayer de lister 2 ou 3 points qui sont intéressant à connaître.

La clause d’exclusivité.

Mon cousin a été surpris par cette clause. C’est pourtant une clause assez courante aujourd’hui, surtout au niveau des cadres. Ca rassure l’employeur qui comme ça, espère que vous consacrerez tout votre temps pour lui. Par contre, autant il est légal de vous interdire d’avoir une activité rémunéré à coté, autant la clause d’exclusivité ne peut pas vous interdire les activités bénévoles (CA Poitiers, 30 novembre 2006 : pour un ambulancier qui exerçait, sur son temps libre, l’activité de pompier bénévole).
De même, sur du temps partiel, il ne peut avoir de clause d’exclusivité.
Enfin, il me semble d’ailleurs aussi que pour être légale une telle clause doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise et être justifiée par la nature de la tâche à accomplir et enfin doit être proportionnée au but recherché. Sinon c’est une atteinte à la liberté du travail. Le texte de référence ici étant celui de la COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE. Formation de section / 11 juillet 2000. Arrêt n° 3323. Rejet / Pourvoi n° 98-41.486.

La clause de non concurrence.

Elle s’applique si vous quitter votre travail. Pour être légale il faut :

  • qu’elle soit proportionnée
  • qu’elle soit limitée dans le temps et géographiquement
  • que l’entreprise s’acquitte d’une compensation financière (Soc 12 juillet 2002)

La clause s’applique quelle que soit la manière dont vous ‘sortez’ de l’entreprise. Le mode de rupture du contrat ne change rien (Cass. Soc 31 mai 2006).

Rémunération.

Un dernier point, juste pour donner mon avis sur la rémunération. Souvent la seule chose sur lequel se focalise les chercheurs d’emploi, c’est le salaire brut. Et on est bien d’accord, c’est important.

Mais il faut réfléchir à sa rémunération dans son ensemble. Et ça comprends la mutuelle quand il y en a, les tickets restos (même si depuis les derniers changements législatif, ils sont carrément moins intéressant qu’avant), les avantages en nature comme abonnement téléphonique ou autre, les accords d’intéressement si il y en a, les modalités de versement de prime quand il y en a…, etc etc.

Parce qu’en plus, ces rémunérations supplémentaires sont bien souvent très attractives fiscalement.

Source :

https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Clause_de_non-concurrence
http://www.avis-droit-social.net/modele_clause_exclusivite.php
http://www.cadremploi.fr/edito/actu-et-conseils/vie-professionnelle/droit-du-travail/d/1/la-clause-dexclusivite-en-deux-versions.html

Gérer ses bourdes

Ca nous arrive à tous. On fait des bourdes. Des petites, des pas importantes voire des grosses bourdes.

Et que ça soit au niveau perso ou au niveau boulot.

Et comme toujours, les bourdes arrivent dans les pires moments, les moments plein de stress, ou le temps manque où l’on est surchargé.

Mais faire des bourdes, c’est normal. Et même dans le contexte professionnel, c’est permis. (A condition de ne pas en faire tout les jours). Parce que même dans le contexte pro, on reste des humains, donc par définition, faillible.

Vos clients (ou vos fournisseurs) ne vous jetteront donc pas des pierres si par malheur, un jour vous veniez à faire une bourde. Par contre, suivant comment vous gériez les conséquences de la bourde, là ils pourraient vous jeter des pierres.

Donc, voyons comment gérer une bourde, en 5 points.

Déjà la découverte.

Le cas le pire, c’est votre interlocuteur (à partir de maintenant je vais partir du principe que c’est votre client, mais ça pourrait être votre fournisseur, votre partenaire, etc.) qui la découvre. Donc alors que vous étiez en train de faire tout autre chose, vous recevez un mail ou pire un coup de téléphone pour vous annoncer que ‘Houston, on a un problème’. Là nul besoin de vous mettre à courir en hurlant et en vous arrachant les cheveux, même mentalement. Restez serein, déjà ça tranquillisera le client. Prenez connaissance du problème, posez-lui des questions utiles (s’il est au tel), depuis quand, les symptômes, etc, etc. Si c’est un mail, traitez-le tout de suite en lui posant les mêmes questions.
Que ça soit par mail ou par téléphone, assurez-lui que vous allez étudier le problème au plus vite (voir immédiatement suivant la criticité) et que vous le tenez au courant. Important donnez lui un délai pour votre réponse, dans l’heure, avant la fin de la journée, sous 3 jours, mais donnez lui un délai précis.

Maintenant autre cas de figure, c’est vous qui découvrez la bourde. N’imaginez pas la cacher. Pourquoi ? Parce qu’effectivement si vous avez de la chance, personne ne s’en est rendu compte et donc vous allez peut-être même tout remettre en l’ordre sans que personne ne s’en occupe. Mais si jamais quelqu’un s’en est rendu compte, que vous réparez en catimini sans rien dire et que vous ne dites rien à personne, vous allez avoir une grosse étiquette (et à raison) ‘dissimulateur à qui on ne peut pas faire confiance’ accroché dans le dos. Donc si jamais c’est vous qui découvrez la bourde, vous tenez les gens au courant. Un mail ou un coup de tel avec la description du problème et pareil un délai maximal avant lequel vous vous engagez à revenir vers eux.

