Rationalisation de mes achats de livres.. ou pas.

Je suis un gros dévoreur de livre. Bon un peu moins depuis que j’ai découvert les flux RSS et que je ne suis plus étudiant, mais je continus à lire beaucoup, entre 2 et 5 bouquins par mois, plus quand je suis en vacances.

Mais si il y a un truc que je fais encore plus que de lire des livres, c’est en acheter. Je ne peux pas entrer dans une FNAC, une librairie, un magasin de BD/Comics, enfin bref dans n’importe quel  endroit où l’on vends des livres sans craquer et en acheter. Et cela vaut aussi bien pour les magasines dans les presses ou les bouquins de jdr dans les magasins spécialisés.

Résultat, mes étagères croulent sous les bouquins et mes piles de bouquin à lire ont tendance à s’agrandir non stop. Et régulièrement, je jure mes grands dieux que non, je n’achèterais plus de bouquin tant que je n’aurais pas fini ceux qui sont en attente. 2 semaines avant le salon du livre, c’est d’ailleurs ce que je disais mains sur le cœur à ma chérie. Résultat, 80 euros de bouquin au salon du livre …

Et puis, et puis j’ai bien cru que j’avais atteint un point de quasi non retour. Quand je me suis rendu compte que j’avais acheté deux fois la même revue (Usbek & Rica numéro 3) parce que n’ayant pas eu le temps de lire le premier exemplaire du tome 5, j’avais oublié que je l’avais acheté quand j’ai racheté le deuxième tome. [Bon du coup j’ai la chance d’avoir un des rare numéro 3 de cette revue imprimé à l’envers, mais totalement, il faut le lire en partant de la quatrième de couv et avec la tranche à gauche (donc tête en bas) ]. Là c’était sur, je n’achèterais rien de nouveau tant que je n’avais pas tout lu.

Et … je suis parti deux jours en déplacement à Paris, je suis allé faire un tour dans un de mes vendeurs de comics que j’affectionne et … j’ai acheté le dernier homme T1 (que j’ai lu immédiatement dans la nuit succédant mon achat).

Donc bon je crois que jamais je n’arriverais à stopper mon achat compulsif de livres. Il faut donc que je trouve une façon de toute de même arriver à diminuer la taille de ma pile de livre en attente …

Prendre 3 jours de congés par mois que je passerais dans une grotte à juste lire ?? Si vous avez des idées, je suis preneur 🙂

Liens de la semaine du 26 avril

Et op,  déjà un nouveau vendredi et donc, de nouveaux liens :

Web séries françaises

Le week end dernier sortait le dernier épisode de la saison 3 du visiteur du futur. Une excellente web série fr au départ faite en amateur (si je ne me trompe pas) et rapidement « récupérée » par ankama. Le principe de départ est tout con. Un mec du futur apparaît et tente d’empêcher le héros de faire un truc qui à l’air totalement débile en expliquant que ce truc débile va créer au final une catastrophe qui va détruire la terre ou presque (vive l’effet papillon). L’intrigue se complexifie rapidement, de nouveaux personnages apparaissent, les décors se multiplient, robots, zombies, et autres joyeusetés apparaissent (on sent bien d’ailleurs l’apport en sous d’ankama). Enfin bref, c’est une série que j’ai adoré suivre. Le principe de base est tout con, mais il est bien développé, c’est plein d’humour sans être lourd ou débile, l’univers se tient, il y a plein de trouvailles excellentes. Très fan j’en suis donc.

Vu que j’en suis a parlé web série, je vais continuer sur ma lancée.

Pour ceux qui auraient passer les dernières années dans une cave, je vais rappeler qu’il y a une web séries (fr toujours) qui parle de MMORPG et de gens pas tranquille dans leur tête qui s’appelle NOOB et qui est très bien (ils ont d’ailleurs sortis des BD autour de l’univers, j’ai le tome 1, ça se laisse lire, mais pas ultra transcendant). Donc voilà, si jamais vous aviez jamais entendu parler de NOOB, fonçaient regarder.

Enfin, il y a quelques mois sortaient une mini web série, la dernière série avant la fin du monde qui avait pour quasi unique décor le dernier bar avant la fin du monde. Alors j’adore ce bar (même si il a tendance à être un peu trop souvent totalement bondé et que bon la bouffe est à la fois chère et pas top du tout) et j’y traîne mes guêtres à quasiment tout mes déplacements sur Paris. Mais la série ….. bof. Voila. J’ai pas accroché à ce récit des six dernières heures du 21 décembre 2012, chaque heure étant un épisode, chaque épisode mettant en scène une catastrophe (zombies, ET, cube de gelée affamée). Et pourtant il y a pléthore de référence. Et pourtant il y a pléthore de guest à chaque épisode (dont des gens du visiteur du futur). Mais un lieu cool, des invités connus, des références à chaque phrase et des catastrophes de fin du monde ne suffisent pas à faire une bonne mini web série. Enfin à mon avis. C’est dommage, en plus j’étais vraiment parti avec l’optique ‘ouahhh trop bien une série dans le dernier bar, je vais être trop fan, trop cool’ He ben au final non. Tant pis. Mais allez la voir pour vous faire votre avis hein.

