Ep1 : Nilgor, bourreau de père en fils.

Connaissez vous l’Ilderland ? C’est un joli petit pays, perdu quelque part dans les méandres du Moyen-Âge. La capitale est nichée au sommet d’une haute et sombre montagne, qui se trouve d’ailleurs être l’unique montagne du pays. Le château du Roi, lui se dresse en plein centre de la capitale. C’est un beau et fier château, tout en donjons, tours de garde, remparts et minaret. Dans la cour du château, quelques petites maisons recouvertes de leur toit de chaumes sur lesquels, parfois, se réfugient poules et poulets.

Puisque nous parlons de chaumière, vous voyez la petite là, qui se dresse tout contre le mur d’enceinte nord, avec ses murs noircis et son toit légèrement bancal ? C’est là qu’habite Nilgor, le maître bourreau. Quelque soit l’heure de la nuit ou du jour, elle bourdonne d’activités, des bruits bizarres y retentissent, des explosions s’y font entendre, des feux s’y déclenchent, des odeurs pestilentielles s’en échappent parfois. Et lorsque par miracle le calme s’y fait pour quelques instants, on ne tarde alors pas en voir sortir Nilgor, les bras chargés de plans, courant à la recherche du Roi comme si le destin du monde en dépendait.
Nilgor prend en effet son métier très au sérieux qu’il a hérité de son père que lui même avait hérité de son père et cela depuis que l’Ilderland est l’Ilderland.
Nilgor est le bourreau du Roi. Lorsque c’est nécessaire, il torture et met à mort les malheureux prisonniers qui pourrissent dans les geôles du château.

Mais les geôles sont bien souvent désespérément vide. Alors en attendant, pour ne pas s’ennuyer, il invente de nouveaux moyens de torture, tous plus tordus, loufoques, inimaginables les uns que les autres.

Vous voulez mon avis à propos de Nilgor ? Mon arrière-arrière-grand-père avait coutume de dire que les maisons ressemblaient à leur propriétaire. Si c’est vraiment le cas, le plafond de la chaumière de Nilgor doit être un véritable repaire d’araignées.

Tenez justement, le voilà qui sort en courant de sa chaumière, apparement tout excité, venez approchons-nous…

En effet, Nilgor, habillé de son uniforme de bourreau courrait vers le donjon du château tenant un bizarre assemblage de métal dans ses mains.

“Le Roi, je cherche le Roi, laissez passer le bourreau du Roi” s’époumonait-il en courant vers la salle du trône. Le Roi s’y trouvait d’ailleurs, somnolant sur son grand trône d’ivoire et d’or rembourré de coussins. Lorsque que Nilgor entra, ou plutôt fit irruption dans la grande salle, le Roi sursauta, manquant d’en perdre sa couronne.

Le Roi de l’Ilderland avait tout du bon vieux Roi. Ses cheveux blancs et sa longue barbe immaculée trahissaient son âge plus que vénérable. Un  embonpoint plus que confortable et qui augmentait avec les années, suffisait à prouver son amour de la bonne chair. Et si, en ce début d’après midi, le Roi somnolait sur son trône, c’était parce qu’il digérait lentement le dernier festin qu’il venait à peine de finir d’engloutir.

Le Roi se redressa, remettant sa couronne d’aplomb et tout en baillant à moitié, s’adressa à Nilgor d’une voix passablement endormie. “Oui, maître bourreau ?”

Le Roi aimait bien Nilgor. C’était en effet grâce à Nilgor que le royaume était aussi prospère. Grâce à Nilgor que le Roi avait pu s’offrir son magnifique trône. La réputation de son maître bourreau avait en effet franchi les frontières du pays. Elle était allée même bien plus loin, traversant pays après pays, jusqu’à, mais cela n’était sûrement que rumeurs d’ivrognes, ce qu’elle rebondisse contre les bords du monde. Des dizaines et des dizaines de touristes se pressaient à chacune des exécutions publiques de l’Ilderland espérant pouvoir admirer la nouvelle machine à torturer que Nilgor n’avait pas manqué de construire. Et qui dit touristes dit argent, dépenses, souvenirs, achat de petits cadeaux. Des boutiques de souvenirs n’avaient d’ailleurs pas tardées à fleurir partout dans la ville. On y vendait des modèles réduits de machines à tortures, des plans, des maquettes, des poupées Nilgor, des oreillers, des tableaux dédicacées et que sais-je encore.  Et à chaque fois qu’un touriste achetait un souvenir, louait une chambre, s’offrait un repas, une partie de son argent, grâce à la magnifique invention qu’était les impôts, se retrouvait dans les coffres du Roi. Alors oui, le Roi adorait son maître bourreau. Il l’adorait tellement qu’il lui pardonnait même les multiples entorses à l’étiquette que Nilgor ne manquait pas de faire. Que voulez-vous, on ne tue pas la poule aux oeufs d’or.

Nilgor après une rapide révérence, tellement râtée qu’elle en aurait fait se pâmer de honte un courtisan professionnel, s’approcha du Roi, donnant des explications d’une voix surexcitée.

“Vous voyez, Majesté, après le repas, j’adore manger une fine tranche de fromage sur du pain. Et comme je suis assez gourmand, j’en mange toujours deux. Mais c’est vraiment difficile de couper une fine tranche de fromage, une tranche dont l’épaisseur ne varie pas et qui soit suffisamment longue pour recouvrir le pain.”

A ce moment, Nilgor sortit un pavé d’emmental d’une quinzaine de centimètres de long, d’une demi douzaine de largeur et d’épaisseur, mimant le geste consistant à couper une longue lamelle d’un peu moins d’un demi-centimètre d’épaisseur.

“Vous voyez ?  C’est presque impossible de faire une belle tranche, et ça m’a toujours empêcher de pleinement déguster mon fromage…”.

Le Roi, ne comprenait pas vraiment ce que lui racontait son bourreau, commençait à s’impatienter et à se dire qu’il n’arriverait jamais à se rendormir…

“Soit, soit, mon maître bourreau, mais en quoi cela concerne votre Roi ?
Venez-en au fait que diable !”

Nilgor s’empourpra, puis continua.

“Vous allez comprendre Majesté, regardez. Pour résoudre mon problème, j’ai inventé une machine découpeuse de tranches de fromage. Et comme je suis gourmand, elle coupe deux tranches à la fois”

Nilgor s’approcha un peu plus du Roi,lui montrant le bizarre assemblage qu’il tenait contre lui. La machine, si on pouvait l’appelait ainsi était en fait très simple, deux espèces de C de fer se faisaient face. Les C étaient reliés par quatre tiges filetées de métal. On rapprochait les C de fer l’une de l’autre en vissant des écrous qui se trouvaient sur les tiges. Si on serrait les écrous au maximum, on se retrouvait donc avec un parallélépipède. Sur les parties horizontale des C, on pouvait distinguer une petite rainure, se trouvant à peu près à un demi centimètre de la partie verticale du C de fer.

“Regardez Majesté, je place le fromage entre les mâchoires de ma machine, je serre avec les écrous jusqu’à ce que le fromage soit coincé et ensuite…”.

Nilgor sorti deux lames de fer qu’il plaça dans les rainures et qu’il fit glisser ensuite dans celles-ci, coupant deux tranches parfaites de fromages.

“Et voilà, j’obtiens deux magnifiques tranches de fromage, et cela quelle que soit l’épaisseur de départ de mon bout de fromage, n’est-ce pas magnifique Majesté ?”

Le Roi qui ne comprenait maintenant plus rien et qui commençait à s’ennuyer ferme, s’énerva un peu plus.

“Vous gagnez toutes mes félicitations pour votre invention cher maître bourreau, mais en quoi cela justifie-t-il que vous dérangiez votre Roi ? Vous auriez du montrer cela à mon chef cuisinier.”

Nilgor s’empourpra un peu plus.

“Je suis désolé d’abuser ainsi de votre temps mon cher Roi, mais si je viens vous parlez de ma toute petite invention, c’est parce qu’il m’est apparu tantôt, tandis que je me coupais deux tranches de fromage, que nous pourrions construire une machine bien plus grande, et qu’à la place de fromage nous pourrions découper un supplicié en tranche, toutes fines, jusqu’à ce que mort s’en suive, qu’en pensez-vous mon Roi ? Si vous m’en donnez la permission j’aimerais construire tout de suite la machine pour pouvoir l’utiliser dès que possible”

Le Roi, réprima un frisson, imaginant la chose, se disant une fois de plus que son maître bourreau était complètement fou…

Puis le Roi pensa à tout l’argent qu’allait rapporter la prochaine torture publique et il sourit à Nilgor.

“C’est vraiment une idée géniale que vous avez eu mon cher maître bourreau, vous avez bien entendu mon autorisation, construisez la machine aussi vite que possible. Je suis sûr qu’elle enthousiasmera les foules qui viendront assister à votre office.”

Et tandis que le Roi continuait tranquillement sa sieste, rêvant de trône et de festin, Nilgor tout joyeux, rempli du sentiment du devoir bien fait, commençait à construire sa découpeuse de suppliciés.

Nilgor, bourreau du roi.

Les histoires de Nilgor (il n’y en a que deux à ce jour) remontent à bien 5 ou 6 ans. J’avais envie de créer un nouvel univers un peu fantasque, rigolo, pour de rire, va-t-on dire. Mais j’avais besoin d’un personnage qui prendrait place dans cet univers.

J’ai trouvé amusant, sur le coup, de raconter les inventions farfelues d’un bourreau, fils de bourreau. Et c’est ainsi qu’apparu Nilgor. Je m’étais lancé comme un défi d’arriver à écrire une petite histoire, par mois, j’ai tenu deux mois, durée lamentablement courte, je sais.

Je dois d’ailleurs bien avoué que ce n’est pas mes meilleurs récits.. Pourquoi commencer par publier ceux là alors ? Parce que je les trouve, contrairement à la plupart de mes autres écrits, amusants et plein de joie. Et puis parce que j’ai toujours eu une certaine tendresse pour Nilgor, quand je l’imaginais, reclus dans son atelier…

Enfin, j’espère que ces premiers textes ne vous feront pas fuir…

Django-taggit, le tag est mort, vive le tag ..

J’ai déjà fait, il y en fait 11 mois, un billet de la django app du mois sur une app de tag, django-tagging. Lorsque je l’ai testé, django-tagging était à la version 0.3. Aujourd’hui, elle est version 0.3.1. Et les derniers commit remonte à janvier 2010 ( ce sont ceux ayant aboutis à la version 0.3.1)

Je me suis donc dit, qu’il était peut-être tant de revenir sur le sujet et de présenter une autre app django, sur le même sujet, qui même si pour l’instant présente quelques lacunes comparée à django-tagging, me semble prometteuse.

Et cette app, c’est, roulement de tambour…., django-taggit d’Alex Gaynor (un trublion bien connu pour ceux qui font du django)

1- Où on le trouve, comment on l’installe, tout ça quoi (et la doc) ?

Alors on le trouve tout simplement sur sa page Pypi ou sur sa page github d’ailleurs

Pour l’installation rien de plus simple :

  • un easy_install ou un pip
  • un git clone

Pour la doc, là il n’y a vraiment rien à redire, le projet offre une doc très bien fournie sur readthedocs.org.

2- Mais au fait, à quoi ça sert ?

Tout simplement à taguer des objets. Exactement comme django-tagging donc. Vous allez pouvoir taguer vos objets, filtrer les objets en fonction des tags qu’ils ont ou trouver des objets similaires de par leur tag.

Vous allez aussi pouvoir modifier légèrement la mécanique interne. Par exemple si utiliser des generics key ne vous plait pas, tout est prévu pour que vous puissiez simplement les remplacer par des foreign key. Vous pourrez aussi changer d’autre mécanismes comme le model utilisé pour sauver les Tags.

3- Comment ça marche ?

Tout d’abord il faudra que vous ajoutiez, pour chaque models que vous voulez rendre ‘tagable’ un manager de tag. (Pour ceux qui se souviennent django-tagging permet de taguer directement des instances de models, sans modifier la classe Model en question).

Ca peut paraître un peu lourd et ça rend l’app assz intrusive, mais bon, c’est comme ça. Et puis du coup ça permet, il faut bien l’avouer d’avoir une écriture plus fluide et plus ramassé de son code. Nul besoin de toujours passer par la classe Tag en filtrant sur l’objet dont l’on veut récupérer les tags. Un simple object.tags suffit pour avoir tout ses tags.

Facilité d’utilisation ou intrusivité, à vous de choisir, django-taggit, lui  à choisit. (Et bon, au pire, un bon petit contribute_to_model devrait permettre une extensibilité moins intrusive).