Le déni

C’est la chose à ne pas faire. N’essayez pas d’embrouiller votre interlocuteur. De lui expliquer que ce n’est pas de votre faute qu’en fait c’est lui. Que ce n’est pas un bug, mais une fonctionnalité normale, que c’est comme ça que c’est prévu.
Ou alors que c’est la faute du chien qui a mangé les câbles ou de Murphy qui joue au vaudou avec une poupée à votre effigie.
Non acceptez le fait que vous avez merdé. D’abord parce que le déni, ça fait très enfantin. Et que les gens n’ont pas envie de travailler avec un enfant de 5 ans. Et puis que bon, un jour ça sera peut être vraiment pas votre faute. Si à chaque fois que c’était votre faute, vous avez essayé de vous défiler par tout les moyens possibles, le jour ou il va vous falloir expliquer, la main sur le cœur, que non vraiment là ce n’est pas votre faute. Personne ne vous croira…

La réparation

Bon tout le monde sait qu’il y a eu merdouillage. Maintenant il faut réparer. Faites-le. Le plus vite possible. Vous allez me dire que vous avez peut-être d’autre chose à faire, que vous n’avez pas le temps, que vous n’avez plus de bras dispo. Débrouillez-vous. Faites avancer les choses, même un peu, dans la mesure de vos possibilités. Mais le plus possible. Et plus le problème est critique ou dérangeant, plus il faut vous dépêcher.

A mon sens, (mais là c’est personnel) à choisir, il vaut mieux avoir un peu de retard dans une livraison et corriger une bourde qui vient d’être découverte qu’être à l’heure pour sa livraison mais laisser quelqu’un dans l’embarras le plus profond (et donc la colère).
Bon bien entendu si votre livraison cela fait trois fois que vous la repoussez et que vous vous retrouvez avec deux bourdes à gérer (les multiples retards de livraison plus une bourde indéterminée) vous êtes dans le caca. Mais à ce niveau là, je pense qu’il y a un certain nombre de choses à revoir dans votre organisation du travail ….

l’information

Suivant les cas, cela peut être une bourde qui va prendre du temps à corriger. Dans ce cas là, tenez informés régulièrement vos interlocuteurs des avancées (ou pas) de la résolution ainsi que d’une estimation probable de retour à la normale. On râle tous assez après la SNCF quand l’information sur les trains annulés ou retardés n’arrive pas… Ne soyons pas la SNCF de nos clients.

Passer à autre chose.

Vous avez bien réagi à l’annonce de votre bourde, vous avez trouvé, rapidement, une solution que vous avez mis en place et en plus vous avez tenu informés votre client du déroulement de la résolution de votre bourde. Tout le monde est de nouveau content et serein. C’est le moment de passer à autre chose.

Faites un dernier point avec votre interlocuteur pour résumer la situation et profitez en pour lui exposer les mesures que vous avez prises ou que vous allez prendre pour que cela ne se reproduise pas. Ça lui fera plaisir. Et au passage, suivant la gravité de la bourde, faites un petit geste. (Pour une bourde de type ennuyeuse, le petit geste peut être de la traiter séance tenante, au moment où elle se déclare, comme si c’était une bourde critique).

Le client, ce concurrent que l’on oublie souvent

La concurrence. Ces grands méchants vilains qui voudraient vous voler vos prospects ou pire vos clients, pour leur installer des logiciels tout buggés et inutile ….

Focalisé sur cette menace ultime qui est la concurrence, on est tenté d’oublier que bien souvent, notre principal concurrent c’est en fait le prospect qui est assis en face de nous.

Non, je ne délire pas.

Prenons un exemple. Imaginez que vous fournissiez des logiciels de CRM. Comme vous faites bien votre métier, vous connaissez parfaitement les logiciels concurrents de celui que vous voulez mettre en avant. Vous savez parfaitement démolir chacun des logiciels qui voudraient faire de l’ombre au votre, avez des exemples d’horreur stories pour tous.

Vous êtes prêt, sur de conquérir ce prospect.

Qu’allez vous lui répondre quand il vous demandera ‘Mais vous savez, moi, j’ai un CRM que j’ai fait en excel avec des macros, il est vraiment parfait’.

Ou si vous venez pour proposer un ERP, que répondrez vous au DSI qui vous dira qu’il a fait développer en interne, un logiciel en Windev avec des bases ACCESS très optimisé et qui fait exactement ce qu’il faut.

Et là, c’est le drame.

Parce que vous ne vous attendiez pas que votre prospect soit un membre de la mouvance ‘et si on le faisait nous même’ (je tiens à préciser que je n’ai rien contre la mouvance ‘et si on le faisait nous même’, d’ailleurs ça serait un comble, parce que je crois bien succomber à la ‘et si on le faisait nous même’-ite au moins 3 ou 4 fois par semaine )

Parce que le seul argument qui tourne alors en boucle dans votre crane c’est ‘mais elle est nulle votre solution’ mais que vous ne pouvez pas vraiment lui dire ça comme ça.