Retour sur ma nexus 7

En toute fin d’année, juste après noël, j’avais craqué et décidé que moi aussi je voulais une tablette et j’avais donc acheté une nexus 7. Pourquoi une mini tablette et pas une vrai tablette ? Alors on avait déjà à l’époque un Ipad à la maison (mais que bon, honnêtement je n’avais pas l’occasion d’utiliser trustait comme il était par ma chérie et ma fille) et il me semblait à la fois trop grand et trop lourd pour l’utilisation que je me proposais d’en faire.

Du coup, op nexus 7 achetée et reçue.

4 mois après, est ce que j’en suis satisfait ?

Alors oui et plus que oui. En fait ma nexus s’est totalement substitué à mon téléphone dans mon usage de service connecté quand je ne suis pas sur mon PC. Et ça arrive quand même de temps en temps que je ne sois pas accroché à mon PC. Parce que mon PC il est ben sur mon bureau. Et que quand je suis vautré dans mon canap ou sous ma couette, j’ai quand même envie de pouvoir lire mes RSS, traiter mes mails ou utiliser twitter. Chose que je faisais avant avec mon iphone. Mais qu’est ce que c’était petit comme écran et pas pratique du tout … Du coup là, la nexus 7 (en mode wifi par contre) me sert à tout. Butiner des news sur flipboard, twitter, utiliser trello, suivre les projets que je watch sur github,  aller sur irc, etc ….

Et la lecture ?

Alors pour tout ce qui est livre de poche classique j’ai toujours ma liseuse. Et je n’envisage pas de lire des poches sur la nexus. Parce que bon ma liseuse est tout de même bien plus légère et l’écran moins fatiguant. Par contre la nexus est parfaite pour lire les pdf (qui passent mal sur liseuse) et surtout les pdf couleurs. Avant d’avoir la nexus, je n’achetait quasiment aucun bouquin technique en pdf ni aucun livre de jdr en pdf parce que ça me gonflait de lire sur mon ordi. Maintenant c’est naturel (et même pire, je préfère la version numérique à la version papier). Et du coup, je suis encore plus content d’avoir choisi une mini tablette 7 pouce et pas une grosse 10 pouces. Parce que la différence de poids change tout je trouve. (même si du coup je ne peux pas avoir les pages en taille normale)

Et les jeux ?

Ben en fait, je ne joue quasiment pas sur ma tablette. Pas qu’il n’y est pas un max de jeu disponible dans le google play. Mais non, ça ne me tente pas. Au final quand je joue sur mon téléphone, c’est genre du super casual, 3 minutes dans le métro ou autre et ce n’est pas des moments ou j’ai vraiment envie de sortir ma tablette. Donc du coup, jouer n’est pas du tout un usage que j’ai. Bon j’aurais bien joué à SpaceOrigin avec chrome, mais manque de bol, le jeu tourne pas sur tablette ….:)

Liens du 19 avril, les voila

Op op op, petite semaine au niveau des liens, ça sera peut être mieux la semaine prochaine (et je n’ai pas mis de liens sur Boston, il y déjà trop de choses sur le sujet partout sur le net (dont certains très nauséabonds).

Hum en fait, non, il y en a pas mal des liens pour cette semaine ………

Ha et comme d’hab le lien Shaarli avec le filtre pour avoir que les liens de la semaine

Liens du vendredi, le 12 avril !

Et op, deuxième semaine, on tient le bon bout, les liens du vendredi, c’est reparti :

Et pour finir le lien direct vers le shaarli de la semaine.

Coups de cœurmics !

Après avoir découvert Fables il y a quelques mois (et en être de plus en plus fan à chaque tome, si vous n’avez pas encore suivi mes conseils courrez donc l’acheter, si vous êtes géographiquement proche de moi, demandez, je vous les prêtes), j’ai depuis découvert deux nouveaux cycles qui sont juste excellent.