Pour ajouter les tags, les syntaxes possible sont à peu près les mêmes que celle de django-tagging, à savoir (l’image est une capture d’écran d’une partie de la doc) :

Un truc à ne pas oublier, django-taggit utilise des many to many. Donc, n’oubliez pas le save_m2m si vous utilisez des forms.

Ensuite, vous pourrez bien entendu supprimer des tags, les lister, filtrer des objets en fonction de leur tags ou avoir une liste des objets similaires. C’est une vrai liste qui est classée par ordre de similarités.

4- Une app peut en cacher deux autres.

Là, à cette instant de votre lecture vous vous dites peut-être ‘Mais mer..mince alors, il manque des trucs comparés à django-tagging, il n’y a même pas de templates tags d’affichage’.

Et vous auriez raison. Sauf que, sauf que… Il y a des applications qui étendent django-taggit à savoir :

5- Au final

Vu le statut de quasi moribond de django-tagging comparé à la vigueur actuelle de django-taggit, je pense vraiment que si vous avez besoin d’une application qui gére les tags, django-taggit est un meilleur choix. Et puis, je trouve ça rassurant qu’il y ait des applications externes pour étendre django-taggit.

Gestion du temps

je l’ai dit dans un précédent billet, j’ai décidé de tenter de m’autotracker mon temps précisément.

Pourquoi ?

Depuis quelques temps j’ai l’impression d’avoir moins de temps, d’être de moins en moins productif, d’être obligé de sauter du coq à l’âne sans arrêt.

Il faut dire qu’entre le code à faire, le tel qui sonne, les mails qui m’arrivent dans les dents, twitter, irc, les réunions de conceptions ou brainstorming impromptues, les tâches ‘administratives’ ou commerciales, etc … il y a parfois matière à ne plus savoir donner de la tête.

Et ce papillonnage continuel ne donnait l’impression de n’avancer sur rien, de perdre un temps important en reconcentration perpétuelle.

Et puis fouchet et darialalala ont tout les deux parlé, dans un intervalle de temps très courts de la méthode de gestion du temps du pomodoro (pomodoro pour tomate dans je sais plus quelle langue).

Cette méthode a été faite pour empêcher les gens de se plonger trop longtemps dans une même tâche. On utilise un minuteur en forme de tomate, le pomodoro qui sonne toutes les 25 minutes. Cela permet de limiter le temps que l’on passe sur une même tâche, de prendre 5 minutes de pause toutes les 25 minutes pour souffler et récupérer un peu d’énergie et d’idée fraiche avant de reprendre le turbin.

En découvrant cette méthode, j’ai eu une illumination. J’allais me chronométrer pour m’obliger à travailler avec le moins d’interruption possible pendant au moins 25 minutes. Pas de check de mail, pas de twitter, pas de discussion de conception sur irc, rien qu’une seule tâche sur laquelle je serais focalisé à 100% (bon ok pour les coups de tél client, ça fonctionne pas).

Ce que j’ai commencé à faire. Et comme j’ai toujours l’impression de ne jamais assez bosser sur mes side project (ou sur le boulot du boulot) le soir et les week-ends, j’ai décidé de faire pareil. Le but là étant de réussir à valider 2 ou 3 pomodoro par soirée normale et 7 ou 8 par jour de week-end.

Après quelques dizaines de jours d’expérimentation, j’en ai tiré plusieurs conclusions.

La première, j’ai l’impression d’avoir récupérer une marge de productivité et ça, ça fait plaisir. Ça s’explique d’ailleurs par deux raisons :
le fait que je suis plus concentré, moins éparpillé
le fait de comptabilisé précisément mon temps fait jouer à plein le phénomène de ‘mauvaise conscience’, ben oui, je chronomètre les pauses aussi …

La seconde, c’est que bon, arriver à tenir le rythme le soir/week-end c’est difficile, le stimulis de la mauvaise conscience étant moins fort que prévu (ben oui, de la mauvaise conscience du genre ‘quoi ça fait 1h30 que je papillonne sur le web alors que j’ai fait qu’un seul pomoro et qu’il est déjà minuit passé ??)

Enfin la dernière, ayant une impression de papillonnage, j’en étais venu à éprouver un sentiment de culpabilité pernicieux, ayant l’impression de ne ‘pas assez bosser’. Aujourd’hui, le fait de savoir précisément, jour après jour, pendant combien de temps j’ai fait quoi, me permet de me rendre compte que ça carbure…. (pour les curieux, sur de grosses journées, c’est à dire de 10h, 10h30, (8h30->19h) je passe entre 8h et 8h30 à faire des tâches boulots, dans lesquelles je compte veille et lecture de doc).
Donc moralité :
Ne vous éparpillez pas, concentrez vous sur des tâches en essayant de vous isoler le plus possible de tout les événements extérieur.

Et moralité 2 :
N’oubliez tout de même pas de vous aérer l’esprit de temps en temps.

MadInterview de l’homme derrière @audiablevauvert

Au diable vauvert, c’est avant tout pour moi de beaux bouquins. C’est étrange parce qu’avant même d’avoir acheté mon premier Au diable vauvert (qui était Identification des schémas de William Gibson) j’ai aimé cette maison d’édition. Sans avoir acheté un seul de ses livres, je l’ai aimé. Comme quoi .. Alors bien sur, ce n’est pas la seule maison d’édition que j’aime, mais c’est la seule avec Mnémos que j’ai aimé comme ça, et puis c’est tout.

Du coup, quand je suis tombé sur le compte twitter, je ne pouvais pas ne pas le follow. Et je me suis rapidement rendu compte, que c’était plus qu’un compte corporate. Que c’était un mix entre un compte corporate et un compte perso que j’aurais follow, même si ce n’avait pas été le compte @audiablevauvert. D’ou l’envie de lui poser des questions …

Je suis donc très heureux de vous présenter la longue interview du mec qui tient les manettes du diable … 🙂

Une dernière précision, lorsque j’ai écrit les questions je ne connaissais pas bien l’homme en question, je me demandais donc comment faire pour poser des questions qui pourraient tomber dans le vent si je me trompais. Après quelques réflexions j’ai décidé de faire une interview dont il était le héros. Vous verrez donc, de temps en temps des branchements qui ont orienté le héros de cette interview vers certaines questions, en fonction de ses réponses précédentes … Comme j’aime bien le principe et le résultat, je pense réutiliser le le principe pour les prochaines.

1– Si tu devais te présenter en trois phrases, que dirais tu ?

Half man,
Half machine,
Half opossum.

= Ta cyber life  =

2 — Tiens-tu des blogs (autre que celui d’au diable vauvert si c’est toi qui t’en occupes )  ?

Pour le Diable, je m’occupe du twitter, un peu du facebook. Et aussi de la mise à jour du site (ce qui explique que ce soit un peu flottant, parfois).
J’ai eu un blog il y a quelques années, j’y racontais ma vie de jeune précaire avec lucidité et ironie, en plaçant des références culturelles bien senties. Un blog comme il y en a des milliers, donc. J’ai arrêté quand j’ai commencé à nourrir un projet de roman, qui lui-même est mort quand j’ai commencé à faire de la traduction le soir après l’école.

== Branchement dont vous êtes le héros : si tu as répondu oui à la question 2 va à la question 3 sinon à la 4 ==

3 —  lesquels (les urls sont acceptées) et de quoi parlent-ils ?

C’était un blog dans lequel je racontais, sous le nom de Clochard Sublime, mes premiers mois dans ce coin perdu du Sud hostile. Il prolongeait une séries de strips réalisés sur gnomz.com, un site un pixel qui a été, pendant une époque bénie (ou un âge sombre, ça dépend des points de vue), occupé par une bande d’étudiants, chômeurs et intellectuels précaires dont je faisais partie, avant que les lois de l’évolution ne fassent leur œuvre et qu’il soit envahi de jeunes kevins pleins de kevinerie.

4– Plutot twitter(identi.ca) ou facebook ? quelles utilisations as-tu des deux ?

J’ai un facebook qui était personnel à l’origine, qui l’est de moins en moins. J’y fais ce que font les gens sur facebook, je like des statuts, je tagge des photos, j’écris des choses que j’espère drôles, je mets des vidéos, de la musique et parfois même des vrais articles avec du texte intéressant dedans. Jamais de lolcats (il est de notoriété publique que ce sont les chats eux-mêmes qui ont inventé les lolcats pour accroître leur emprise sur nous, hors de question que je rentre dans leur jeu).

Sur twitter, je suis AuDiableVauvert, je suis donc censé être une entreprise et adopter un ton informatif et professionnel. Bon. En fait c’est pas très drôle et sur twitter c’est à la fois sans intérêt et contre-productif. Donc j’ai vite préféré une utilisation plus communautaire, quitte à sortir largement de ce que je suis « censé » faire sur twitter avec un compte corporate. C’est beaucoup plus rigolo et ça ne m’empêche pas de parler des sorties de livres, des dédicaces ; je crois que le message passe aussi bien, voire mieux, et que mes followers ne voient pas que je cherche à les manipuler de la manière la plus sournoise qui soit font la distinction entre la promo et les messages plus personnels, l’un n’excluant pas l’autre. D’ailleurs ce double statut est courant sur ce média, mais peut-être plus à l’échelle personnelle, pas entrepreneuriale. Ça me permet d’avoir des contacts informels avec les lecteurs (et non lecteurs), jamais désagréable.
J’y écris aussi pas mal de choses sur la vie quotidienne d’une maison d’édition : ça permet d’exorciser les bugs de word et les jpeg livrés en mauvaise définition, et aussi d’humaniser le métier d’éditeur, cette grande profession mystérieuse et largement fantasmée.

5– Es tu addict au Net ? si oui tu as une ou deux anecdotes sur le sujet ?

Addict je sais pas, mais je passe facilement beaucoup de temps sur le net.
Cela dit, ça allait nettement mieux avant facebook puis twitter.
Mes problèmes de troubles de l’attention aussi allaient mieux.

Question anecdotes, il y a ce truc qu’on a tous connu, tu veux raconter un épisode marrant à un ami qui ne traîne pas sur le net (ça existait encore il y a quelques années), tu commences, tu te marres d’avance, et tu lâches « et alors là y a popy qui a créé un fake de elbombastico et avec vishnu ils ont… » avant de t’arrêter face à l’air consterné de ton interlocuteur.
Ou ce qui était censé être une session boulot sérieuse qui se transforme en raid express parce que tu as reçu un mail t’avertissant d’une opération trolling ou contre-trolling – le raid se poursuit jusqu’au milieu de la nuit, ce qui fout en l’air le boulot du lendemain, que tu passeras uniquement à inspecter les cendres des événements de la veille.
Les gens dont tu ne connais pas le prénom malgré ce qui ressemble fort à de l’amitié.
La peau blanche en juillet…
Les incursions dans les zones les plus bizarres de youtube après des heures de lien en lien…
Une banale vie d’internaute, quoi.

6– Sur le net on peut te trouver où ?

Dans les commentaires de quelques blogs, sous divers pseudos que je ne donnerai pas car ils ne sont pas nécessairement rattachés à des commentaires, disons, constructifs.
Sinon sur facebook et twitter, par manque de temps pour autre chose.
J’ai un usage du net plus consommateur qu’il y a quelques années.

= Le boulot  =

7 — Ton bureau au boulot il ressemble à quoi ? (si tu as une photo …)

Au fond de la maison, c’est le seul bureau qui ferme (privilège de celui qui a besoin de silence pour bosser sur les textes – je biche pas mal grâce à ça). Quand mon plan de travail est rangé, on pourrait probablement y faire atterrir un petit avion (ça n’arrive jamais). J’ai un Mac 21’ qui tient encore la forme. Derrière moi, les titres étrangers en lecture ou en cours de travail, par terre des piles de jeux d’épreuves de bouquins finis.

8– Tu as fait quoi comme étude ? Bosser chez Au Diable Vauvert est une première expérience dans le monde du travail pour toi ?

J’ai passé un deug de droit qui m’a déprimé, je suis parti en licence de sciences politiques, j’ai enchaîné sur la maîtrise, n’ai pas réussi à rendre mon mémoire et me suis inscrit en licence de com (parce que « ça peut toujours servir ») le temps de le finir – résultat, j’ai séché la majorité des cours et n’ai écrit mon mémoire que l’été suivant – mais j’ai quand même eu cette licence qui était une blague. Ensuite, j’ai tenté de prolonger en master de com mais les cours s’annonçaient trop mauvais, je suis parti au bout de deux semaines.