Donc quand vous allez voir un prospect, n’oubliez pas de réfléchir à comment vous allez pouvoir lui prouver qu’il vaut mieux qu’il externalise chez vous ce que vous lui proposez plutôt que de tenter de le faire en interne.

Chronique d’un salon réussi

J’en ai parlé (enfin twitté) plusieurs fois. La semaine dernière, nous profitions du salon Solutions pour lancer Crème CRM, le CRM que l’on développe depuis … piou deux ans.

C’était l’occasion d’être, pour la première fois, exposant sur un salon parisien. Pour cette première nous avions prévu les choses en grand :

  • Nouveau kakémono
  • Nouvelle plaquette
  • des clés USB en forme de carte de visite, au couleur de Crème et qui permette de se connecter à une version de démo en ligne
  • de grand tablier blanc, avec un logo Crème, pour continuer l’univers Crème glacée.
  • Une distribution de crème glacée, le 5 octobre, en deux temps. Première partie à la sortie de la conférence de présentation de microsoft Dynamics CRM puis en marchant dans le salon et en arrêtant les visiteurs pour leur offrir une glace et une plaquette, tout en leur expliquant le truc.

Le pari n’était pas forcément gagné d’avance. Le risque était en effet que nous passions pour ridicule, ma chérie et moi, avec nos tabliers (oui la délégation Hybird était redoutablement non discrimante , une femme ma chérie, et un homme moi (je serais presque tentée de dire 1,5 femme en comptant la mini boutchou qui attend tranquillement février pour naitre…) )

Mais au final, le retour fut plutôt bon, je n’ai eu qu’une seule personne qui a refusé de me parler sous prétexte de mon accoutrement.

Le reste du temps, les gens restaient un peu scotchés mais avaient l’air de trouver nos initiatives sympa et de bon goût. Niveau réaction on a tout eu :

  • le mec qui rit aux larme en nous disant que c’était une idée géniale
  • les étudiantes en marketing qui viennent nous dire que c’était terrible
  • une exposante qui me dira ‘je ne pourrais plus manger de glace sans penser à votre CRM’
  • une autre qui trouvera l’idée cool mais compatira tout de même ‘vous devez en vouloir à votre patron qui vous oblige à porter un tablier’
  • des visiteurs (ou des exposants) qui m’arrêteront pour me demander pourquoi je porte un tablier blanc.
  • les gens qui en général hallucinent au départ mais me laissent leur faire mon petit discours, prennent une plaquette et parfois une glace et me donnent leur carte

Au final, et même si il va falloir attendre quelques mois pour pouvoir avoir une réelle idée de l’impact de ce salon, le bilan est positif, un certain nombre de contact,  des retours plutôt bon sur le design, l’ergonomie et les fonctionnalités de Crème.

Petit intermède Caliméro

Et pourtant, ce ne fut pas facile. A croire que tout c’était ligué contre nous.

Nous avions raté à 30 secondes (30 put…. de secondes), notre TGV, ce qui nous a obligé à en prendre un autre (en payant une surtaxe) et à arriver encore plus tard que prévu sur Paris. (Ce qui nous a permis de marcher à travers la Défense et Courbevoie, en pleine nuit, pour trouver notre hôtel… Mais bon, c’est sympa la Défense à minuit).

Arrivés (enfin) à l’hotel, je me rend compte que j’ai oublié de prendre des chaussures correctes et que je n’ai que mes baskets (autant dire que costume / basquettes, ça ne le fait pas) ce qui m’obligera à aller en acheter le matin même du salon et conséquence encore pire, à faire 2 jours de salons dans des chaussures complétement neuves ….

D’ailleurs le retour ne fut pas mieux …

Tout d’abord serrés comme des sardines pour faire la défense -> la gare de lyon..

Puis déçus parce que les billets IdTGV on ne peut les échanger que 5h avant le départ… 5h… mais qui a envie de changer ses billets 5h avant le départ ? 2h30 avant le départ comme nous oui… mais 5h30. Donc bingo, 2h30 d’attente.

Ensuite dans le wagon idTGV Zen, le plus bruyant du monde, avec une bande de trentenaire qui foutaient le bordel en buvant des petites cannettes de 1664 … (non mais sérieux là …) Et pour finir 20 minutes d’attente pour avoir le droit de monter dans un ficht.. de taxi.

Fin du Petit intermède Caliméro

Pour clôturer ce billet, et histoire que ce ne soit pas qu’un billet ‘récit of my life’, je vais essayer de vous donner un conseil.