Magicien_Oz

Le magicien d’Oz en comics. C’est le vendeur d’un magasin de comics parisien (le Comics records ) qui me l’a conseillé. (Alors qu’au départ je n’y étais allé que pour acheter Fable T5). Le character design des personnages est juste excellent. Dorothée est parfaite, exactement comme j’avais pu l’imaginer la première fois que j’ai lu le bouquin. Le tome 1 du comics raconte tout le livre le magicien d’Oz, le tome 2 c’est toujours les aventures de Dorothée, mais d’autres aventures. Il y a a priori au moins 4 tomes (Et du coup, je me prends à espérer qu’un jour, Alice au pays des merveilles sera aussi adapté en comics, en espérant la même super qualité). [Pour ne rien gâcher, j’ai pu croiser le dessinateur au salon du livre (il m’a du coup dédicacé le tome 2) et il est super sympa. J’ai même réussi à lâcher 2 phrases en anglais pour lui dire que j’adorais vraiment son travail et ses chara design ]

 

 
sagaSAGA.  j’ai découvert Saga, aujourd’hui même, en déambulant [bon ok je venais pour acheter Fable T6) 20 minutes à la FNAC des Halles (j’ai aussi découvert, toujours à la FNAC, les magnets en forme d’arrière train de chats, mais bon, j’essaie d’oublier ….). Saga donc. Un comics de SF super bien dessiné. Une histoire qui semble démarrer classiquement [deux peuples qui se font la guerre dans toute la galaxie, un couple qui se forme elle d’un camp, lui de l’autre, un bébé qui naît avec les attributs physiques de ses deux parents (la maman est ailée, le papa cornu) et tout le monde qui veut leur peau, dont des chasseurs de primes].  Mais malgré cette trame qui semble classique (et puis façon, c’est bien aussi les choses classiques) c’est une vraie révélation. Déjà l’idée d’avoir le bébé qui adulte raconte l’histoire en temps que voix off est bien trouvée. Ensuite, c’est juste plein de bonne idées : un peuple robot complètement louche dont on ne sait pas d’où il vient, des chasseurs de primes, des fantômes, de la magie, etc …..
Et puis surtout un dessin juste, beau, propre. Vous l’avez compris, je suis totalement fan et pourtant je n’ai lu [oui direct dans le train, je vous ai dit que j’ai accroché] que le tome 1 (le seul sorti pour l’instant). Là aussi, courrez l’acheter et si vous être proche, empruntez moi le ! (Et le fait que l’héroïne (la maman) s’appelle Alana, comme mon personnage de Polar Geek n’a rien à voir avec le fait que ce comics soit ultra bien !)

Space Origin, retour sur un MmoWeb prometteur et son Alpha 3

Je joue au MmoWeb depuis longtemps, trop longtemps peut-être. Je suis tombé dedans en avril ou mai 2001 lorsque j’ai découvert Fondation, un jeu directement tiré du cycle d’Asimov (et qui a été lancé en février 2001). Depuis je n’ai pas arrêté de jouer à différents MmoWeb , y jouant même parfois plus qu’à de vrai MMO.

Mais l’âge et le boulot aidant, cela faisait quelques années que je n’avais plus vraiment cliqué de la souris sur un tel jeu. (Je ne compte pas les heures passés à browserQuest comme étant du mmoWeb)

Du coup, quand j’ai découvert SpaceOrigin sur twitter, je me suis dit pourquoi pas. Et j’ai lâché des sous sur Ulule pour leur petite campagne de trouvage de sous sous. (J’en reparlerais tout à l’heure).

Du fait de mon statut de Ululeur, j’ai donc eu le droit de tester le jeu pendant 20 jours d’Alpha. On a donc un jeu qui utilise le schéma assez classique des ‘actions lentes’. Vous pouvez jouer autant que vous voulez (pas de mécanismes de point d’actions) mais les choses prennent du temps à faire. Construire un bâtiment niveau 1 c’est quelques secondes, passer un bâtiment niveau 9 au niveau 10, c’est énormément de ressources mais aussi 2h. Mécanisme classique donc et si on ne farme pas du monstres, on farme des ressources, avec ses mines. Mais au moins, elles le font toutes seules, pendant qu’on dort par exemple.

Mais il faudrait peut-être que je présente le jeu. Ici tout se joue dans un système planétaire (pour l’alpha uniquement deux planètes étaient jouable).  Vous aurez le choix entre, à priori, trois races, une orientée bourrin, une défense et une recherche scientifique. Et vous allez devoir faire prospérer votre petite base, en construire une autre, faire des quêtes, vous battre contre les autres joueurs, faire des guildes et surtout faire de la politique.