Comme expériences dans le monde du travail, j’ai vendu des magazines pour l’ofup (une expérience atroce), du cidre en Bretagne (une bien meilleure expérience) et j’ai cueilli des fruits. Et puis j’ai fait éditeur.

== Branchement dont vous êtes le héros : si tes études et/ou tes expériences passés n’ont pas grand chose à voir avec ton boulot actuel va à la question 9 , sinon à la question 10 ==

9– Qu’est ce que tu as fait que tu as changé d’orientation pro et que tu t’es mis à bosser dans une maison d’édition ?

Pendant ma maîtrise, je me suis aperçu que les échappatoires les plus courants que me proposaient mes études étaient la fonction publique territoriale, la recherche et le journalisme. Comme aucun ne me tentait vraiment, je me suis demandé ce que j’aimais faire. Et vu qu’à ce moment-là je passais pas mal de temps à écouter de la musique, traîner sur le net et lire des livres, je me suis dit que j’allais devenir éditeur, sans savoir vraiment ce que ça recouvrait ni comment j’allais faire. Ensuite, après l’échec de mon master de com et une année sabbatique, je me suis inscrit en lettres pour avoir des conventions de stage, j’en ai fait un premier de cinq mois chez Payot & Rivages, un second de six mois au Diable, et puis on ne m’a pas laissé rentrer chez moi, alors je suis resté.

10– Allez, un peu de promo, qu’est ce que c’est qu’au diable vauvert et en quoi est-elle différente des autres maisons d’edition ?

Il y a des chevaux pas loin, des vignes, et un figuier dans le jardin.
D’un point de vue éditorial, c’est une maison à la fois généraliste et qui sait prendre des risques, ça me plaît. Construire un catalogue généraliste et en même temps pointu, publier des choses qui n’auraient pas forcément vu le jour ailleurs, accompagner les auteurs, je ne suis pas certain que ce soient des choses qui se fassent partout.
Les soirs de printemps, on joue à la pétanque en buvant du pastis sur le parking.

11– Ton pire souvenir de boulot , ton meilleur souvenir ?

Pire souvenir, je ne sais pas, des bouclages très durs où tu marches au RedBull et à la nicotine, mais en même temps ce sont souvent des moments formidables où tu es le plus à fond dans le texte. Sinon en règle générale, les moments de charrette permanente, des délais serrés dans tous les sens, tu n’arrives plus à maîtriser ton travail, tu es stressé, tu fais mal les choses… ça peut arriver assez souvent à ma fonction, il faut essayer de les anticiper pour ne pas que ça casse.
Meilleur souvenir, chaque fois que j’envoie un bouquin en impression et que l’auteur et moi sommes contents après avoir bien sué pendant quelque temps. Les fins de salons du livre aussi, quand tout est enfin calme, l’œil du cyclone avant de démonter, quand on se repasse le film des jours précédents.

12– tu twittes parfois que les manuscrits que tu dois lire sont mauvais, lequel (sans donner de nom) était le pire ? est-ce parce que le style était pourri, l’histoire nullissime ou autre ?

Le pire peut prendre autant de formes différentes que le génie…
On tombe sur des choses qui mettent parfois en colère ou qui dépitent, une écriture lourde et cliché, et en plus une histoire très mauvaise. En général, dans ce cas je passe mon chemin au bout de quelques dizaines de pages, voire moins si mon corps me lance des signaux de détresse.
Il y a aussi les choses ratées, tu repérais une bonne idée, une écriture pas mal, un personnage intéressant, avant de t’apercevoir que la tentative est un échec et qu’il n’y a rien à faire, il faut peut-être garder quelques idées et brûler le reste.
Et puis il y a les choses sournoises, celles qui t’aguichent et te tiennent un moment, cinquante pages, parfois plus, et finalement tu te rends compte qu’on t’a bien mené en bateau, que tout cela est parfaitement creux et que, en fait, tu t’embêtais un peu.
Attention, je ne me plains pas sur le ton « on a pas des métiers faciles mon bon monsieur », j’ai souvent des moments de lecture agréables, des textes que je termine même s’ils ne sont pas publiables, mais juste pour  un petit quelque chose qui me fait continuer, un plaisir de lecture.
Et enfin il y a, de temps en temps, la vraie chose. Celle pour laquelle tu n’as aucun doute, tu lis le matin, tu lis le soir, et plus important, tu as envie de t’y remettre (l’envie de se remettre dans un texte est peut-être le meilleur indicateur, en ce qui me concerne).

13– ton auteur préféré ?

J’ai toujours été incapable de répondre à ce genre de questions…
David Foster Wallace, Chuck Palahniuk, Don DeLillo, Alex Jestaire, James Ellroy, Donald Westlake, Warren Ellis, Jack O’Connell, Richard Brautigan, William Burroughs, Haruki Murakami, Philip K. Dick, Isaac Asimov, Agatha Christie, Hunter S. Thompson, Borges, Fresan…

14– Comment est ce que vous choisissez quels manuscrits vous allez lire et parmi ceux-ci ceux que vous allez publier ?

On opère un premier tri qui sépare les manuscrits reçus en « refus direct » et « à lire ». La distinction se fait sur des critères impitoyables et évidents en même temps : est-ce que j’ai envie de savoir ce qui se passe après ? est-ce que quelque chose m’accroche ? est-ce que je n’ai pas l’impression d’avoir lu ça vingt fois ? est-ce que c’est crédible ?
Ensuite les manuscrits à lire sont répartis dans les casiers des membres du comité de lecture, on les prend, on fait nos devoirs, et on se réunit pour en parler. Certains manuscrits tournent peu, d’autres beaucoup plus, on n’est pas d’accord, on s’engueule, certains misent même des parties de leur corps sur un texte, la mauvaise foi déchire l’air comme du shrapnel. Mais au bout du compte la décision se fait toujours plus sur l’enthousiasme que sur la longue discussion ; s’il n’y a pas un élan pour porter un projet, ça ne marche pas.

14bis– si tu avais un ou deux conseils à donner aux jeunes auteurs pas encore publiés qui vont lire tes mots, tu leur dirais quoi ?

Toi qui entres ici abandonne tout espoir.

== Branchement dont vous êtes le héros : si tu as répondu ‘va plutôt chercher un vrai boulot’ à la question 14bis va en 14ter sinon va en 15 ==

14ter– bon et à par ce conseil là, tu as pas un autre vrai conseil pour ceux qui voudraient se faire publier ?

Ecrivez, relisez, coupez, n’essayez pas d’imiter, n’essayez pas d’inventer à tout prix, sentez votre texte et faites-le.
Sélectionnez quelques éditeurs dont vous connaissez et aimez la ligne, ciblez votre envoi, n’oubliez pas que ce que vous avez mis des mois à peaufiner sortira d’un bac en plastique pour rejoindre d’autres enveloppes identiques à l’autre bout, et armez-vous de patience. Et ne vous découragez pas. Contrairement à la demi-légende, le plus souvent vous ne serez pas méprisés et considérés à la légère, le plus souvent vous aurez affaire à des gens qui lisent quantité de manuscrits – pour beaucoup mauvais, quand même – et qui aimeraient bien avoir le temps de chercher le prochain coup de chaud littéraire. Bien sûr, ce serait différent si on passait moins de temps à boire du champagne à Saint-Germain en fumant des cigares. (note de MrJmad : il y avait ici normalement un caractère point d’ironie, mais en attendant de trouver comment le mettre avec wordpress.. je fais une note pour dire qu’il devrait être là)
Vous pouvez, sinon, tenter de jouer la bande par les soirées littéraires et les réseaux, mais c’est sans garantie et il faudra bien écrire quelque chose un jour si vous voulez être publiés. Il y a des chances que vous vous sentiez bien mieux, au final, si vous avez adopté la première méthode.
A moins que vous ne cherchiez que la publication pour les lumières de Saint-Germain. Déjà, à la limite, c’est mieux que pour la richesse (là vous feriez fausse route). Si vous voulez stupre et gloire, il y a de bien meilleurs moyens. Je me demande si un blog mode ou mac n’est pas plus efficace.
Mais bon, après, c’est vous qui voyez. Chacun ses motivations.

15– Les DRM vous en pensez quoi ?

Qu’elles ne servent qu’à être contournées.
Elles sont donc une perte de temps, en plus d’être parfaitement contre-productives.

16– Le numérique en général adapté aux bouquins, vous en pensez quoi ?

Qu’il est logique, d’une part. Le son et l’image sont déjà numérisés, pourquoi l’écrit devrait-il rester un bastion du « matériel » ? Donc ça existe, ça ouvre énormément de possibilités nouvelles, aussi bien sur le plan du collaboratif que du récit hypertexte que de la diffusion des savoirs, je me demande encore pourquoi il y a un débat sur ce point.
Là c’est le moment où je me sens vieux : j’aime bien les livres papier. J’adore un bon bouquin bien fabriqué, souple, quand tu es plongé à fond dedans tu as dans la main gauche quelques centaines de grammes qui t’ont captivé et il t’en reste autant dans la main droite. J’aime un livre usagé, un poche tout abîmé, j’aime retrouver mes pages cornées, mes annotations.
Les gens nés dans les années 90, les digital natives, je ne suis pas persuadé que le papier veuille dire grand-chose pour eux, ils ont l’habitude de lire sur écrans. Si le « numérique » (j’aime pas ce terme, trop vague, un peu comme « démon » ou « dieu ») fait arriver des textes dans les iPods, ça me va. Ce que je veux c’est diffuser des textes, en soi c’est mon métier, papier ou écran peu me chaut.
Ça pose bien sûr des grandes questions économiques. Je pense que l’ebook doit se vendre à un prix bien moindre que le papier, ne serait-ce que pour une raison de prix perçu par l’acheteur. Si le livre pouvait éviter de reproduire les erreurs de la musique, ce serait une bonne idée.
Il y a donc, en toute simplicité, de grandes mutations qui s’amorcent, des modèles économiques à inventer, qui tiennent un compte honnête de la rémunération et des dépenses réelles des différents acteurs, des enjeux de la diffusion, etc. L’expansion du livre dématérialisé me semble devoir venir de la masse, la baisse des prix et la diversification des formats ont le potentiel de déclencher une croissance significative du nombre d’acheteurs (voir notes de bas de réponse 1 et 2). Je ne crois pas que les ventes de livres baissent parce que « les gens ne lisent plus », je ne sens pas une hostilité vis-à-vis de la lecture, mais peut-être un décalage entre le livre, son format et son prix, sa demande en temps et en attention, et les pratiques culturelles actuelles – et peut-être aussi une production littéraire qui ne sait plus être à la fois populaire et intelligente. Le livre doit réintégrer les modes de consommation culturelle actuels (si on veut qu’il continue à y avoir des livres et de la littérature, bien sûr, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup).
L’autre grande peur, c’est que les nouveaux formats changent la littérature. Et alors, ai-je envie de dire. On a une littérature si parfaite que ses fondements sont assurément les meilleurs et que tout changement significatif ne donnerait que du mauvais ?

note de bas de réponse 1 : Si l’on part du postulat qu’un prix bas tend à diminuer l’effort nécessaire au piratage et son intérêt.

note de bas de réponse 2 : Oui, d’accord, ça peut paraître un doux rêve. Mais on n’a pas vraiment d’autre choix que d’essayer d’imaginer, en ce moment. Et si on commence à avoir peur de tout ce qui change, on ne risque pas d’aller très loin.

17– Je suppose que tu connais les licences Creatives Commons. Certaines des licences CC sont libres, qu’est ce que tu penses du libre appliqué à l’art ? et plus
spécialement à l’édition ? (si tu veux des précisions sur les licences libres : http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_libre et la licence art libre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Art_Libre )

Le libre est difficile à appréhender dans un modèle économique comme celui de l’édition « traditionnelle », forcément. Les CC me semblent idéales pour une structure qui ne soit pas strictement marchande et spécialisée, plutôt une association.

18– Est ce que, à ton avis, Au Diable Vauvert publierait des auteurs voulant distribuer leurs textes avec une licence libre ?

La question ne s’est pas encore posée. Se la poser sérieusement signifie, encore une fois, réfléchir en termes de modèle économique (ce n’est pas une obsession, mais une entreprise est avant tout un acteur économique, c’est sa raison d’être), puisque la LAL autorise la commercialisation par un tiers. Très franchement, je n’ai aucune idée de la possibilité et des modalités de sa cohabitation avec une structure commerciale.
Ce qui n’empêche pas que je sois convaincu que le libre et le collaboratif aient un grand avenir – je préfère penser à celui-là qu’à une mainmise et un verrouillage total par les détenteurs des copyrights.