Si vous devez lancer un produit, être exposant sur un salon, n’hésitez pas à être décalé, différent. N’hésitez pas à prendre des risques, si vous trouvez une bonne idée, qui reste dans le ton, qui peut être relié facilement à votre produit, qui est sympa sans être ridicule, fun sans être débile, vous marquerez les gens et ils se souviendront de vous. Et qu’ils se rappellent votre nom, c’est la première étape pour que vous puissiez leur vendre quelque chose. [ Et je sais que quand je les relancerais par mail, ils vont tout de suite me remettre, et que si ils se rappellent de moi, c’est un plus, un gros plus ]

Alors effectivement, c’est bien plus difficile de passer deux jours habillé avec un tablier blanc que de rester, comme tout les autres autour,  en costard / cravate. Mais je pense que ça vaut le coup.

Le plus difficile reste le dosage. Savoir rester du bon coté de la ligne jaune, du coté de l’idée géniale et ne pas, à trop vouloir en faire, passer du coté de l’idée ridicule.

Pour finir, (parce que demain j’ai un autre salon et que je ne suis pas tout a fait prés) j’aimerais parler d’une autre initiative ‘décalée’ du même style. Celle de Pliciweb et de leur produit clic and cash qui consiste tout bêtement (ou tout génialement) à vendre des sites web en conserves (oui en conserves, dans des boites de conserves). Leur idée est tout simplement géniale. Donc voilà, j’avais juste envie d’en parler. 🙂

Ne laissez pas vos clients seuls

Avant d’être vos clients, vos clients n’étaient pas vos clients. C’était des non-clients. Puis ils sont devenus des prospects puis des clients.

J’enfonce des portes ouvertes allez vous me dire. Oui, je sais.

Mais si je vous dis cela c’est pour mettre le doigt sur une chose bien précise. C’est que pour faire que des inconnus deviennent vos clients, vous avez du produire un certain nombre d’effort, plus ou moins grand. Et que ces inconnus, avant d’être vos clients, étaient les clients de quelqu’un d’autre.

Mais que finalement, vous avez réussi à faire en sorte qu’ils deviennent vos clients.

Maintenant qu’ils sont vos clients, quelle est votre démarche ? Je croise bien trop souvent des entreprises qui ne parlent à leur client qu’en deux occasions :

  • lorsqu’elles leur envoient leur facture
  • lorsqu’il y a un problème qu’elles doivent corriger.

Pour peu que l’entreprise est un peu de chance, il n’y aura pas souvent des bugs à corriger. Et donc elle pourra passer des mois sans aucun échange avec son client (autre que l’envoi de facture au service compta, ce que je ne compte pas comme échange).

Vous pensez que c’est une bonne solution ? Vous ne pensez pas que votre client va avoir l’impression d’être un petit garçon (ou fille), seul(e) dans le noir et sans veilleuse pour le rassurer ? Alors qu’il entend déjà le croquemitaine griffer le parquet sous son lit ?

Ne pensez vous pas, que ne jamais vous voir/recevoir de mails/ de coup de téléphone va faire que votre client va se sentir délaissé ? Va finir par oublier que si tout marche bien, c’est grâce à vous ? Et que si, à ce moment là, un de vos concurrents arrive et lui fait la cour encore et encore, il finira par succomber ?

Et que donc vous aurez perdu un client ?

Moi, en tout cas, je le pense.

Donc faite des points régulier avec vos clients. Appelez les, tenez vous au courant de ce qu’ils font, de leur nouveau produits, …

Cela permettra deux choses :

  • Vos clients ne vous oublieront pas et se sentiront chouchoutés comme jamais.
  • Qui sait, peut-être que ça vous permettra de leur vendre de nouvelles prestations / produits sans avoir fait beaucoup d’effort (en tout cas beaucoup moins que si vous deviez convertir un prospect en client)

Parlez leur d’eux

Dans mon dernier billet concernant mes tips commerciaux, je vous conseillais de vous taire. Et de laisser parler votre futur client. Histoire de pouvoir lui tirer le maximum d’information.

Une fois que vous avez eu toutes les informations que vous vouliez il est temps pour vous de lui présenter votre solution, le truc qui va faire qu’il va être heureux et que tout ses problèmes seront résolus.

Cela implique donc que vous allez devoir lui expliquer ce que vous vous proposez de faire, voir lui faire une démo de votre produit ou même présenter un prototype pilote.

Dans tout les cas, la clé du succès, enfin l’une des clés sera de réussir à lui faire comprendre pourquoi votre solution est bien et à l’intéresser à votre produit.

Et bien souvent vos arguments techniques, il n’y comprendra pas grand chose. Lui expliquer par le menu que vous utilisez telle librairie C++ et pas telle autre parce que sa résolution des équations de trouzième degré est plus rapide dû fait de son utilisation d’allocation par chunck, ça ne va pas marcher. Et c’est malheureux, parce que tout serait toujours plus simple si les arguments techniques uniquement suffisaient tout le temps.

Donc il va falloir trouver d’autres manières de convaincre.

L’une d’entre elle est d’impliquer votre futur client dans votre démo ou votre argumentaire. Renseignez vous sur son métier et préparez des exemples qui tomberont juste. Utilisez également toutes les infos qu’ils vous a donné, vu que vous l’avez laissé parler, pour faire en sorte que votre discours ressemble encore plus à un discours d’un homme du métier, de son métier.