Parce que SO (le petit nom de Space Origin) est à mon avis un jeu axé sur la politique. Vous pouvez vous présenter aux élections pour devenir empereur ou ministre, vous pouvez voter, faire des campagnes, des discours, etc. C’est à la fois un bon moyen d’être sur d’avoir une durée de vie assez longue (vu que c’est les joueurs qui créent le contenu) mais c’est aussi un quitte ou double. Avec des joueurs de type Kevin WoWesque, ça ne va pas voler haut et au revoir les joueurs … Enfin, on verra bien et puis j’aime bien les jeux orientés politiques (mais j’espère que la partie exploration et surtout négoce marché sera suffisamment abouti pour permettre un vrai plaisir de jeu)

Concernant le jeu en lui même, pour une alpha, moi qui est l’habitude des béta privés MMO, il était plutôt bien ficelé. Alors oui il y avait des bugs (et de jolie trace javascript ou json en popup), oui le mécanisme de marché est à mon sens à revoir parce qu’en l’état inutile et contre-productif [Ben oui pourquoi me faire chier à vendre ou acheter aux autres joueurs et devoir attendre que les vaisseaux cargos fassent des heures de voyage alors que je peux acheter / vendre de manière instantané, pour un meilleur prix sur la place de marché ‘gouvernementale’, mais n’empêche, le jeu se tenait plutôt bien, l’arbre des technologie étaient déjà pas dégueu du tout, et surtout, mais surtout, l’équipe en face à gérer comme des pros. Alors ok, animer un jeu avec 220 joueurs c’est pas comme animer avec une communauté de 2000 ou 5000. Mais un chan irc avec des dev sans arrêt présents, des bugs corrigés rapidement et des events les uns après les autres, certains clairement prévus d’autre à priori créé au dépotés en fonction des actions des joueurs, ben perso je dis chapeau. Et cela présage, enfin j’espère d’une sortie avec du contenu et des équipes de GM à l’écoute et qui ajouteront des choses de manières régulières. Bon j’avoue que j’espère également la version finale proposera plusieurs forme “d’empire” possible, démocratique, tyrannique, pkoi pas une théocratie ?, ou un système où son nombre de voix dépends de sa fortune, etc… [Et donc différente façon à chaque fois de conquérir le pouvoir suprême] possible et que l’on pourra choisir son implantation en fonction de cela.

Je vous ai donné envie de tester ? Alors ben il va falloir attendre l’alpha vient de se terminer. Mais par contre une béta est prévue (en juin il me semble) et là il va falloir beaucoup plus que 220 joueurs, donc vous avez toutes vos chances pour tester SO.:)

Avant de terminer mon billet un petit point sur les skills de communicants / marketing de l’équipe de SO. Là rien n’a dire. Des interviews sympas (ici et ici)  au milieu de l’alpha pour faire parler d’eux et montrer le jeu  et surtout une campagne ulule qui était (toujours à mon avis) une excellente idée marketing.

Je m’explique.

La souscription Ulule avait un montant de 2500 euros. Autant dire, pour un studio de dev de 15 personnes (même si oui tout le monde est pas forcément à plein temps, etc etc, mais prenons même juste 5 personnes), c’est ridicule comme somme. Comparé à ce que doit sortir une société de 5 ( ou 15 personnes). Donc un petit montant qui du coup permettait de présager d’une réussit de la souscription. Mais une souscription qui a eu, AMHA, de faire parler d’eux. Moi clairement sans la souscription Ulule, je n’aurais jamais entendu parler de SO, je ne leur aurais jamais donné de sous, je n’aurais pas joué à l’Alpha 3, je n’aurais pas RT leur tweets, etc etc …

Pour moi au final, leur souscription Ulule était plus une action de communication qu’un moyen de récupérer des fonds (même si on crache jamais sur des sous, on est d’accord). Et ce fut un succès, une idée géniale. Qui en plus a permis de fédérer un noyau dur de Ululeur qui seront autant d’évangéliste pour SO. Juste brillant ! (et si je me trompe, et ben tant pis, c’était quand même brillant comme stratégie des communication, même si c’était pas fait exprès ! )

 

Allez op, une petite vidéo de découverte du jeu :

Les liens du vendredi sont de retour ! les liens du 5 avril

Et revoici le retour des liens du vendredi, pour votre plus grand plaisir (à moins que cela vous en touche une sans faire bouger l’autre … 🙂 ) :

Pour finir, si vous voulez retrouver le Shaarli avec la bonne recherche de tag, le liens c’est part ici 

Et un dernier lien, autopromo, en final, le dernier épisode de mon polargeek , courrez le lire !!! 🙂

Liens du vendredi, shaarli et google reader.

Deux choses sans grand rapport se sont télescopées la semaine dernière :

  • on m’a redit que mes liens du vendredi c’était cool et que c’était mieux avant quand je les publiais
  • j’ai longuement réfléchi à une solution pour remplacer google reader et ma gestion des favoris RSS.