= Ta vraie life, quand tu es pas au boulot   =

19 — Ton bureau chez toi il ressemble à quoi ? (si tu as une photo …)

J’ai un peu rangé pour l’occasion. Mais comme j’ai un coloc en ce moment dans le bureau, ça annule une partie de l’effort… Tu pourrais ajouter un laptop 15’4 qui n’a pas très bien encaissé la dernière traduction et qui souffle beaucoup.

20– Tu t’investis dans des trucs précis ? projet divers / art / asso ?

Plus du tout. Entre le départ de mon Master de com et mon premier stage, j’ai pris une grosse année sabbatique pendant laquelle je me suis énormément impliqué dans Radio Campus Rennes et dans une asso d’événementiel autour de la musique électronique.
Question art, je dessine comme un enfant de 4 ans, j’ai jamais su tenir une guitare ni prendre une photo correcte. Je n’écris pas.
J’ai pour projet divers de prendre des vraies vacances un jour.

21– Si tu devais choisir un événement que tu as vécu, un seul, pour te definir, tu choisirais lequel ?

Le jour où j’ai désamorcé une bombe nucléaire dans le noir en sauvant une top model russe d’un incendie.

22– tu es rôliste ?

J’ai un tout petit peu tâté de quelques jeux, mais non, on ne peut pas dire que je sois rôliste.

== Branchement dont vous êtes le héros : si tu as répondu oui à la question 22 passe à la 23 sinon à la 24 ==

23– tu joues à quel style de jeux ? plutôt joueur ou MJ ? tu aimes jouer au jdr pourquoi ?

24– tu as d’autre passion, loisir ? lesquelles ?

J’écoute énormément de musique, j’aime la photo mais je n’y connais rien, je consomme des films, j’aime tout ce qui ressemble à des clichés du bonheur, la nature, la bouffe, la boisson, l’amour, le sexe, pas nécessairement dans cet ordre.

== Branchement dont vous êtes le héros : si à la question 24 tu as répondu jeux vidéo va à la question 25 sinon va à la question 26 ==

25– tu joues à quoi ? tu penses quoi de l’annonce de la sortie duke nukem for ever ? ton premier souvenir de jeux vidéos ?

Je pense que la sortie de Duke Nukem forever est calée sur la prochaine manifestation de Nessie, qui devrait arriver en même temps qu’une éclipse solaire – il est possible que tout ça se produise en 2012.
Je ne joue pas à grand-chose, à rien en fait actuellement, sauf à des jeux flash sur Kongregate. Mon premier souvenir de jeu vidéo, c’est probablement Streets of Rage sur MasterSystem (la première version, celle qui avait dû être dessinée par le créateur de la BX) et Alex Kidd aussi (qui est, du coup, mon premier souvenir de pierre-papier-ciseaux).

= Question pour me faire mousser  =

26– Est ce que tu lis le Mad Blog ? Pourquoi ? (que ça soit oui ou non)

A vrai dire pas vraiment, je l’avais découvert en même temps que ton profil twitter, je repasse de temps à autre. J’ai commencé par écrire un mot sur un billet avec de belles photos de la Nasa, avant que tu m’informes que je me trompais de blog.
Voilà voilà. (note de MrJmad : en fait dans la première version de cette réponse, monsieur @audiablevauvert me parlait de photo de Nasa très jolies, étonné je lui réponds par mail que je ne me rappelais pas avoir fait un billet avec des photos de la Nasa, réponse de l’interressé avec un lien vers un billet, provenant d’un mad blog qui n’était pas mon mad blog … Moralité .. une grosse crise de rire de mon coté qui m’a mis de bonne humeur toute la soirée )

= Allez, on a presque fini, quelques dernières questions pour vraiment te connaitre =

27– Tu es plus Sylvester Stallone ou Liv Tyler ? pourquoi ?

Ça dépend, c’est pour un film du dimanche soir, un barbecue, une balade à New York ?

28– Si tu devais choisir un bouquin, un bon film, une série cool, une série pourrie , un nanard, tu choisirais quoi (tu dois choisir un de chaque et si possible donner une explication) ?

Un bouquin : Un dernier verre avant la guerre, de Dennis Lehane. Son premier bouquin, un titre magnifique qui correspond à une scène impeccable au milieu du roman. Dans ce livre, dans cette ville, c’est vraiment la guerre, entre classes, entre ethnies, entre sexes, entre quartiers, dans les bureaux, les rues, les familles. Mais tout a pourtant l’apparence de la normalité – parce que c’est la normalité, en un sens. Et Lehane pose ça, tranquille, sans jamais le théoriser, et pourtant ça te saute au visage, tu t’en sors jamais. C’est un très grand roman noir qui ne se la raconte pas.
A égalité avec Fictions, de Jorge Luis Borges. Je n’avais rien lu depuis pratiquement cinq ans, et puis un jour j’ai lu ça, je me suis dit « ouah, ça peut faire ça aussi, la littérature ? », et j’ai replongé. Des nouvelles qui jouent avec la littérature elle-même, avec la fiction et ce qu’elle peut créer, avec le langage, la mémoire, les livres, le temps. Je crois que ça reste un des plus grands livres que j’ai lu.
Ces deux-là sont ceux que j’offre le plus, j’en rachète des exemplaires chaque fois que je vais dans une librairie.
Et Tourville d’Alex Jestaire, le premier bouquin que j’ai défendu au Diable, et Une poire pour la soif de James Ross, une histoire des frères Coen cinquante ans avant, et American Tabloid de James Ellroy, et La Horde du contrevent d’Alain Damasio. Faut pas me poser ce genre de questions, tu sais, j’arrive jamais à y répondre comme il faut.

Un film : Il était une fois en Amérique, ou à peu près n’importe quoi de Sergio Leone. Parce que ses films sont à la fois élégants et parfaitement anars version je-m’en-foutiste, et que, bon, le monde se divise en deux catégories.

Une série cool : Lost. Parce que je l’ai aimée même si elle s’est un peu foutue de moi, que je ne suis pas déçu de la fin de notre histoire – je la voyais en partie arriver depuis un moment mais on était bien ensemble – et que je sais que je chercherai à la revoir.

Une série pourrie : Le Rebelle. Parce que les costumes de Bobby Six Killer, la coiffure de Bobby Six Killer, les bijoux de Bobby Six Killer, parce que le monologue de début.

Un nanar : Fifty/fifty : deux agents renégats de la CIA sont rappelés pour aller déstabiliser un gouvernement communiste oppresseur sur une île d’Asie. Ils seront en cela aidés, évidemment, par le peuple oppressé. La scène de fin est de toute beauté et je crois qu’il y a une explosion d’hélicoptère. Je peux me tromper, mais je crois que les deux personnages principaux sont doublés par la même voix française.
A égalité avec Mutronics / The Gyver, une histoire d’armure alien et de mutants machiavéliques. Mark Hammill y joue le flic en mocassins à glands.

29– Ton pire souvenir scolaire ?

Une humiliation quelconque en 6e, certainement.

29bis — Quand tu étais petit, tu voulais faire quoi comme métier ?

Pâtissier. Ou pilote de quelque chose qui va vite.

30– Quand je dis chaussette, tu penses à quoi en premier ?

A un chat.

31– Tu es plus pâte carbonara ou moule marinière ?

Breton => moules marinière.

32– ton livre de chevet actuel ? Pourquoi ?

Un manuscrit en remplace un autre, je n’ai jamais vraiment eu de livre de chevet.

33– Le livre que tu as détesté lire et que pourtant, tu as fini ?

Les Confessions, de Rousseau, au lycée, peut-être. L’Ombre du vent aussi. Ma mémoire a l’excellente habitude d’effacer les souvenirs des mauvais livres.

= Juste avant la fin, un peu de liberté  =

34– Une question à laquelle tu aurais aimé répondre et que je ne t’ai pas posé ?

Quel super-pouvoir aurais-tu aimé avoir ?

35– Et donc, la réponse ?

Pouvoir voler, bien entendu.

36– Un coup de gueule à passer ?

Je voudrais profiter de cette tribune pour exprimer mon opposition à l’injustice, à la violence, à la guerre, à la maladie et à ceux qui se garent sur des places handicapés. Je n’aime pas beaucoup le chômage non plus, ni les gens méchants. Et ne me lance pas sur les salauds qui maltraitent des chatons.

37– Un sujet qui te tient à coeur et dont tu veux parler à ceux qui lisent ton interview ?

J’aimerais bien un wombat de compagnie.

38– Le mot de la fin, en 17 mots ? (ce qui fait les 17 mots de la fin … )

Le savais-tu ? Il existe exactement dix-sept groupes de symétrie plane dans un espace à deux dimensions.

Outils de gestion du temps sous Linux

Pour différentes raisons que j’expliquerais dans un billet que j’écrirais bientôt, j’ai décidé de gérer mon temps d’une façon assez stricte. Ce dont j’avais besoin était assez simple, pour gérer mon temps  au boulot et à la maison. Par gérer mon temps j’entends définir différentes taches et chronométrer le temps que je passe sur chaque tache. L’important pour moi était de pouvoir connaître le temps global passé durant la journée sur une tâche, mais aussi avoir le temps de chaque tranche de temps que je consacrais à une tache.

Je voulais donc pouvoir savoir que j’avais déjà passé 35 minutes à écrire des mails depuis le début de la journée et qu’actuellement cela faisait 5 minutes que j’écrivais ce mail bien précis.

Je me suis donc mis en quête de différents logiciels et je les ai testé.

J’ai testé :

  • gnotime
  • hamster
  • ktimetracker

Autant dire que j’ai été déçu, dans des proportions différentes, les trois fois. Je vais commencer par parler des trois et ensuite je listerais ce qui manque à chacun d’entre eux.

Ktimetracker

Le seul des trois sous KDE. Sans doute le plus moche, mais enfin, on parle de gestion de temps. On peut définir des projets, créer pour chaque projet une tâche, donner des sous tâches aux tâches, etc etc …
On peut aussi définir qu’une tâche est finie.

A priori que du bonheur. Sauf qu’il n’y a aucun outil de reporting. Rien. Juste la durée totale passé sur la tache et la durée de la session. Pas de possibilité de voir par jour ni rien. Alors on peut exporter les données pour les utiliser ailleurs… mais bon, c’est déjà suffisament chiant de gérer son temps si il faut passer par de l’export / import de donnée dans d’autre outil …

Hamster

Un outil GTK. Qui bénéficie en plus d’une applet que l’on peut mettre dans un tableau de bord gnome. Ce qui est bien sympa pour voir toujours le chronomètre et le nom de l’activité actuelle sous les yeux.

On peut créer des tâches (qui s’appelle des activités). Mais c’est tout. Il n’y a pas de notion de projet mais une notion de catégorie de tâche donc cela revient au même me direz vous. On peut aussi taguer les tâches.

Chaque fois que l’on démarre le chrono sur une tâche, ça crée une nouvelle session concernant cette tâche là. On a donc bien le temps par session, ainsi que l’enchainement des sessions (avec l’heure de début de la session). On sait donc dans quel ordre on a fait quoi. On peut à postériori rajouter des temps ou modifier les temps des sessions enregistrées.

Le module de reporting est super bien fait. Des graphiques qui bougent quand on clique, tout plein de possibilité de visualisation, somme par catégories et/ou par activités. On peut même exporter le tout en html. Mais pas de rapport personnalisé possible par contre Nan, vraiment bien.
On peut même le configurer pour que le chrono se lance automatiquement sur une activité précise en fonction du bureau virtuel sur lequel on se trouve …

Par contre pour démarrer une nouvelle activité c’est un parfois un peu lourdingue. Soit on a déjà faire une session de l’activité en question et là c’est facile, il suffit de double cliquer sur le nom de l’activité, dans la liste des session du jour. Soit c’est la première fois et la il faut taper NomActivité@NomCatégorie dans une zone de texte. Heureusement des la première lettre tapé, on a une select box intelligente qui nous propose des choix… Mais bon il faut quand même taper une ou deux ou trois lettres.

Gnotime

Un autre outil gtk. Lui fonctionne par projets contenant des tâches qui peuvent elles-même contenir des tâches, etc etc … Les temps sont disponible pour la session (appelé Entry) en cours (ou la dernière faite), par jour, par semaine, mois, année, pour le jour d’avant, la semaine d’avant, le mois d’avant. Et tout ça directement dans la fenêtre principale, pas besoin d’aller dans la partie rapport.

Là aussi dans Gnotime il y a une gestion de status de tâche. On peut même d’ailleurs avoir une gestion de facturation en fonction du nombre d’heure .. carrément gadget à mon avis, mais ça existe.