Si vous devez faire une démo ou déployer un pilote, c’est exactement pareil. Prenez le temps de récupérer le logo de l’entreprise en question et de mettre votre démo au couleur de celle-ci, idem pour des slides d’ailleurs. Qui dit pilote ou démo dit aussi donnée de test, là aussi, si vous le pouvez essayer de mettre des données en rapport.

Voilà vous l’aurez compris, tout mon billet est centré sur l’idée qu’en donnant des exemples qui peuvent être des exemples réels pour votre futur client, en lui montrant des démos ou des prototypes à ses couleurs on lui montre qu’on a été attentif à ses paroles, qu’on a pris du temps pour préparer ce qu’on allait lui monter. Et étrangement, un pilote à ses couleurs … ça change rien, mais ça change tout.

EIRL vs EURL vs AutoEntrepreneur

Je twittais hier un lien parlant du décret d’application mettant en place les EIRL. Quelques discussions plus tard je me dis que je vais rapidement donner mon avis sur le sujet. Au risque de dire des bêtises en me trompant.

1- AutoEntrepreneur Vs le reste

Déjà je vais expédier rapidement la comparaison avec l’autoentrepreneur. Pour moi le statut d’AE reste un statut de complément ou un statut de test. On devient AE quand on est salarié (ou retraité mais bon c’est pour moi inique de devoir travailler pendant sa retraite) et que l’on veut soit tester un concept rapidement avant de se lancer soit avoir quelques compléments de revenus.

Donc AE c’est soit un statut transitoire soit un statut d’appoint. Alors que EIRL ou EURL c’est des statuts ‘sur le long terme’.

2- EIRL vs EURL

La, je vais être sincère, je ne vois pas vraiment l’intérêt du nouveau dispositif EIRL à part d’être un effet de communication qui permet de dépoussiérer l’EURL qui peut paraître lourd et craignos pour les fringants nouveaux créateur d’entreprise. Pourquoi je dis ça ? Parce que les statuts se ressemblent beaucoup.

2-1 Les ressemblances

Ce sont deux types de structures à responsabilité limité. Donc dans les deux cas, le créateur est sensé avoir ses biens personnels protégés en cas de faillite de son entreprise. (je dis sensé parce qu’il me semble avoir lu plusieurs fois que si la faillite vient d’une faute de gestion avéré du responsable, celui ci pouvait alors être responsable sur ses bien personnels, ça serait à vérifier).

Dans les deux cas, on peut être imposé sur l’IS et non l’IR.

Dans les deux cas, il y a dépôts annuels des comptes. Alors je pense qu’effectivement pour l’EIRL cela sera peut-être plus simple que pour une EURL, mais je n’en suis même pas sur.

2-2 Les différences

L’EURL est une vrai société. Il faut donc rédiger des statuts, la faire immatriculer et avoir des Assemblées générales tout les ans. C’est effectivement une charge à prendre en compte. Mais si on regarde bien les statuts on les écrit qu’une fois et on les modifie que très rarement. L’assemblée générale, faut la faire tout les ans, mais ça reste assez bateau (et puis il y a des conseils pour ça).

L’EIRL fonctionne par contre avec un principe de dépôt de déclaration des biens, droits ou autre que l’entrepreneur va affecter à son EIRL. Ce qui veut dire de la paperasse à faire et à déposer à l’organisme qui va bien. Et si c’est des biens immobilier il faut faire des actes notariés. De nouveau de la paperasse. Et on ne sait rien sur comment faire si on change l’affectation des biens. Cette affectation des biens doit donner lieu à une comptabilité autonome (et là moi je comprends gestion des amortissements pour tout ce qui est matériel) et dépôt des comptes annuels.

3- Zone d’ombre et conclusion

Il y a pour l’instant pas mal de choses que l’on ne sait pas sur l’EIRL. Comment est ce que cela fonctionne lorsqu’on veut rajouter des biens dans la déclaration d’affectation ? Genre la location d’un local, l’achat de nouveau PC, comment cela se passe ? Comment amende-ton notre déclaration ?

L’EURL permet à la fois d’être transformé en SARL ou alors d’avoir des salariés, est ce que cela sera possible avec une EIRL ?

Au final, la grande différence est, j’en ai l’impression de troquer la paperasse générée par l’immatriculation d’une société par celle dû à une déclaration d’affectation de ressources à son activité.

D’un point de vue personnel, je ne suis pas vraiment sur que les créateurs d’entreprise soit gagnant au change. En fait, là comme ça, la création du statut EIRL me fait plus penser à un effet d’annonce, le statut spécial pour ‘les gens de l’internet’ et j’ai vraiment du mal à voir son intérêt réel comparé à une EURL. Surtout tant qu’on aura pas plus d’info sur les transformation possible en autre type de structure ou sur comment se passe les embauches. Mais je peux me tromper. Et si j’ai loupé une info qui ferrait que le statut d’EIRL serait vraiment top moumoute, j’espère qu’on m’en informera à travers les commentaires 🙂

Savoir se taire.

Encore un billet orienté entreprise.