Pour les liens du vendredi, j’avais quand j’en avais eu marre de ne faire que des billets tout les vendredis (ce qui est assez nul en terme de réutilisabilité des contenus et de recherche), j’avais essayé d’utiliser scoop.it. Mais en fait, c’était assez merdique autant pour ceux qui voulaient suivre les liens que pour moi (j’ai d’ailleurs totalement arrêté d’utiliser ce truc, même en temps que simple lecteur). Cette fois-ci, j’ai décidé de reprendre un billet récap tout les vendredi mais de déployer en même temps un shaarli qui me permettra de stocker les liens au cours de la semaine (en les tagguant du numéro de la semaine) et de pouvoir faire des recherches si nécessaire, si je veux retrouver un lien que j’ai partagé dans les mois précédents (le shaarli est d’ailleurs déjà dispo à cette jolie URL).

Ce déploiement de shaarli m’a fait réfléchir à l’utilité que j’ai des favoris dans mes rss. Et au final, ce que je veux pouvoir, c’est faire des recherche quand je suis sur mon PC. Je n’ai donc pas besoin d’avoir un partage de cette liste entre mes différents terminaux (alors qu’il me faut absolument un partage du tag Lu/Non Lu entre mes différents terminaux) mais uniquement de pouvoir l’avoir quand je suis sur mon PC, connecté au Net.

Je me suis alors dit que déployer un Shaarli en local pourrait me servir ultra facilement d’à la fois gestion de bookmark agnostique au niveau navigateur(et enfin avoir des bookmarks avec des tags et pas limité à une arborescence classique) et de gestion de favoris de RSS.

Le seul problème était de comment basculer mes 700 liens RSS favoris dans mon shaarlink tout nu ? Le plus simple fut encore de le faire moi même:). Et cela a donné ce petit script python que j’ai push sur github.

Donc à vendredi pour une nouvelle fournée de liens !:)

Piratage en blouse blanche (épisode 4, The FINAL)

Comme annoncé sur twitter voici le quatrième et dernier épisode de mon premier PolarGeek, quand je vois que j’ai écrit le premier épisode le 24 janvier 2010, je me dis que j’ai vraiment, mais vraiment été long pour écrire les épisodes suivants … Enfin, j’espère que vous prendre autant de plaisir à lire ce dernier épisode que ce que moi j’en ai pris à l’écrire. (D’ailleurs je me suis tellement amusé à me remettre dans la peau d’Alana que je pense que je vais réfléchir à un deuxième polargeek avec elle 🙂 ). Je profite de ce petit chapeau introductif pour remercier ma chérie qui a eu pour difficile tâche de relire chacun des épisodes et qui a tenté de corriger toutes les fautes que je pouvais y laisser. (Si vous en trouvez encore, c’est simplement qu’il y en avait trop pour qu’elle les trouve toutes 🙂 ). Avant de me lancer dans un nouveau polargeek (en espérant qu’il ne me prenne pas 3 ans à nouveau), possible que je retravaille celui-ci et que je le publie en un seul billet .. A voir .. Sur ce, bonne lecture !

 

Et comme Matthieu n’avait pu m’accompagner, j’avais du cette fois-ci affronter les transports en commun pour me rendre sur place. Les presque deux heures qu’il m’avait fallu pour arriver jusqu’à l’immeuble de LearnMore n’allait sûrement pas améliorer l’humeur de Carpendar. Murphy avait l’air de m’avoir à la bonne…
Carpendar me fit lui bien attendre une heure à la porte de son bureau, heure que je passais, comme les deux précédentes, à essayer de comprendre, de trouver une explication. Enfin, il me fit entrer dans son bureau. Il était debout, face à la fenêtre, regardant au loin. Il se retourna quand j’entrais. Je voulus parler, poser une question mais le regard qu’il me lançait me coupa les mots. En une seconde, mon imagination débridée me fit voir ce qui pourrait se passer si Carpendar était un maniaco-dépressif refoulé et que ce nouveau piratage l’avait fait complètement disjoncté.
“Vous avez deux semaines Mademoiselle Oscar”, me lança-t-il. “Si vous n’avez pas de réponse satisfaisante à m’apporter, LearnMore et le groupe Horizon vous attaqueront en justice. Vous ne nous en relèverez pas et vous passerez le reste de votre vie à tenter de payer les dommages et intérêts que vous nous devrez. Monsieur Tave vous attend, au revoir”.
Et il se retourna à nouveau, regardant dans le vague, attendant que je m’éclipse.