Par contre pas de gestion de l’enchainement des entry et pour créer une nouvelle entry c’est un peu lourd (bouton droit sur la tache, add entry, une pop up s’ouvre ou l’on peut écrire la description de l’entry, faut cliquer sur valider… enfin c’est bon). C’est du coup assez long de créer des entry, ce qui est un comble pour un outil de gestion du temps.

Mais le gros point noir de gnotime c’est son module de rapport qui est juste incompréhensible. Ou alors je suis un crétin. Ce qui est possible. Mais après avoir passé 20 minutes à essayer de créer un rapport custom, j’ai abandonné. Ce qui est couillon aussi c’est que les rapports me semblent être limité par projet. Pas de possibilité d’avoir de rapport globaux, ce qui est assez ennuyeux….

Mon choix

Alors en fait j’en utilise deux. Gnotime pour le boulot et Hamster pour la maison. Parce oui, rappelez vous, je voulais pouvoir tracker mon temps dans deux endroits séparer suivant que j’étais au boulot ou à la maison. Parce que bosser la moitié du temps un dimanche après midi c’est un bon rendement alors que c’est un rendement de merde si c’est un lundi matin …

Je pensais trouver un outil avec une gestion de profil qui me permettrait de faire ça proprement. Mais non, ça n’existe pas. Vous allez me dire que je pourrais créer deux projets racines dans gnotime , un boulot et un perso …. mouais …

Je pourrais aussi utiliser les tags dans Hamster, mais bon là aussi .. mouais, sans plus quoi.

Donc j’ai deux outils. Et je râle parce que j’aimerais bien un outil qui soit la somme des deux.

Ce que j’aimerais

En fait, je ne suis pas si exigeant que ça. Déjà un logiciel qui affiche en gros le chrono. Là on a l’impression que c’est honteux de voir le chrono. Il est toujours en tout petit. Et puis il faudrait que la couleur du chrono soit configurable, en fonction du temps passé sur la session en cours.

Ensuite une gestion de profil, pour pouvoir et ben avoir des profils. Maison / Boulot / Vacances, etc…

Pouvoir avoir un module de rapport sympa et utilisable, avec la possibilité de créer des rapports personnalisés.

Pouvoir lancer un chrono en même temps que l’on crée une nouvelle session sur une tâche, en un seul clic, tout le temps.

Avoir la chronologie des sessions avec leur dates et heures de début et de fin.

Pouvoir configurer des lancements de chrono automatique en fonction des applis qui ont le focus et pas juste des bureaux.

Voilà, rien de bien compliqué en fait …

Le vice de la perfection

‘On ne peut pas encore sortir notre application, elle n’est pas parfaite.’
‘Ça ne va pas, ici, ce n’est pas exactement comme vont le vouloir nos futurs utilisateurs’
‘Plus que quelques mois de boulot et on aura vraiment atteint la perfection’

Toutes ces phrases que vous avez forcément entendu ou même dite, sont des phrases tueuses de projets. Parce que la recherche de la perfection mène irrémédiablement à la procrastination. Parce que jamais rien n’est suffisamment parfait, et que donc on continue a coder, coder, coder, modifier, modifier, modifier en remettant à plus tard ce qui est vraiment important à savoir le lancement de votre projet. Et c’est valable aussi bien pour des sides projects ou des projets d’entreprise.

Pourquoi est ce que l’on fait cela ?

  • Pour que notre projet soit le meilleur du monde
  • Parce qu’on veut être vraiment fier de notre bébé
  • Parce qu’il faut être meilleur que les autres qui existent déjà et que cela veut dire être parfait
  • etc etc …

Ces réponses toutes prêtes ne sont que des paravents. Que des phrases lancées pour masquer la vraie raison qui nous fait retarder le lancement. La vrai raison est que si on lance notre projet, au moment ou on l’aura lancé, il va pouvoir rater. Tant qu’on ne met pas notre projet à la disposition de ses utilisateurs, il ne peut y avoir d’échec. Et c’est cette raison, à mon avis, qui est bien souvent à l’origine de la quête de perfection. La peur de l’échec, tout simplement. La peur de devoir entendre nos futurs utilisateurs que notre logiciel (ou notre livre si on écrit un livre, remplacé le terme logiciel par celui qui va bien avec votre domaine) est mauvais, qu’il ne leur plait pas, qu’ils sont déçus.

Donc surtout, n’attendez pas qu’un projet soit parfait pour le lancer. Lancez le quand il est prêt. Et c’est tout.

Comment évaluer si un projet est prêt allez vous alors forcément me demander ? Ha ça, je n’en sais rien. Après tout c’est votre projet. Mais si je devais vous donner une échelle des statuts des projets ça serait celle- là :

  • Très bon
  • Bon
  • Moyen ou Parfait
  • Moins bon
  • Mauvais
  • Complétement nul

Plus l’état de votre projet est haut plus ça veut dire que vous devez le lancer, tout de suite. Et puis, je met Parfait au même niveau que moyen parce que bien souvent le temps, l’énergie et l’argent nécessaire pour passer de Très bon à Parfait, font que cela n’en vaut pas la peine.

Monétiser un projet libre ou comment faire payer les utilisateurs

Ça faisait déjà quelques temps que je voulais écrire un tel article. Mais comme toujours, mes sujets de billet s’entassent en prenant la poussière dans un coin de ma tête.

Un ou deux accrochages avec des ‘libristes’ vouant aux buchers tout ceux qui oseraient demander de l’argent pour tout ce qui concernerait un projet libre de pré ou de loin avait accru cette envie d’écrire un tel billet.

Mais finalement le déclencheur fut un billet de Philippe Scoffoni et le fait de voir que j’écrivais des tartines en commentaires. Autant donc en faire un billet. Le voici.

Commençons par le principal. Libre ne veut pas dire Gratuit. Libre n’a jamais voulu dire gratuit. Il se trouve que que le principe d’accès au source pour les utilisateurs impliquent bien souvent le principe de gratuité des sources. Et c’est très bien. Mais d’une ce n’est pas une obligation. De deux, cela ne veut pas dire que tout doit être gratuit.

Une fois cela dit, la question qui vient c’est ‘mais pourquoi quelqu’un demanderait de l’argent ?’. Dans le cas où c’est une entreprise qui fait du libre, la réponse est claire. Ce n’est pas l’entreprise, personne morale, qui va coder du code avec ses petits doigts désincarnés de personne morale. C’est un salarié de l’entreprise qui va le faire. Et ce salarié, c’est tout sauf une personne morale. Il a un loyer à payer, un estomac à remplir, une connexion internet à conserver, voir même des enfants à nourrir. Il lui faut donc un salaire, payé par la gentille entreprise aux doigts désincarnés. Et donc l’entreprise elle doit faire une facture (toujours avec ses doigts fantomatiques) qu’elle enverra à son client.

Mais maintenant, prenons le cas d’un développeur quelconque ou d’une équipe de développeur quelconque. Qui code plus ou moins sur leur temps libre, le soir, la nuit, le week-end, pendant les vacances. ‘Ils vont pas nous gonfler’ allez vous dire, ‘ils codent pour leur plaisir, ils devraient déjà s’estimer heureux qu’on utilise leur logiciel, non mais’ allez vous même peut-être rajouter.

Curieuse posture que celle-ci, de l’utilisateur qui considère comme un hommage immense le fait qu’il daigne bien utiliser votre logiciel (qui part ailleurs va lui sauver les miches ou lui permettre de gagner des sous ou de faire ce qu’il avait toujours rêver de faire sans savoir comment le faire).

Mais en fait, peut-être que le frisson d’excitation du fait de savoir que vous au grand utilisateur vous utilisez son logiciel ne suffit pas au développeur. Peut-être que le fait que cela n’ensoleille pas suffisamment sa journée pour qu’il s’estime heureux. Et puis peut-être surtout qu’au bout d’un certains nombres d’heures passés à coder il aimerait bien une rémunération autre que votre gratitude non exprimée. Et que le nom de domaine, les déplacements lors de conférence pour parler avec d’autres développeur, le serveur qui héberge le site du logiciel, etc etc, ça lui coute un peu d’argent…

Donc notre développeur solitaire voudrait bien gagner des sous avec son logiciel libre. Et c’est son droit. Mais comment faire ?

Je vais essayer de lister les quelques idées qui me passent par la tête. (Bien entendu ces idées sont réutilisables par une société qui éditerait du libre). Alors bien entendu, tout n’est pas tout le temps applicable partout. On ne procédera pas de la même façon pour un logiciel de facturation, un plugin wordpress, joomla ou un jeu libre.

A vot’ bon coeur …

Je vais rassembler la dedans tout ce qui s’apparente, pour moi, à du don. Pour moi c’est, soyons clair, une méthode qui ne marche pas bien, voir pas du tout, à part dans certains cas bien précis (je pense que dans l’art pur, genre musique, ça marche mieux). Mais bon, c’est aussi la plus facile à mettre en place…

Le don, le vrai.

C’est la première chose à laquelle tout le monde pense quand on parle de monétiser un projet libre. Un bon gros bouton Paypal sur le site web du logiciel en question. En croisant les doigts pour que des gens, dans leur extrême bonté, fasse un don.

Le micro-don.

En passant par des plateformes prévues pour et qui permettront à vos utilisateurs de donner d’une façon simple, pour une multitude de donnée. On peut citer Flattr qui vous permettra de mettre en place ce mécanisme. L’intérêt d’une telle plateforme est de simplifier l’acte de don pour l’utilisateur.
Du coup, j’ai l’impression qu’une telle solution peut fonctionner bien mieux qu’une campagne de don. Parce que cliquer sur l’icône Flattr c’est simple, vraiment facile, on le fait presque sans y penser. (Et l’excellente idée de Flattr, de ‘forcer’ les gens à donner pour qu’ils puissent recevoir est tout simplement géniale).

Vendre

C’est peut-être, en tout cas pour un développeur qui n’est pas une entreprise, le plus difficile. Parce que vendre c’est compliquer. Et puis vendre quoi ?

Des early access

Dans l’article qui a déclenché mon envie d’écrire mon propre billet, l’exemple pris est celui de la vente d’un early access. En clair, si vous me donnez des sous, vous aurez mon logiciel avant ceux qui ne paie pas (dans l’exemple le principe était de ne pas avoir à attendre que le plugin wordpress dont il était question soit disponible sur la plateforme wordpress). J’aime beaucoup cette idée. Le ‘problème’ est qu’un des early acheteurs peut très bien redistribuer le logiciel qu’il a acheté. Dans un des commentaires du billet de philippe, l’auteur du plugin explique que si ça arrivait, il pourrait reconsidérer le fait de fournir son plugin en libre. Je ne suis pas d’accord avec lui. Pour moi, c’est ‘le jeu’ Tout comme il y a des gens qui vont récupérer leur logiciels proprios sur bittorent au lieu de les acheter. Et je n’ai jamais été pour le principe (dont sont né les DRM) d’emmerder l’ensemble d’une population donnée simplement pour essayer d’empêcher les agissements qui ne nous plaisent pas d’un petit nombre.

Un early acheteur propose la version qu’il a reçut en DL gratuit, le jour même où il l’a acheté ? Bah tant pis serais je tenter de dire. Ceux qui voudront avoir la version officielle ‘certifiée’ continueront à payer. Les autres … de toutes façon les autres n’auraient pas payer pour l’early access

Financer un travail futur

Que ce soit pour des ajouts de fonctionnalités, des migrations pour être compatible avec des versions nouvelles (comme pour les plugins wordpress) ou pour tout ce qui est dev potentiel, le financement par les utilisateurs me semblent être une excellente idée (c’est d’ailleurs une des solutions que l’on met en pratique, au boulot, mutualiser entre X entreprises le dev de fonctionnalité supplémentaires). Après il y a que deux choses à bien respecter :

  • être transparent sur la quantité de financement déjà reçu ou promis
  • être réaliste dans l’estimation du montant demandé.

Proposer des trucs en plus

  • Manuel papier
  • binaire distribué en version ‘boite’ (comprendre un binaire envoyé sur une clé usb ou un CD)
  • heure de support ou de formation
  • ressource en plus non indispensable mais intéressante (là par exemple je pense à des ressources graphiques ou autre pour de jeux. Par exemple un ensemble de cartes supplémentaires pour un wargame, des ressources graphiques en plus, etc etc)

Ce sont autant de possibilités, potentiellement difficile à mettre en place pour un développeur solitaire il est vrai, mais qui peuvent fonctionner.