Et comme c’est dimanche, presque la fin d’après midi, ce moment un peu étrange où l’on goute aux dernières heures du week-end en espérant secrètement que lundi matin n’arrivera jamais, que non, on ne va pas devoir se lever tôt et prendre son cartable pour aller à l’éco… heu pardon, sa sacoche de PC pour aller au boulot.

Puisqu’on est en plein dans cette période un peu trouble, sablonneuse de la fin de week-end, et vu qu’il n’y a plus de Disney Parade depuis longtemps sur TF1, je vais donc parler de commercial.

Je vais même créer une petite catégorie exprès pour, histoire de pouvoir facilement ranger les différents conseils que je pourrais vous donner, moi , en temps qu’informaticien qui se déguise en commercial.

Donc mon premier conseil, il est super simple c’est ‘savoir se taire’. C’est un conseil qui vaut surtout pour le premier rendez-vous avec un prospect.

Alors oui, je sais, je vais me faire descendre par tout ceux qui sont adepte de la mitraillette à mot. Du débit de parole tellement rapide qu’il finit par donner mal à la tête, à enfumer et à faire en sorte que votre futur client finit par dire oui à tout, juste pour vous voir partir (et filer à la pharmacie la plus proche pour faire une razzia sur leur stock d’aspirine).

Je pense que démarrer comme ça, c’est une erreur. Je pense qu’au final un futur client, il veut que vous lui apportiez une solution. Mais cette solution, c’est une solution à un problème qu’il a. Un problème bien précis.

Et si vous commencez avec grandes tirades et des avalanches de slides colorés, il ne peut pas vous parler de ses problèmes. Et du coup, il va être triste.

Donc, mon conseil c’est ‘taisez vous’ ou plutôt ‘écoutez le’. Laissez le parler, s’exprimer, vous raconter son problème, son besoin. Posez lui des questions, bien entendu, pour éclaircir les zones d’ombres, pour pouvoir bien cerner ce qu’il veut. Prenez des notes aussi, le plus possible même.

Et plus il parlera de son problème, plus vous aurez d’info donc plus vous pourrez lui proposer quelque chose vraiment en adéquation avec son besoin. Et en plus, lui,  il sentira que vous attachez de l’importance à la résolution de sa problématique. Il n’aura pas l’impression d’avoir en face de lui un vendeur de soupe qui lui déroule un argumentaire bateau …

Être endetté, c’est bien

Cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas écrit de billet orienté gestion d’entreprise. Quoi de mieux qu’un titre volontairement accrocheur pour changer cela ?

Donc oui, pour une entreprise, être endettée, avec modération, c’est bien. J’irais même plus loin, je dirais que lorsque l’on est, en temps qu’entreprise, pas endettée du tout, c’est une faute. Non, ne me brulez pas tout de suite, je vais m’expliquer.

1- Les trois lois.

Pour bien comprendre la suite de mon billet il faut garder en mémoire les trois lois qui régissent les banques et la gestion de la trésorerie d’une entreprise :

ta trésorerie le moins possible tu grèveras
Aux riches seulement, on prêtera
Si tu refuses ce que l’on t’offre, lorsque tu le demanderas, on te le refusera

2- Financement du matériel

Pour pouvoir produire ou simplement gérer les tâches administratives, une entreprise a besoin de matériel. Si je prend Hybird en exemple, nous on a besoin de PC. Que l’on change assez souvent, tout les deux ans et demi en moyenne. C’est donc des investissements assez réduit au final. Que l’on pourrait financer complétement en payant cash. Mais rappelons nous la première loi. Ta trésorerie le moins possible tu gréveras. Pourquoi entamer sa trésorerie pour acheter du matériel alors qu’on pourrait en faire financer l’achat par la banque ? Pour ne pas s’endetter et payer des intérêts allez vous me répondre ? C’est vrai.

Mais d’un autre coté, rien n’est plus important que de conserver sa trésorerie. Parce qu’imaginons un coup dur, un client qui paie en retard ou qui dépose le bilan, pile au moment ou les charges trimestrielles arrivent. Les urssafs ils seront alors très heureux d’apprendre que vous avez achetez tout votre matos rubis sur l’ongle et que vous n’avez aucun crédits sur le dos. Mais ils s’en foutront. Ils voudront être payer..

Nous, pour financer le matériel, on a mis en place une ligne de crédit, dés que possible. On ne l’utilise pas souvent, mais elle est là et si jamais on a un pépin de matos, un truc qui nous lâche, ou simplement un renouvellement de matos prévu, on l’utilise, sans aucun remord et on ne touche pas à notre tréso.

3- Financement du BFR

Tout le monde le sait, les banques ne financent pas le BFR. Sauf que.. sauf que si. Elles le font, parfois, quand vous n’en avez pas vraiment besoin. Quand votre tréso sera dans les sommets, quand votre carnet de commande sera plein et votre moral au beau fixe, ce sera le moment que votre banque choisira pour vous proposer une petite aide pour votre BFR. Oh bien entendu, ca ne sera pas des sommes énormes, 10 000 euros ou 30 000 euros. Mais bon, c’est toujours ça.