Le temps passé dans l’ascenseur me permit de reprendre un peu mes esprits. La boule d’incompréhension, de honte et de stress qui me serrait les entrailles ne m’empêchait presque plus de réfléchir. Qu’est-ce qui s’était passé ? Qu’est-ce que je n’avais pas vu ? Toujours les mêmes questions depuis presque 4 heures maintenant.

Quand j’arrivais dans le bureau de Tave, celui-ci était presque aussi catastrophé que moi. “Si vous ne trouvez pas de solution d’ici deux semaines, Carpendar me vire pour faute lourde et négligence”, me dit-il les mains tremblantes et le regard terrifié. “Et il a promis qu’il me traînerait moi aussi en justice. Nous avons donc intérêt à trouver votre pirate. Il va falloir que l’on reprenne tout pour trouver ce qui m’a échappé. Tout d’abord Mademoiselle, je crois qu’il faut que je sois totalement franc avec vous”, confia Tave d’une petite voix pleurnicharde. “Mais vous devez me promettre de ne rien dire à Monsieur Carpendar”, rajouta-t-il. J’acquiesçai en levant les yeux au ciel.
“Voilà, lorsque les piratages ont commencé, je me suis rendu compte que le mot de passe du compte administrateur principal n’avait pas été changé au moment où l’ancien administrateur réseau, Monsieur Bates, avait cessé de travailler pour LearnMore. Plus grave, son compte utilisateur sur l’application Nbates, qui avait lui aussi les droits administrateurs, n’avait pas été désactivé. J’en ai déduit que c’était lui le responsable. J’ai donc changé le mot de passe du compte administrateur principal et j’ai désactivé son compte. Je lui ai également écrit un mail pour lui dire que je savais ce qu’il avait fait et que s’il recommençait, il aurait des problèmes. Je n’ai jamais eu de réponse mais quand les piratages ont recommencé, j’ai paniqué et je n’ai plus osé en parler.”
Je ne sais pas comment je réussis à ne pas lui planter mes ongles dans les yeux ou à partir dans un grand fou rire hystérique. Et sa tentative d’imitation du regard du Chat potté n’avait pas vraiment pour effet de me calmer. Je dus me répéter de nombreuses fois qu’en prison il n’y avait pas de connexion Internet pour réussir à garder mon calme.
“Vous êtes un abruti, cela, je n’avais pas réussi à le retenir.
– Mais je…, commença-t-il, d’une voix pathétique.
– Stop, je ne veux rien savoir, vous avez fait votre boulot de la manière la plus merdique possible et comme un gamin, vous avez espéré qu’en cachant vos conneries sous le tapis, cela ne se verrait pas. Et à cause de vous, je risque de perdre mon job. Vous êtes un véritable abruti, point. Maintenant, il va falloir arriver à comprendre comment il récupérait les mots de passe…. Je réfléchis quelques secondes. Vous avez bien laissé les configurations du VPN telles que je les avais faites ?
– Oui.
– Nous pourrons au moins voir d’où viennent les connexions. Maintenant montrez-moi la procédure de modification d’un mot de passe.
– Bien, me répondit-il. Vous voulez que je modifie quel mot de passe ?
– Peu importe, celui de l’administrateur par exemple, mettez celui-ci. Je griffonnais rapidement une suite de 17 caractères.”
Tave commença par aller modifier l’application comme je m’y attendais. Et puis il ouvrit un fichier Excel présent sur le réseau. Un fichier nommé Maitre_Des_Clés.xls et qui contenait…. Mon Dieu… Tous les mots de passe en clair. Alors que je tentais de pas mourir d’une attaque là tout de suite, il alla tranquillement à la ligne administrateur applicatif et modifia le mot de passe. Puis sauva le fichier. Et se retourna fièrement vers moi.
– “Voilà c’est fait !
– Mais… Vous venez de mettre le mot de passe dans un fichier en clair ?
– Oui, c’est la procédure. C’est pour ne pas être bloqué si on venait à en oublier un ou si la personne qui les connaît était indisponible à un moment où il faudrait les utiliser. C’est un dispositif de sécurité vous voyez ?
– De sécurité ! Je savais que ma voix montait dans les aigus, mais c’était trop dans la même journée. Mais vous êtes totalement débile ! C’est comme cela qu’il a toujours eu les mots de passe votre Monsieur Bates là !
– Ne m’insultez pas ! Et ce n’est pas possible, ce fichier est sur le serveur de sauvegarde et ce serveur n’est pas accessible à travers le VPN, il faut être branché physiquement dans l’entreprise.
– Donnez-moi un accès physique à la machine, nous allons voir !”
Je fulminais littéralement. La colère mène à la haine et la haine à la souffrance, je ne le savais que trop bien, mais là, ce n’était pas possible d’étouffer ma colère. Alors que je le suivais dans les couloirs de LearnMore, impatiente de vérifier que j’avais raison, je cherchais une Lucky Strike dans mes poches.
“Vous ne pouvez pas fumer ici !, me lança-t-il lorsqu’il vu ma Lucky alors qu’il se retournait pour vérifier que je le suivais bien.
– Je ne compte pas fumer, cela me calme de l’avoir entre les doigts, c’est cela ou vous étrangler lentement avec un câble”. Vu le regard qu’il me jeta, j’eus presque alors l’impression qu’il me croyait capable de mettre mes paroles à exécution.
Nous arrivâmes enfin dans la salle blanche du bâtiment. Comme beaucoup de salles blanches que j’avais pu arpenter, elle était à la fois bordélique et sur-dimensionnée pour les besoins de l’entreprise. A croire que cela flattait l’égo des DSI d’avoir autant de puissance sous le pied, même si ce n’était pour ne pas l’utiliser. Enfin, ce n’était pas le moment de rêver à ce que je pourrais faire avec la puissance de ces beaux bébés. Tave, sûr de lui, enfin autant que possible, m’amena jusqu’à une console administration de baie. Consultant le post-it collé sur le montant de la baie, il retrouva les login et mot de passe du serveur de sauvegarde et s’y logua.
“Je ne comprends pas pourquoi vous voulez un accès physique sur le serveur, je vous dis qu’il n’est pas accessible à partir du VPN.
Sans répondre, j’ouvrais un navigateur Web et tapais rickrolled.fr. Lorsque la page Web s’ouvrit, je me retournais.
– Et voilà.
Je vis au regard qu’il me lança qu’il ne comprenait rien.
– Le serveur de sauvegarde a accès au net. Je vous parie que l’on va trouver, bien caché, un petit programme qui envoie par mail, à intervalle régulier, le fichier que vous avez modifié.
La lumière se fit dans son esprit et il se décomposa un peu plus que ce qu’il ne l’était déjà.
– Oh mon Dieu… Que va-t-on faire ?
J’avais presque envie de citer un dessin animé de ma jeunesse, à la place je me contentais de sourire.
– Le contrer.”
Quelques heures plus tard, j’appelais Matthieu.
“Dis, tu veux bien me rendre un service ?
– Ça dépend.
– J’aurais besoin que tu me prêtes le van pour quelques jours.
– Hum OK mais ça va te coûter un dîner.
Je réfléchis à peine.
– D’accord, mais tu me l’amènes devant LearnMore.
– T’exagères ! Bon j’arrive. Mais t’as intérêt à me le rendre dans l’état où je te le prête.”