Inutile, donc indispensable

Je ne pouvais pas clôturer ce billet sans parler de tout ce qui est goodies. Tee-shirt, Mug, stylo, que sais-je encore.

Honnêtement, je n’en parle ici que parce que je trouve cela rigolo et parce qu’au boulot on imagine  de temps en temps, pour rigoler, des tee-shirt ou des casquettes avec les logos ou les slogans de nos logiciels.

En fait à mon avis, les goodies c’est plus pour se faire plaisir soi-même qu’avoir un vrai retour sur investissement (bon y doit bien avoir des contre-exemples hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

Le radiohead style …

Dernier paragraphe, qui remplacera ma conclusion. Je n’ai pas parlé de comment fixer le prix, comment faire payer, comment fixer les modalités, etc etc. En conclusion, je voulais parler d’une manière de fixer les prix que j’aime beaucoup, c’est le radiohead style. Le principe est tout couillon. Dire à vos utilisateurs ‘tu veux acheter cette ressource ? Très bien, fixe toi même le prix’.

Ensuite à vous de décider si les gens peuvent acheter à 0 euros ou si il y a un prix minimum. A vous de décider aussi sil il y a une barrière maximum que les utilisateurs ne peuvent pas dépasser….

Mais j’avoue avoir un coup de coeur pour cette façon de faire (bien que je me demande comment ça se faire, comptablement après).

Et si.. je faisais une conclusion, après tout, pourquoi pas.

En fait ma conclusion ne sera qu’une reformulation de mon introduction… Parce que oui, il me semble important de dire, plutôt deux fois qu’une, qu’en temps que développeur de logiciel libre, on a le droit aussi, de vouloir manger autre chose que des patates.

Parce que oui la reconnaissance de ses pairs développeurs et des utilisateurs est importante. Oui, la satisfaction de voir son code utilisé, de voir que l’on est arrivé à créer, pour de vrai, quelque chose qui rend service à des gens est une sorte de paiement.

Mais mince, on a bien le droit d’espérer pouvoir récupérer quelques euros en échange des dizaines d’heures passées à travailler, nuit, week-end et vacances sur notre projet. Et puis on a même le droit de rêver que l’on va se mettre à son compte, pour vivre pour de vrai grâce aux revenus générés par ses créations libres. Et ça, ça demande de gagner de l’argent. Et donc d’avoir des utilisateurs ou des clients, qui vous rémunèrent. Et non, ce n’est pas sale. Même pas un peu.

MadInterview de Laurent, Chargé de Com de Leelh

Un nouveau vendredi veut dire une nouvelle interview. Cette semaine ça sera l’interview de Laurent, le chargé de communication de Leelh. ‘C’est quoi Leelh ?’, allez vous me demander. Il ne vous reste qu’à lire l’interview pour le savoir. Une petite nouveauté, comparé au précédente, l’ajout de façon très légère (2 fois, de petite note de MrJmad entre parenthèse, pour expliciter un truc (ou râler).

Bonne lecture et bon vendredi.

— Si tu devais te présenter en trois phrases, que dirais tu ?

Mh… Que je m’appelle Laurent Righetti, de une. Que je suis contre la faim dans le monde, de deux. Et que je trouve que les fruits avaient meilleur goût quand j’étais gosse, de trois. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une présentation exhaustive.

Ta cyber life

— Tu as/as eu un/des blogs, si oui lesquels, ils parlent/parlaient de quoi ?

J’ai eu un petit blog où je faisais des dessins de presse pendant mes études. Ensuite, j’ai ouvert un petit blog avec d’autres dessins. Le tout n’a jamais décollé, je ne peux pas me consacrer à un blog actuellement mais j’avoue que l’aventure me tente. En attendant, j’ai ouvert un petit tumblr. Mais il n’a que peu d’intérêt.

— Dans le cas ou tu en as arrêté certains, pourquoi les as tu stoppés ?

Le manque de temps, généralement.

— Plutot twitter(identi.ca) ou facebook ? quelles utilisations as tu des deux ?

Plutôt Twitter. J’aime la phrase qui dit que sur Facebook, tu es en contact avec des gens que tu connais mais que tu ne vois pas alors que sur Twitter, tu es en contact avec des gens que tu ne connaît pas mais que tu finis par voir. Enfin, un truc dans le genre. Twitter est un outil bien plus pro. J’ai pas mal utilisé les pages de fan de Facebook pendant ma mission de Community Manager mais je n’utilise plus du tout mon profil. Tout ce que je tweete est publié sur Facebook et je consulte le mur des actualités via un client Twitter…

— Es tu addict au Net ? si oui tu as une ou deux anecdotes sur le sujet ?

Un peu trop. Pendant mes études, il m’arrivait de ne pas dormir de la nuit tellement j’aime fouiner sur le net. Un lien t’emmène vers un autre. Je suis du genre à bouffer Wikipédia, par exemple. Il y a aussi de nombreux blogs très sympa que je suis. Faut dire qu’on a le choix avec le web 2.0 !

— Sur le net on peut te trouver où ?

Généralement, sur les forums de Leelh. J’ai aussi été un jolien pendant très longtemps avant que ma mission de CM me fasse changer « d’identité virtuelle ». Sinon, les réseaux sociaux classiques : Twitter, Facebook, Foursquare, etc.

Le boulot

— Allez petite questions corporate, tu bosses où et ta boite fait quoi ?

Je bosse pour 3Dduo, un studio lillois qui a une double activité. Premièrement, nous travaillons sur un jeu de rôle en ligne massivement multi-joueurs : Leelh. Un autre département du studio travaille sur des projets de Serious Game.

— deuxième question corporate, parce que je suis gentil, Leelh, c’est quoi et pourquoi c’est bien (ou pas bien, si tu as envie de me dire que c’est pas bien)?

Leelh, c’est vraiment un vent de fraîcheur dans le MMORPG. Premièrement, l’aventure est entièrement tournée autour du jeu de rôle et du scénario, ce qui est très rare voire inédit pour un jeu de ce type. Ensuite, nous avons nos petites particularités, comme le fait de faire tourner tout le jeu en 3D directement dans un navigateur Web, le tout, sans installation ni téléchargement !

— tu dis que tu es chargé de communication sur ton twitter et community manager sur ton linkedin (oui j’ai fait un peu des recherches), en vrai tu fais quoi comme taff ?

Les profils sont mis à jour ! Mea Culpa ! Je viens de terminer ma mission de CM pour 3Dduo et j’ai été promu chargé de communication. Je suis donc tourné entièrement vers la communication extérieure depuis le mois de Septembre et je remercie mes boss de la confiance accordée. Mais j’ai vraiment adoré mon expérience de Community Manager, c’est peut-être le plus beau métier du monde.

— Après des études de journalismes, devenir CM, c’est une suite logique ?

Je ne sais pas si il y a vraiment une suite logique après des études de presse. Quand je regarde les gens de ma promo, je me dis que l’on est tous parti dans des aventures professionnelles très différentes. Attaché de presse, porte-parole pour la SNCB, journaliste économique, CM, chargé de communication, professeur, caissier, etc. Je pense que les études servent de passerelle mais ne formatent en rien les gens. Quoi qu’il arrive, je pense que l’on se dirige vers ce que l’on aime.

— Pourquoi ne pas être devenu journaliste dans un organisme de presse ?

Je ne sais pas. Les aléas de la vie peut-être ! J’aime les jeux vidéo, je ne me vois pas travailler dans un autre milieu. Écrire sur le jeu vidéo me plairait beaucoup mais j’ai trouvé une entreprise qui me correspond que ce soit au niveau de ses projets ou de sa mentalité entre temps. Et je dois dire que je m’éclate car mon job actuel est constitué à 80% de rédaction. J’aime écrire, j’aime mon boulot.

— Tes études te servent dans ton travail au jour le jour ?

Bien sûr. Le cadre académique est un plus dans le monde professionnel. J’ai appris de bons trucs, ça m’a ouvert l’esprit. Après, je ne pense ma formation universitaire est le sel de mon métier. Ma mission de CM a été réalisé avec d’autres bagages : un passé de gros geek compulsif. Bien évidemment je me sers de ce que j’ai appris. C’est un mélange.

— je lis pas mal de CM, ils ne sont jamais d’accord sur ce que c’est, être un community manager, pour toi c’est quoi ?

Tout va dépendre du cadre dans lequel on place le CM. La mission de CM pour un jeu comme Leelh est un mélange entre différents métiers. On va, à la fois, être le relai entre l’équipe et la communauté, entre la communauté et l’équipe, gérer une équipe de bénévole, être médiateur dans les conflits entre joueurs, etc. Je ne pense pas qu’il y a un modèle de CM bien défini. C’est assez Rock And Roll, il faut être réactif et s’adapter au milieu dans lequel on évolue.

— J’ai l’impression que CM c’est comme chasseurs, il y a les bons CM et les mauvais CM … c’est quoi la différence entre les deux ?

La capacité à garder son sang froid. Et une certaine dose de psychologie.

–Pour pas mal de gens que je connais, bosser dans une boite de jeux vidéos, c’est le paradis. Ton avis la dessus ?

Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs mais j’avoue que j’ai trouvé mon petit coin de paradis. Bien sûr, il y a des hauts et des bas. Mais quand je me lève le matin, j’ai l’impression de rejoindre une bande de potes. Il y a vraiment une ambiance excellente chez 3Dduo. Ambiance qui renforce l’efficacité de l’équipe. Quand t’es content d’être là, tu donnes le meilleur de toi !

Ta vraie life, quand tu es pas au boulot

— Ton bureau chez toi il ressemble à quoi ? (si tu as une photo …)

Je n’en ai pas ! Je vis sur ma petite table de salon ! Vous pouvez m’envoyer vos dons sur le « unbureaupourkanjy@telethon.lol ».

— Tu es rôliste ?

J’avoue n’avoir fait du jeu de rôle que sur des MMO’s classiques. Dans Leelh, j’ai quelques personnages qui ont des caractères bien relevés. Mais je manque d’expérience en JDR papier… Du coup je me soigne et j’essaie de m’initier avec des employés de 3Dduo qui sont des rôlistes confirmés.

— si oui, tu joues à quel style de jeux ? plutôt joueur ou MJ ? Tu aimes jouer au jdr pourquoi ?

Là, on va commencer un Cyber Punk 203X avec un collègue, j’ai hâte. Plutôt joueur mais parfois MJ sur Leelh. Ce que j’aime dans le jeu de rôle ? Pouvoir m’envoler dans d’autres mondes, vivre des aventures épiques autres que « lol mon métro je l’ai attrapé tout juste parce que la porte se refermait ». C’est vraiment important de rêver, je jeu de rôle est un rêve collectif !

— si je ne me trompe pas, tu dessines n’est ce pas ? tes dessins sont visibles quelques parts ? tu aimes dessiner quoi ?

Je ne dessine plus des masses, j’ai des périodes. On peut apercevoir mes dessins sur la page Facebook de Leelh dans la catégorie survivre dans Leelh. J’aime dessiner des silhouettes. Ça marche un peu comme de la sculpture, je prends un gros carré noir puis je le taille, le creuse pour lui donner une forme. C’est une méthode étrange mais qui me convient. La lumière permet ensuite de donner du volume.

— Tu t’investis dans des trucs précis ? projet divers / art / asso ?

Je mets toute mon énergie dans le projet Leelh que j’aime particulièrement. Combiner son métier et sa passion, c’est quand même le pied.

— Si tu devais choisir un événement que tu as vécu, un seul, pour te définir, tu choisirais lequel

Pas évident comme question ! Mh, je dois me rendre à Lille en partant de Bruxelles (ma ville d’origine) un lundi matin. Un peu à la bourre, je n’ai qu’un billet pour un Eurostar qui démarre à 9h20, soit 20 minutes après le début de ma journée de boulot. Je demande donc au chef de gare de monter dans le train d’avant. Il accepte. Je suis entre deux wagons, peu importe, je m’endors. Lorsque je me suis réveillé, les voitures roulaient à gauche. Je suis arrivé à 14h au travail en devant expliquer à mes patrons la raison de mon retard… Je pense qu’ils ne me croient toujours pas ! J’ai vraiment la poisse dans la vie, mais une gentille poisse. Celle qui vous rend attachant, pas celle qui vous prend les personnes auxquelles vous êtes attachés.

Jeux vidéos

—  tu aimes quoi comme style de jeux ? tu joues à quoi ? (la réponse à leelh uniquement parce que c’est trop bien est interdite)

J’aime les MMORPG. Bon, mon PC est en rade là donc je me suis retourné vers ma Xbox et je dois dire que l’expérience du live a apporté une nouvelle vie à cette bonne vieille console. Je suis un groupie de Castle Crasher, je ne peux plus compter le nombre de fois que je l’ai fini. Sinon, bien sur, je joue à Leelh en tant que joueur avec un pseudonyme secret.

