Les DRM et Firefox, et si on arrêtait les conneries.

Je ne suis pas un Fanboy Mozilla. J’utilise simplement Firefox et Thunderbird quasi exclusivement depuis de très très longue années [et avant j’utilisais la suite Mozilla]. Je n’ai jamais cédé aux sirènes de Chrome, même quand c’était hype (y compris dans une frange dure de la communauté libre d’ailleurs qui utilisait Chrome avec gourmandise).

J’ai souvent ralé contre sa lenteur, sa gourmandise en Ram. J’ai souvent ralé contre la politique de Mozilla, moi qui suit un grand fan de thunderbird.

Mais je sais ce que le libre leur doit. Et je ne l’oublie pas.

Et je sais aussi que pour se battre pour le libre, il faut exister. Une fois mort, on ne combat plus. A la rigueur on essaie de manger les cerveaux des gens encore en vie, mais c’est tout.

Alors quand Mozilla dit qu’ils vont implémenter des DRM HTML5, dans une sandbox, de la manière la plus propre possible pour l’utilisateur, je pince le nez.

Je pince le nez, je fais la grimace mais je comprends. Et en temps que libriste convaincu, je comprends et je me dit que c’était la seule décision possible, la seule sensée, la seule qui donne au libre une chance dans le monde des navigateurs. Je me met à la place de Mozilla, qui doit gérer la responsabilité de faire vivre le seul navigateur libre connu par le grand public, le seul navigateur qui offre une alternative libre aux gens de la vraie vie. Et je comprends leur choix paragmatique.

Alors j’entends déjà le discours des gens déconnectés de la réalité. Des gens intransigeants, qui diront que Mozilla est une vendue, que Firefox n’est plus libre, que les parts de marchés on s’en fout, que de doute façon Mozilla est à la botte de google parce que google lui donne des sous.

A tout ces gens (que je ne qualifierais pas de barbu intégriste, on me qualifie souvent de barbu intégriste, ce que je prends comme un compliment d’ailleurs, et je n’aimerais pas qu’un qualificatif que l’on me donne soit réutilisé pour qualifier des gens avec qui je n’ai rien en commun), je voudrais juste rappeler quelque points :

  • Désolé mais non l’argument du ‘les parts de marché c’est pas important’, n’est pas un argument viable. C’est simplement un argument hypocrite qui est utilisé pour pouvoir rester dans sa petite bulle et ne pas réfléchir au fait qu’il y a un monde extérieur.
  • Il y a quelques années, pour le codec H.264, Mozilla avait décidé de ne pas le supporter dans firefox. Résultat, une fuite d’utilisateur. Résultat pour le libre ? Un affaiblissement.
  • Un logiciel libre ne sert à rien si il n’est pas utilisé. Un logiciel libre non utilisé est un logiciel mort, un logiciel inutile. Une perte de temps et de ressource.
  • Le monde des navigateurs est dominé par des logiciels privateurs, par des sociétés plus que tendancieuse. Il est à mon sens du devoir de chaque libriste de comprendre la situation et de faire en sorte que le seul navigateur qui offre une bouffée d’oxygéne aux gens, une possibilité de choix, soit soutenu, mis en avant et soutenu à nouveau.
  • Si vous voulez que Mozilla arrête de dépendre de google, aidez donc mozilla à avoir de l’argent. Combien tout ceux qui hurlent à la compromission ont donné à Mozilla ? Actuellement, les dons doivent représenter, aller,  moins de 10 % de l’argent nécessaire à Mozilla pour fonctionner.  Vous voulez que Mozilla soit indépendante de google ? Donner plus. Ou ne hurler pas sur chaque tentative de diversification de business model de Mozilla.

A mon sens, chacun doit faire face à ses responsabilités. Si un jour Mozilla vient à péricliter, il faudra alors vous demandez si vos attaques aveugles, les océans de merdes que vous aurez déversé sur Mozilla, n’auront pas été petit à petit mortels.

Et lorsque Madame Michu viendra se plaindre parce que son navigateur web l’espionne, qu’il affiche de la pub sans possibilité de la désactiver, qu’il la force à aller sur certains sites internet partenaire, etc etc…. Vous pourrez lui répondre fièrement que c’est grâce à vous qu’elle est dans cette situation là, mais que c’est pour le mieux, parce que bon quand même, Firefox c’était plus vraiment un logiciel libre, à cause des DRM quoi,  et elle a qu’à utiliser Lynx si elle veut être tranquille.

Explication de billet :
Lire un océan de billets vindicatif, méchants, mesquins, parfois complètement crétins m’a tellement énervé que je ne pouvais pas ne pas essayer de poser une pierre (pas la première parce qu’il y en a eu d’autre avant) pour monter une digue anti merde.

L’aveuglement de certains, aveuglement tellement important qu’il confine à la bêtise me fait tout simplement halluciner. Les trous de mémoire aussi.

Ne pas se rappeler de tout ce que le libre doit à Mozilla. Ne pas tenter d’analyser le pourquoi de cette décision, le fait que peut-être, c’est une décision stratégique qui va dans le sens du libre sur du long terme, une décision qui privilégie la survie et le maintien d’un navigateur libre « acceptable » pour le plus grand nombre [j’entends par là, que le plus grand nombre accepte d’utiliser parce qu’il convient à ses besoins], mais ne réfléchir qu’à court terme, qu’avec sa petite lunette de ‘libriste qui sait ce qui est bien et qui se contrefiche du reste du monde’ me fait tout simplement peur.

Cela me rappelle l’époque où il fallait que je me justifie d’avoir osé participer à la création d’une entreprise qui faisait de l’argent en éditant un logiciel libre. L’époque où dire ‘les pâtes que je mange ont été payé par du logiciel libre’ était honteux.