Et là, vous allez réfléchir et vous vous direz ‘je n’ai pas besoin de cet argent en plus, sur lequel je vais devoir en plus payer des intérêts (autour de 4% à l’heure actuelle), pourquoi donc payer pour avoir de l’argent dont je n’ai pas besoin’. Et vous direz ‘non merci, je n’en ai pas besoin’ à votre banque.
C’est très bien, c’est une gestion très ‘bon père de famille’ de votre endettement. Mais souvenez vous les règles 2 et 3 du premier point. On vous propose de l’argent, pourquoi le refuser ? Au pire, placez le. Vous trouverez sans problème des placements autour de 2,80 % et vous vous retrouverez avec des sous en plus, pour un cout vraiment minimum. Et là encore, qui sait ce qui peut arriver dans les mois qui viennent.. Qui sait ce qui peut vous tomber dessus comme coup dur. Et croyez moi, ce n’est pas quand votre tréso sera en berne, votre client principal en dépôt de bilan et que vos créanciers hurleront à votre porte, que votre banque vous aidera avec votre BFR. Non à ce moment là, il vérifiera juste très consciencieusement que vous lui payez ce que vous lui devait en frais de gestion de compte. Et il vous dira que vu votre situation, il ne peut vraiment pas vous aider, que vous auriez du accepter ses propositions il y a quelques mois, quand tout allez bien…

4- Conclusion

Je suis pleinement conscient que je généralise la situation. Si vous avez une tréso énorme, tellement importante que vous estimez qu’aucune suite de coup dur, ne puisse vous mettre en danger, alors il n’est pas forcément utile de s’endetter. Mais dans tout les autres cas, réfléchissez bien avant de dire non à l’argent que l’on propose de vous prêter. Parce que ce qui est sur, c’est que quand vous en aurez besoin, on ne vous le proposera plus, parce qu’alors vous serez devenu un client à risque…

Et oui, je sais que cela peut faire bizarre, de devoir prévoir pour ‘au cas où’, de se retrouver à faire des prêts comme si c’était des assurances en cas de pépins et de se dire que la banque, au moment où on en aura le plus besoin, ne vous aidera vraisemblablement pas, de peur d’être un dommage collatéral de votre chute. Mais c’est comme ça que ça fonctionne, alors il faut s’adapter. En tout cas, vous ne pourrez pas dire que je ne vous aurais pas prévenu.

Indicateurs et tableaux de bord

Un chef d’entreprise se doit de gérer (ou piloter) son entreprise. Jusque là, on est tous d’accord. Mais pour arriver à faire cela, il lui faut des infos, des données, des choses sur lesquelles s’appuyer pour prendre des décisions. C’est ou ça ou se faire tirer les cartes pour décider quoi faire. Alors je sais qu’à différentes époques, les plus hautes instances ont pu faire confiance aux cartes, aux étoiles ou à d’autres systèmes pas vraiment cartésiens de prise de décisions.

Mais imaginons que notre gentil entrepreneur décide de ne pas s’en remettre à ce qui ressemble à du hasard. Non, il prendra des décisions réfléchies, qui s’appuie sur du concret.

Mais comment faire pour avoir ces données concrètes ? C’est tout simple. Il faut prendre les données que l’on a sous la main et les hiérarchiser, les traiter, les synthétiser et au final s’en servir pour calculer des indicateurs qui se mettront à jour, dans le meilleur des cas, automatiquement. Ce qui nous donnera des tableaux de bords qui nous permettront :

  • d’avoir une vision globale , d’un seul coup d’œil de la santé de sa société,
  • de prendre des décisions,
  • de voir les résultats des décisions prises.

On peut (que dis-je, on doit) bien entendu avoir des tableaux de bords pour tous les domaines où l’on a besoin de visibilité. Dans le domaine commercial, cela peut être pour mesurer une action ou les performances commerciales, pour voir les dérapages sur les projets, etc. Dans ce billet, quand je donnerais des exemples, je resterais sur des indicateurs de gestion d’entreprise. Si le sujet des indicateurs de pilotage vous intéresse mes chers lecteurs, je ferais d’autres billets (promis).

1- Où prendre les données et quoi en faire

J’aurais envie de dire “là où elles sont”.
En fait, ça dépend, là encore, du pourquoi de vos indicateurs. Pour des indicateurs de pilotage d’entreprise vous pouvez par exemple prendre votre pile de factures, vos liasses de bons de commandes et vos classeurs de devis, ainsi que tous vos calculs prévisionnels des charges de votre entreprise.

Ensuite, une fois que vous avez toutes vos données, il faut les consolider, en faire un tout qui ait du sens. Par exemple, à partir de calculs de vos charges de l’année d’avant, vous pouvez mettre en place un calcul de vos charges prévisionnelles de l’année prochaine (ou en cours) que vous ventilerez par mois. Ça vous donnera en même temps votre point mort prévisionnel.