— Niveau mmorpg, tu as commencé avec lequel ? actuellement tu joues à quoi (si le taff t’en laisse le temps)

J’ai commencé avec un F2P qui s’appelait Silkroad. C’était vraiment répugnant, il y avait des bots partout. Ensuite, je suis passé un peu sur Wow, j’ai tenté EvE, je me suis éclaté sur Age of Conan puis sur Warhammer avant de repasser sur Wow car j’y ai rencontré des gens géniaux avec qui je suis toujours en contact. J’ai pas mal accroché au craft de dofus, au passage. Je trouve que c’est vraiment une réussite. Enfin du moins à l’époque où j’y suis passé. Actuellement je mets beaucoup d’espoir dans le MMO Warhammer 40K et je m’éclate sur Leelh.

— tu penses quoi des DLC ?

Que c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres. J’ai entendu parler des cinématiques payantes ! Bientôt, il faudra louer les claviers et souris !

— quand tu joues, c’est quoi le plus important, la qualité graphique ou la qualité du scénar ?

L’immersion, soit un mélange des deux.

— Ton premier souvenir ludique ?

Alex Kidd sur Master System II. Mon premier jeu ! Je viens d’ailleurs d’acquérir une de ces petites merveilles dans sa boîte. C’est émouvant de rejouer à ce jeu.

— Ton jeux vidéos préférés et celui que tu as le plus détesté ?

Earthworm Jim ! J’ai vraiment adoré l’univers délirant, la qualité des animations pour l’époque, etc. Après il y a sûrement de la nostalgie derrière tout ça. Niveau RPG,  j’ai adoré Vagrant Story sur PS1. C’était vraiment un jeu exceptionnel avec son système de combat époustouflant et un univers vraiment prenant.

— les jeux en mode texte, comme nethack ou autre, tu connais ? Tu pourrais y jouer aujourd’hui ?

Je pense que je ne suis pas de la bonne génération pour les connaître, ou seulement de nom. Par contre, si il y a de la place pour l’imaginaire, je dis oui ! (note de MrJmad : je te remercie de me faire passer pour un vieux, moi qui suis né en 1980 (et pas 1880) et qui adore ces types de jeux …. GRRRR)

— j’ai de la chance, tu étais au festival du jeux vidéos à Paris il y a peu, raconte nous en quelques lignes 🙂

On s’est éclaté ! Les gens aiment vraiment bien le projet et puis on a eu l’occasion de rencontrer les gars de Motion Twin qui sont vraiment excellents. On a d’ailleurs fait une animation en commun avec eux et on espère que cette rencontre va aboutir à de chouettes choses pour le jeu vidéo indépendant français.

Question pour me faire mousser

— Est ce que tu lis le Mad Blog ? Pourquoi ? (que ça soit oui ou non)

Oui ! Les articles sur le JDR sont toujours très intéressants.

Allez, on a presque fini, quelques dernières questions pour vraiment te connaitre

Tu es plus Clive Owen ou Bruce Willis ? Pourquoi ?

Bruce Willis, tellement la classe. Puis il a joué dans Lucky Number Slevin, Pulp Fiction. Donc il est plus fort.

— Si tu devais choisir un bouquin, un bon film, une série cool, une série pourrie , un nanard, tu choisirais quoi  (tu dois choisir un de chaque et si possible donner une explication) ?

  • Un bouquin : « Caresse de rouge» de Eric Fottorino qui m’a mis une grosse claque dans la tronche quand j’ai dû le lire pour en rédiger une critique. C’est pesant, malsain et la chute est un véritable coup de maître !
  • Un bon film : The snatch, parce que j’aime les dialogues et le comique de situation exceptionnel de ce film. (note de MrJmad : correction du titre du film suite au commentaire de monsieur Laurent)
  • Une série : Les mondes engloutis, parce que la musique me reste en tête depuis que j’ai quatre ans et que c’était du rêve pour une petite tête blonde comme moi.
  • Un nanard ? Mh… Delta Force ? Parce que Chuck… Eh ben… C’est Chuck !

— Ton pire souvenir scolaire ?

J’ai oublié mon cartable un jour pour aller en classe. Une belle humiliation. En y repensant ça paraît bête mais à l’époque je me suis senti comme un jedi sans sabre laser.

— Quand je dis chaussette, tu penses à quoi en premier ?

Slip. Pour « Allez hop, slip-chaussettes ! » (note de MrJmad : référence aux ‘messages à caractère informatif’, enfin moi ça me fait penser à ça tout de suite )

— Tu es plus hamburger ou sushis ?

Burgers ! Je suis un addict de McDo mais je me soigne.

— ton livre de chevet actuel ? Pourquoi ?

Ravage depuis des mois. Parce que c’est post-apo. Faut que je le finisse d’ailleurs mais je ne prends plus assez le temps de lire.

— Le livre que tu as détesté lire et que pourtant, tu as fini ?

J’ai le droit de parler du syllabus de mon cours de méthodologie de la recherche appliquée ? (rires)

— bon allez, une question pour un belge, ta bière préférée ?

La triple Westmaelle, sans hésitation. Par contre, c’est un plaisir à consommer avec modération car elle affiche quand même un petit 9° !

Juste avant la fin, un peu de liberté

— Une question à laquelle tu aurais aimé répondre et que je ne t’ai pas posé ?

Ça fait quoi d’être aussi cool.

— Et donc, la réponse ?

Ça va, je le vis bien.

— Un coup de gueule à passer ?

Mh, je passe ! Je n’aime pas la polémique !

— Un sujet qui te tient à cœur et dont tu veux parler à ceux qui lisent ton interview ?

J’aimerais que vous sachiez tous que Robby est un être machiavélique et qu’il ne mérite que le dédain.

Le mot de la fin, en 17 mots ? (ce qui fait les 17 mots de la fin… )

Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh, Leelh !

Pas de Steam pour Linux et c’est bien dommage

Bon oui je sais, on le sais depuis 3 semaines. Donc oui, c’est du réchauffé.

Et j’avais prévu d’écrire plus tôt un billet sur le sujet. Mais bon, je n’ai pas vraiment eu le temps. Du coup, je profite d’une petite accalmie pour rapidement écrire ce que j’en pense.

Bon c’est peut-être aussi parce que je suis tombé par hasard sur quelqu’un qui disait qu’il trouvait que c’était tant mieux que Steam ne vienne pas sous Linux et que c’était une fois de trop.

Donc, non je ne trouve pas ça bien que Steam ne soit pas porté sous Linux.

Pourquoi ?

Parmi les défendeurs du ‘Nan Steam ne passera pas, on n’en veut pas sous Linux’ J’ai lu deux arguments principaux. Le premier étant que les jeux ne seraient pas libre (et Steam non plus) alors que bon, on s’en foutait. Le second était que si Steam avait été porté sous Linux, il aurait amené une floppée de jeux avec lui, des jeux fait par des ‘pros’ et que ces jeux auraient tués les trouzaines de jeux libres qui existent. [ Super, on va donc pouvoir continuer à jouer à xbill ou Maryo Chronicles (je ne cite volontairement aucun rogue like, parce que j’aime ces jeux tout en texte 🙂 ). ]

Ce sont deux arguments que je n’entends absolument pas.

Le premier tout d’abord. Honnêtement, je n’ai jamais vraiment compris les gens qui préféraient se couper les deux jambes et les deux bras que d’utiliser un logiciel propriétaire. Je suis un peu plus pragmatique. Quand j’ai le choix, j’utilise du libre. Quand j’ai presque le choix et qu’utiliser du libre demande un effort ou me rend moins efficace, j’utilise du libre. Mais quand c’est ‘proprio ou rien’, ben je ne choisis clairement pas la solution rien. (et que celui qui ne l’a jamais fait me jette la première pierre, mais avant je vérifierais qu’il n’utilise pas Textmate … 🙂 ) Et dans le cas des jeux, c’est bien souvent ça. Et, peut-être malheureusement pour moi, je suis un joueur. Et malheureusement StarCraft 2, entre autre, n’est pas libre.

Et puis, en temps qu’utilisateur de Linux, j’aimerais bien pouvoir faire passer sous mon OS favori un grand nombre de gens que je connais. Sauf que bien souvent, l’unique raison pour laquelle ils ne veulent pas tenter l’aventure, c’est les jeux. Et que l’on ne me parle pas de multiboot .. Le multiboot c’est pour les geeks, pas pour les gens normaux… Merde même moi j’ai pas de multiboot, parce que ça me gonfle, à la place j’ai 2 pc. Et si Steam avait été porté, la dernière excuse d’un bon nombre de gens n’auraient plus tenus. Et peut-être, qu’ils auraient tenté la migration sous Linux. [Vous pourrez toujours m’objecter que les gens qui restent sous Win pour pouvoir jouer, vous vous en souciez comme de votre premier clavier, mais personnellement, je n’ai pas envie de les laisser aux prises avec un OS digne de Brazil jusqu’à la fin de leur vie..]

Passons au deuxième argument. Celui de la protection de l’éco-système des logiciels libres qui si ils sont mis en concurrence avec de ‘vrais’ logiciels, vont tous mourir. Déjà, je trouve que c’est très condescendent pour les dit jeux libres. Non mais c’est vrai, je serais un codeur de jeux libre et je lirais que mon jeu ne survivrais pas à la comparaison, parce que bon voilà quoi, c’est pas un vrai jeu, c’est un jeu pour rire, ben j’aurais bien envie de distribuer quelques gifles. Et puis pour ce qui est du domaine de la création, je n’ai jamais aimé les mécanismes de protection artificiel de ce type. Ca fait un peu protectionnisme à outrance…. et désolé mais j’aime pas.

Mais alors pourquoi ça aurait été bien de porter Steam sous Linux.

La de première raison, je l’ai déjà dit, c’est que ça aurait fait porter des jeux sous Linux. Porter des jeux sous Linux ça veut dire :

  • Convaincre des gens de tester, d’essayer, de migrer
  • Des constructeurs de matos qui ont enfin un intérêt à faire des drivers, des vrais et pas des trucs codés par un stagiaire entre deux pauses cafés.
  • Permettre aux joueurs comme moi de jouer, enfin, sous leur OS préféré.

Mais porter Steam, ça aurait aussi permis de faire entrer des jeux libres dans le circuit de distribution de Steam. Et certaines productions libres auraient vraiment eu leur place dans la bibliothèque Steam.

Donc il n’y aura pas de Steam sous Linux .. Tant pis… Dommage

Je profite de cette fin de billet pour parler de deux initiatives libres pour faire un steam like sous Linux :

  • DJL qui a l’air de fonctionner pas trop trop mal (bien que quand je l’ai testé en 2009, les serveurs étaient assez souvent en rade) mais dont le développement m’a l’air au mieux ralenti.
  • RunnersBox basé sur Gecko/XulRunner et codé par GeekShadow qui en est au tout prémices mais qui à l’air prometteur (il a même déjà son compte twitter), si le dev ne s’arrête pas (aller op GeekShadow, on code, on code).

Dans ces deux cas, j’espère qu’elles aboutiront à une solution sympa et viable de distribution/installation/pkoi pas rémunération des jeux libres sous Linux.  (Et d’ailleurs si j’avais un argument pour dire que c’est bien que Steam ne soit pas porté sous Linux, c’est uniquement celui de la crainte que les devs de ces deux applications se découragent en ayant Steam en face).

MadInterview de Fabien, l’ingénieur qui devint éditeur

Fabien, je l’ai croisé, par mail, pour la première fois en début d’année. Je donnais alors, pour donner un coup de main, d’une rubrique dans Jeux de Rôle magazine. Fabien m’avait envoyé un texte de la bible du maitre du jeu pour qu’il paraisse en avant première dans le magazine. Je me souviens m’être dit qu’il devait être dingue ou en avoir une sacrée paire, pour se lancer comme ça dans l’édition dans le monde du jdr. On a un peu échangé par mail et on a fini par discuter par téléphone, à propos de divers projets qu’on pourrait monter ensemble. Au final, j’ai fini par décider qu’il n’était pas plus fou que n’importe quel entrepreneur.

Mais je vous laisse lire ses réponses. Et si jamais vous avez envie de lui serrer la pince, il sera jusqu’à dimanche (jusqu’au 12 donc), au monde du jeu, Portes de Versailles.

Si tu devais te présenter en trois phrases, que dirais tu ?