Bien entendu mon billet ne servira à rien. A part peut être à ce que l’on me troll un peu. Mais au moins, j’aurais eu l’impression de bien faire.

DjangoIsland : Retour sur neufs mois d’orga et 5 jours de conférence

Et voilà, c’est fini. 5 jours sur une île. 5 jours de django. 5 jours de stress, de joie, de discussion, parfois même en anglais.

Mais quel bilan en tirer ? Quel regard porter maintenant sur cette quasi année où il n’y a pas eu un seul jour où je n’ai pas pensé à DjangoCon Europe ?

Pendant les confs, mathieu m’a dit ‘je t’avais prévenu’. Je lui ai répondu ‘ je savais exactement quel enfer ça allait être… et je ne me suis pas trompé, ce fut un enfer’.

Et c’est vrai. Organiser, même en ayant une équipe soudée et âpre au travail, même en s’aidant d’une société spécialisée (j’en reparlerais plus tard), une conférence de 5 jours, pour 300 personnes, en gérant en plus l’hébergement et en choisissant de la faire sur une île, c’est tout simplement un enfer.

Se dire que le budget de la conférence, c’est à peu prêt le prix de ma maison et que si quelque chose se passe mal, il va falloir payer quand même les fournisseurs, cela occasionne tout de même quelques nuits blanches. (beaucoup en fait). Se souvenir alors de la première fois où l’on a vu l’île. En juillet 2013. La claque en prenant le bateau. La claque en visitant. Et une certitude pour tous les membres de l’orga présent ce jour là. “C’était ici qu’il fallait le faire, c’était le lieu parfait. Il fallait y arriver.”.

Gérer le fait que les billets ne se vendent pas aussi vite que ce que l’on aimerait (même si au final on fini par refuser des gens parce que la salle de conf est pleine) ce n’est pas évident (et c’est un euphémisme). Se souvenir alors des DjangoCongs a Belfort, lorsqu’on avait commencé à teaser un maximum les djangonautes français en parlant d’un lieu magique, hors du commun.. Alors même que le contrat final avec Ricard n’était pas signé [il ne le fut en fait qu’en décembre]

En neuf mois, j’ai parfois eu l’impression de vieillir de 10 ans. J’ai parfois rêvé que l’on été déjà en juin, que les confs étaient passées, que je n’avais plus à supporter cette pression, ce doute de ne pas y arriver.

Et autant dire que mettre en place des conférences pour 80 personnes, comme j’en avais ‘l’habitude’ avec les DjangoCongs, cela ne prépare pas du tout à gérer 300 personnes plus le rooming [Rah le rooming… ]

Et puis les 9 mois ont fini par passé ; Je me suis retrouvé, lundi 12 mai, à 14h, sur le ferry qui m’amenait sur l’île. La nuit d’avant autant l’avouer je n’ai pas énormément dormi. Ni celle d’avant, ni celle d’avant d’avant d’ailleurs.

Et les confs ont commencé. Et j’ai vu les sourires, les regards, les photos, les tweets. Les gens qui découvraient l’île. Le rêve des Embiez qui se réalisait petit à petit. Mais les couchés de soleil sur une île ont beau être les plus beau que l’on puisse voir, pour une conférence technique, le décor, cela ne suffit pas.

Et là niveau conférence, il faut bien le dire, on avait fait de bon choix. Il y a eu du niveau. Vraiment beaucoup de niveau. D’excellentes présentations faites par des orateur.trice.s très à l’aise devant 300 personnes.

Sans compter que l’unité de lieu (qui avais déjà été expérimenté lors des DjangoCong Montpellier) a vraiment été une très bonne chose. Être toujours tous au même endroit, manger ensemble, petit déjeuner ensemble, passer les fins de soirées ensemble, il n’y a rien de mieux pour apporter un énorme plus à une conférence. Poser, entre la poire et le dessert, une question à un orateur qui mange à la même table que vous, cela n’a pas de prix. Refaire le monde entre conférencier, alors que la nuit n’est déjà plus très jeune, non plus.

Alors, maintenant la question. Est ce que je regrette ? Si j’avais une doloréane, est ce que j’essaierais de changer les choses ? Est ce que je me débrouillerais pour dire non ?

A cette question, ma réponse est simple. Non.

DjangoIsland valait bien chaque minute de mes nuits blanches, chaque coup de chaud (ou de froid) de mes crises d’angoisses. Chaque week-end que j’ai passé à bosser dessus a trouvé sa justification dans la réussite de DjangoIsland.

Alors oui, si c’était à refaire, ce 16 mai 2013, au alentour de 19h à Avignon, quand Laurent m’a appelé pour savoir si je me sentais pour un EuroDjango, je répondrais encore ‘oui’. Et j’ajouterais à nouveau ‘mais il faut qu’on se trouve une bonne équipe d’orga, on peut pas le faire seuls’.

Et une bonne équipe d’orga, on l’a trouvé. Ce fut un plaisir d’aller au feu avec vous. Merci.

Je vais conclure ce billet bien trop mielleux par un dernier remerciement. On n’y serait pas arrivé sans Mary-Anne et Nicolas de I2M. Ils nous ont non seulement aidé mais ont compris tout de suite l’ambiance qu’on voulait créer et ont fait en sorte pour qu’elle soit bien là. Merci à vous deux donc !

Allez, je vais m’arrêter là, fini les atermoiements. J’espère que si vous étiez avec nous sur DjangoIsland, vous regrettez aussi peu d’avoir acheté votre billet que ce que je regrette d’avoir participé à son organisation.

Et à l’année prochaine à Cardiff !! [J’ai un an pour améliorer mon accent anglais …. ]