De même, votre pile de factures vous permettra d’avoir votre CA fait, vos bons de commandes validés, votre CA à venir ainsi que vos devis et votre portefeuille futur.

Vous pouvez aussi du coup, rapprocher le CA mensuel ensuite (ainsi que le CA prévisionnel) pour voir quels sont vos bons ou vos mauvais mois.

2- Less is more (merci monsieur Mies)

Une fois que vous avez toutes vos données bien rassemblées ensemble, avec plein de tableaux, de calculs, de totaux, etc., il faut sélectionner vos indicateurs.

Pour cela, il n’y a qu’une règle. Il vous en faut peu. Et qu’ils soient vraiment percutant.

Pourquoi peu ? Parce qu’il faut que, chaque matin, vous puissiez en un coup d’œil, voir tout ce qu’il y à voir. Savoir là ou ça va et où ça ne va pas.

Vous aurez toujours le temps après d’aller voir plus loin dans les données brutes ou dans les dizaines de calculs intermédiaires que vous avez fait, l’explication du pourquoi du comment de la valeur de votre indicateur.

Si je prends mon cas comme exemple, j’ai en ce qui concerne la partie “gestion financière”, quatre indicateurs principaux :

  • la visibilité au niveau trésorerie en nombre de mois qui correspond au nombre de mois pendant lesquels on peut payer les charges,
  • le nombre de jour/hommes qu’il faut que l’on facture encore à notre taux journalier moyen pour atteindre le point mort,
  • le total de tout ce qui a été facturé mais non encore encaissé,
  • la valeur du portefeuille client possible (la somme des devis pondérés à chaque fois par la probabilité d’avoir le contrat).

Pour les deux premiers indicateurs, je les calcule de deux façons différentes :

  • avec les montants facturés (même si non encaissés),
  • avec les montants facturés et qui seront facturés (on bosse souvent sur de longs projets qui durent plusieurs mois, avec des facturations multiples en cours de projet, il est donc intéressant d’avoir cette vision de ce qui est signé mais pas encore facturé).

J’ai bien entendu des indicateurs secondaires comme :

  • le chiffre d’affaires déjà effectué,
  • le total des charges prévisionnelles de l’année (que je recalcule en fonction des charges réelles des mois passés),
  • les indicateurs de gestion de fonds de roulement.

Pourquoi avoir les indicateurs de besoins en fonds de roulement en indicateurs ‘secondaires’ ? Parce qu’on a un besoin en fonds de roulement assez faible et très stable. Et qu’au vu de l’historique de la société, on a mis les moyens pour se prémunir, en tout cas pour l’instant, de problèmes de BFR.

Au final, j’ai donc seulement quatre indicateurs qui me font six valeurs. Facile à regarder, rapide à comprendre. Et je n’ai pas besoin de plus pour voir la situation globale.

3- Tips

Bon, allez, je vais vous faire part de ma grande sagesse (…) et finir ce billet par quelques petits conseils.

3.1 De la couleur

Pensez à colorer vos indicateurs. C’est bien plus parlant qu’une valeur numérique. Deux exemples.
Mon indicateur de visibilité peut avoir trois couleurs :

  • vert quand la visibilité est supérieure à 6 mois,
  • orange entre 3 et 6,
  • rouge en-dessous.

Idem le nombre de jours à  facturer qui peut être rouge ou vert. Il est vert quand les jours à facturer sont en phase avec le temps restant, en rouge sinon (expliqué simplement, cela veut dire que s’il nous reste 70 % du CA point mort à faire, donc 70 % des jours à facturer alors qu’on est en novembre, l’indicateur sera rouge. Si par contre on a déjà fait 80 % du CA point mort, et qu’il donc reste que 20 % de CA à faire alors qu’on est en mai, le nombre de jours restants à facturer sera vert).

3.2 Les mises à jour

Vous allez mettre vos données à jour assez souvent. A chaque devis, chaque modification du calcul des charges, chaque facture. Pensez donc à construire dès le début une structure qui puisse se mettre à jour simplement et dont les maj se propagent. Ajouter 1 000 € par mois dans les charges prévisionnelles doit permettre de tout recalculer, CA point mort, visibilité, etc.

4- Conclusion

Je suis sûr que je ne vous ai rien appris en vous disant qu’il fallait définir des indicateurs pour pouvoir piloter son entreprise.

Mais je voudrais vraiment insister sur deux points. Il est vraiment important d’être capable d’avoir peu d’indicateurs. 3, 4 , 6 maxi. Pour avoir eu beaucoup de mal avec ce point là, je sais que ça peut être difficile. Avoir 20 indicateurs, ça peut rassurer. Mais au final, vous vous en rendrez compte, c’est bien moins productifs que 4, 5 ou 6.

Il y a autant de tableaux de bord que d’entreprises. Vos indicateurs, ça doit être les vôtres. Ceux qui vous seront vraiment utile. Alors posez vous, réfléchissez et définissez ceux qui seront les plus pertinents pour votre activité.

Et puis quel bonheur ensuite, de voir ces jolis petits indicateurs, qui nous indique en un clin d’oeil, comment vont les choses.