3 phrases, mais c’est déjà beaucoup (et hop une première phrase de placée) ! Je m’appelle Fabien, j’ai 25 ans, je suis bloggeur, auteur, éditeur et entrepreneur. Pour résumer, je dirais que j’ai fait beaucoup de choses au cours de mon petit parcours, porté beaucoup de casquettes mais toujours avec ces 3 valeurs : la passion (au sens d’être passionné par ce que l’on fait), l’aventure et l’humain.

==== Ta cyber life ====

— tu tiens un blog sur le site de la bible du meneur de jeu mais tiens-tu d’autres blogs ? si oui lequels et qu’y racontes tu ?

En plus du blog de la Bible du Meneur de Jeu, j’ai également un autre blog plus personnel de voyages et d’humeur mais cela fait plusieurs mois que je ne l’ai pas mis à jour tellement j’ai été accaparé par d’autres projets.  Je suis également en réflexion et tests sur un autre blog dans le domaine du sport et de la forme, une autre de mes passions.

— Plutot twitter(identi.ca) ou facebook ? quelles utilisations as tu des deux ?

Les deux ! Préférence pour Twitter tout de même qui est moins « fouilli » que Facebook. Facebook est tellement « vaste » qu’on s’y perd un peu je trouve. Twitter c’est un peu plus simple sur le principe. Je me sers des deux à la fois à titre personnel et à titre professionnel (pour mon auto-entreprise Footbridge) à la fois pour échanger des idées, rencontrer des gens et parler de mes projets, de mes livres et de ce que je fais.

— Es tu addict au Net ? si oui tu as une ou deux anecdotes sur le sujet ?

J’ai deux addictions : internet et la salle de sport… à tel point que ce sont devenus mes deux critères de choix quand en déplacement je dois dormir à l’hôtel même si Internet prédomine. J’ai déjà dormi dans des hôtels sans salle de sport, mais avec connexion internet, par contre l’inverse ne s’est jamais produit ;-).

— Sur le net on peut te trouver où ?

Me lire ou en live ?

Pour me lire :

Pour m’avoir en live, le mieux c’est d’essayer Skype ou Facebook.

==== Le boulot ====

— Déjà, allez, profite en pour faire ta promo, explique nous ce que tu fais ?

Je suis auteur, créateur et éditeur de jeux de rôle, de jeux de société, de divertissement et de contenus informatifs en ligne. J’ai créé en septembre 2009 (un an déjà !) la structure Footbridge, mon auto-entreprise, sur laquelle je suis à plein temps depuis janvier 2010. Et les efforts ont payé car dans quelques jours sort la Bible du Meneur de Jeu, le premier ouvrage, un guide de conseils pour TOUS les meneurs de jeu de rôle sur table !

— Tu es diplomé des mines de Paris, tu as bossé en VIE en australie dans l’industrie optique et au final tu te lances dans l’édition de livre, c’est quand même un sacré grand écart non ? Il s’est passé quoi ? comment en es tu venu à plaquer un parcours pro qui apparement s’annonçait tout tracé pour partir à l’aventure ?

Il y a eu un vrai tournant en janvier 2009, quand un ami m’a recommandé de lire « The Four Hour Work Week » de Tim Ferris, un livre très connu outre-Atlantique, mais qui n’a pas vraiment percé en France. Cela a été un vrai choc. J’ai ouvert les yeux sur ma vie et je me suis dit « je ne veux pas travailler dans une usine toute ma vie, je veux faire ce que j’aime vraiment, ce qui me passionne ». C’est la passion qui m’a toujours guidé, et qui me guide toujours  aujourd’hui et se lever tous les jours pour travailler pour quelqu’un d’autre, sur un sujet qui ne me motive que moyennement, ce n’était tout simplement pas possible. J’avais depuis plusieurs années l’idée de créer mon entreprise, mais je me disais « plus tard, quand j’aurai l’expérience… ». Lire ce livre m’a fait réalisé : il est inutile d’attendre un hypothétique plus tard. Notre vie, c’est ici, c’est maintenant et il faut la saisir. C’est le pari que j’ai pris et c’est pour cela que j’ai décidé de tenter l’aventure.

— Il y a des différences ou des points communs, entre ta vie de salarié et ta vie de patron d’une maison d’édition ?

Il y a un point commun : les journées sont trop courtes !!!! Avant comme maintenant, les journées sont chargées, j’essaie d’être sur tous les fronts à la fois, et c’est parfois crevant. La différence, c’est qu’avant je finissais ma journée épuisé et dégoûté, maintenant quand je vais au lit le soir, je suis crevé mais heureux… Aussi l’autre différence, comme je suis à mon compte, je choisis où je veux travailler et quand je veux travailler, ce qui est un point positif. Un avantage certes, mais l’inconvénient c’est qu’il n’y a quasiment plus de séparation entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle…

— Quelle a été ta plus grande désillusion, ton plus grand coup de blues, ta plus grande galère au niveau de ta création d’entreprise ? tu les as surmontés comment ?

Des galères, il y a en a eu beaucoup !!! La création d’entreprise c’est un vrai parcours du combattant et il faut une détermination de fer pour y arriver. Il faut vouloir y arriver, car les obstacles sont nombreux, et donc aussi les opportunités de jeter l’éponge. Je pense qu’un moment de stress assez important a eu lieu quand j’ai eu mes devis définitifs pour l’impression de la Bible du Meneur de Jeu. J’avais eu des premiers estimatifs au mois de février et je m’étais basé sur ces chiffres dans mon business plan, avec un fournisseur bien précis sur lequel je comptais. Quand le livre était prêt à être envoyé à l’impression fin mai et que j’ai demandé une mise à jour des devis, le prix du papier avait augmenté, et le prix du fournisseur avec qui je voulais travailler initialement était passé du simple au double ! Un vrai coup dur. Pour le gérer, d’abord, j’ai médité bien calmement sur la situation, histoire de rester zen : dans ce genre de situation, mon premier réflexe normalement c’est de stresser et paniquer… c’est tout sauf productif ! Là j’ai donc essayé intérieurement de me calmer, j’ai relancé des demandes de devis, recalculé un peu mon budget et quelques semaine plus tard ai fini par conclure le deal avec un autre prestataire.

— Ta plus belle surprise, ton meilleur souvenir heureux, toujours au niveau de ta création d’entreprise ?

Le jour où j’ai été appelé pour faire ma première interview pour un site d’actualité sur les jeux de simulation (www.ikosa.net). C’était à peine plus d’un mois après le démarrage du blog et c’était vraiment la première fois que j’étais référencé par un gros site. A partir de là ça a attiré beaucoup plus de monde sur le blog et lancé la machine.

— Qu’est ce qui a changé entre la façon dont tu imaginais le boulot d’éditeur / chef d’entreprise le jour ou tu as pris ta décision de te lancer et aujourd’hui ?

Maintenant je suis beaucoup plus au fait des petits rouages de l’éditions et de comment fonctionne un projet éditorial. J’ai appris énormément lors du développement du projet et aujourd’hui je me considère plus comme un éditeur que comme un ingénieur.

— Si je te propose de remonter dans le temps et de tout changer, de rester salarié dans le domaine ou tu as eu ton diplôme, tu le fais ?

Pour rien au monde ! Je suis extrêmement heureux d’avoir fait ce grand saut et de faire aujourd’hui ce qui me plait vraiment. Je prend un risque mais je l’assume complètement.

— Et si je te propose de remonter dans le temps pour te donner à toi même un conseil, un seul, ça serait quoi ?

Demander un maximum de devis à l’avance et de différents fournisseurs afin de bâtir le business plan et prévoir de la marge pour éviter les mauvaises surprises.

— A ton avis, un chef d’entreprise, il doit avoir quoi comme qualités ?

Etre capable d’avoir différentes casquettes, être très débrouillard et avoir une détermination à toutes épreuves.

==== Ta vraie life, quand tu es pas au boulot ====

— Ton bureau chez toi il ressemble à quoi ? (si tu as une photo …)

J’ai pas de bureau ! Je suis sans bureau fixe. Quand je suis chez mes parents soit j’utilise le bureau de mon frère soit je m’installe sur la terrasse quand il fait beau (ce qui est rare dans le nord de la France).
Sinon quand je suis en déplacement il m’arrive de travailler vraiment n’importe où (cafés, fast-food…) j’ai appris à repérer les pancartes wi-fi sur les devantures.

— Tu es rôlistes, ça je le sais, tu joues à quoi comme type de jeux ?

A vraiment beaucoup de choses, en tant que MJ en ce moment c’est Mouse Guard (dont je rêverais de faire la VF un jour), Rippers, quelques univers maison.
En tant que PJ Ambre, Shadowrun, Vampire et INS.

— Et puis, pourquoi joues tu aux jdr ?

Parce que c’est le meilleur moyen de vivre la grande aventure avec quasiment rien : il suffit de son imagination. Cela me permet de faire ce que j’aime vraiment : raconter des histoires et faire rêver les gens.

— A part les jeux de rôles tu as quoi comme passion ?

Le théâtre, le sport, les jeux de société, les voyages et c’est déjà pas mal !

— Tu t’investis dans des trucs précis ? projet divers / art / asso ?

En jeu de rôle je suis secrétaire national de la FFJDR pour aider à faire connaître le jeu de rôle, je contribue également au site PTGPTB VF en les aidant à traduire les articles de fond.

— Si tu devais choisir un événement que tu as vécu, un seul, pour te definir, tu choisirais lequel ?

Je pense que ce serait ma participation à Fort Boyard tout récemment, même si la prestation de notre équipe n’a pas été exceptionnelle cela a été une expérience géniale et qui a rassemblé beaucoup de choses en moi : le goût du jeu, de l’aventure face aux caméras. Un moment dont je me souviendrais toute ma vie.

==== Question pour me faire mousser ====

— Est ce que tu lis le Mad Blog ou le jdr Mad Blog ? Pourquoi ? (que ça soit oui ou non)

Pour être tout à fait honnête non, je l’ai parcouru avant de répondre à cette interview et je pense que je vais rattraper un peu mon retard.

==== Allez, on a presque fini, quelques dernières questions pour vraiment te connaitre ====

— Tu es plus Val Kilmer ou Viggo Mortensen ? pourquoi ?

Incontestablement Viggo Mortensen, sans lui le Seigneur des Anneaux n’aurait pas eu la même saveur.

— Si tu devais choisir un bouquin, un bon film, une série cool, une série pourrie , un nanard, tu choisirais quoi ?

  • Le Seigneur des Anneaux
  • Inception
  • Buffy contre les vampires
  • Bones
  • Les chroniques de Narnia

— Ton pire souvenir scolaire ?

La cantine du collège, c’était vraiment infect, je tairais le nom de ce collège par décence.

— Quand je dis chaussette, tu penses à quoi en premier ?

Naheulbeuk mais je ne dois pas être le seul à vous avoir répondu ça.

— Tu es plus tripes à la mode de caen ou tartiflette ?

Ni l’un ni l’autre, mais à choisir ce serait Tartiflette.

— ton livre de chevet actuel ? Pourquoi ?

Une pile de JDR amateur, tous plus intéressants les uns des autres et que je dois dépouiller pour peut être ne sélectionner un à éditer bientôt.

— Le livre que tu as détesté lire et que pourtant, tu as fini ?

J’ai commencé à pratiquer l’art de ne pas finir les livres que je déteste pour éviter de perdre trop de temps !
Le dernier en date que je n’ai pas fini était Getting things done, trop théorique, trop chiant et trop orienté business classique.

==== Juste avant la fin, un peu de liberté ====

— Une question à laquelle tu aurais aimé répondre et que je ne t’ai pas posé ?

As- tu envie d’écrire un autre livre, là maintenant ?

— Et donc, la réponse ?

Actuellement je préfèrerais faire une traduction ou une édition d’un autre auteur plutôt qu’écrire un livre complet.

— Un coup de gueule à passer ?

Les distributeurs qui sont débordés et qui sont très très long à répondre aux e-mails…

— Un sujet qui te tient à cœur et dont tu veux parler à ceux qui lisent ton interview ?

La découverte du jeu de rôle : il faut impérativement faire sortir le jeu de rôle de son “enveloppe geek” et le faire découvrir là on où ne l’y attend pas. Les actions de la fédé vont dans ce sens. J’appelle donc tous les rôlistes à supporter la FFJDR que ce soit financièrement, matériellement ou sur le terrain en se portant volontaire pour cela envoyez un mail vous présentant à Contact@FFJDR.org

Le mot de la fin, en 17 mots ? (ce qui fait les 17 mots de la fin … )

On va essayer de le faire tenir dans cette plage, mais pas sur de vraiment y arriver.