Des coups tapés sur la porte arrière du van me réveillèrent en sursaut. Me levant tant bien que mal de la couchette aménagée sur l’un des côtés, je regardais à travers la vitre teintée. C’était Matthieu. Je lui ouvris la porte arrière et le fis entrer rapidement.
“Non mais ça va pas, tu veux qu’il repère le van ?
– Merci je vais bien et toi ?
Il me lança un regard dubitatif.
– Tu es restée dans mon van depuis trois jours ? Non stop ? Parce que je crois que t’aurais besoin d’une douche.
– Oui mais je peux pas me le permettre, la douche ça attendra que j’ai pris ce fumier sur le fait.
– Écoute, il n’est même pas sept heures du mat, tu crois vraiment qu’il va faire ce que tu attends qu’il fasse de si bonne heure ? Je suis venu en bagnole, fait un saut chez toi et profite d’une heure pour redevenir humaine.
– Comment ça redevenir humaine ?
– Non mais c’est juste un conseil hein, je surveille à ta place si tu veux et à ton retour tu m’expliqueras pourquoi tu surveilles la maison d’un inconnu.
– Non, je ne préfère pas m’absenter, je suis sûre qu’il va justement partir à ce moment là. Et puis bon, si la couchette n’était pas aussi inconfortable, je n’aurais pas autant l’air d’une zombie.
– Tu ne te plaignais de la couchette il n’y a pas si longtemps et pourtant à l’époque on était deux à y dormir.
Un ange passa, lentement, très lentement. Un deuxième le suivit.. Le troisième arrivait lorsque je me décidais.
– T’as raison, je vais aller prendre une douche rapide, appelle-moi s’il bouge de chez lui et suis le.”

Murphy me laissa tranquille pour cette fois. Et moins d’une heure plus tard, j’étais de nouveau assise dans le van de Matthieu à attendre que le pirate du dimanche que je surveillais depuis trois jours fasse ce que j’attendais qu’il fasse.
“Bon tu m’expliques ?” osa Matthieu.
Je lui expliquais donc. En version rapide. Les piratages à répétition, mon incompréhension et puis la révélation. Il récupérait les mots de passe grâce à un programme de sa confection qu’il avait mis sur le serveur de sauvegarde. Il l’avait bien caché mais j’avais fini par le trouver. Il envoyait le fichier des mots de passe tous les jours à 17h30. L’heure était bien trouvée, cela permettait de ne pas laisser de traces trop visibles. Une fois que j’avais compris sa façon d’avoir les accès, il n’y avait plus de mystère. Il se connectait ensuite sur le VPN puis à travers celui-ci à tout ce qu’il voulait.
“Mais cela ne m’explique pas ce que l’on fait ici ? rétorqua Matthieu.
– J’allais y venir, tu le saurais déjà, si tu ne m’avais pas coupée.
Matthieu leva les yeux au ciel, mais ne dit rien.
– Avoir compris comment il faisait ne suffit pas, il faut que je le prenne sur le fait. J’ai étudié les logs du VPN. Les seules connexions que je n’ai pu relier à des domiciles d’utilisateurs autorisés proviennent de fast food qui se trouvent à proximité de chez lui. Il est très prudent, il change de lieu à chaque fois et n’utilise jamais un point d’accès à moins de dix kilomètres de chez lui. Mais cela ne suffira pas pour qu’il s’en sorte. Parce que je lui ai tendu un piège.
Je laissais passer quelques secondes pour ménager mes effets.
– Je suis sûre qu’il n’y résistera pas. J’ai demandé à son incompétent de remplaçant de lui écrire un e-mail. Celui-ci lui le supplie d’arrêter de venir modifier des questions. Il lui dit que sinon il va perdre son emploi, qu’il va être attaqué en justice par LearnMore, etc. En plus de cela, je lui ai fait modifier tous les mots de passe et cela sans arrêter le petit programme qui envoie le fichier des mots de passe. Je suis sûre qu’il ne résistera pas à faire virer Tave. Et au moment où il se loguera sur le système, je loguerais tout ce qui se passe sur la borne Wifi de l’endroit d’où il se connectera. Et hop, allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne recevez pas 20 000.
– Hum, et ça n’aurait pas suffit de simplement lui interdire de se connecter en arrêtant son truc qui lui envoyait les mots de passe ?
– Oui, j’aurais pu faire ça, mais ses anciens employeurs ne pourraient pas le traîner en justice et qui sait, il a peut-être d’autres petits programmes fouineurs qui tournent sur d’autres machines…
Matthieu sourit doucement.
– Dis plutôt que tu veux l’avoir, que tu veux qu’il sache que tu as compris et que c’est toi qui a gagné totalement.”
Ne préférant pas répondre, je me concentrais sur la surveillance de celui qui était devenu mon ennemi.

Quelques heures plus tard, alors que je somnolais à nouveau seule dans le van, il finit par se manifester. Sa voiture, un peu trop voyante, typiquement dans le mode je fais ma crise de la quarantaine alors que je vis encore chez maman, sortit doucement de son garage.
“Viens voir maman”. J’embrayais lentement et me mis à le suivre espérant que cette fois c’était la bonne et qu’il n’allait pas acheté son pain ou faire des courses comme lors de ses précédentes sorties. Mais il semblait que j’avais de la chance. J’appelais Tave sur son portable.
“Je crois que c’est pour bientôt. Préparez-vous à  faire ce qu’on a prévu quand je vous le dirais.
– Bien, j’espère que votre stratagème va marcher, s’il modifie encore une fois les choses et que Monsieur Carpentar apprend que nous l’avons laisser faire volontairement, nous sommes cuits”, me répondit-il visiblement terrorisé.
Et c’était vrai. Obnubilée par la sensation de la traque, par l’envie de gagner, je me demandais, à présent que les conséquences possibles m’apparaissaient clairement, si je ne m’étais pas laissée emporter.
“Ça va marcher, ne vous inquiétez pas, soyez juste prêt à activer la nouvelle configuration du VPN à mon signal. Restez en ligne, il se gare.”
Il se garait en effet sur le parking d’un fast food. Il sortit de sa voiture, laptop sous le bras.
“Banco”, murmurais-je. Je savais que je souriais. Il était à moi, ma proie.
Garant le van un peu en vrac, je me dépêchais de rentrer dans le fast food et de m’installer à une table. Bates faisait la queue, comme si rien n’était. J’en profitais pour vérifier que j’enregistrais bien toutes les communications qui passerait par la borne d’accès Wifi du fast food.
“Tout est bien en place, Tave ? Ça va commencer, tenez moi au courant.
– Oui oui, je surveille, je surveille.”
Il était terrorisé, j’espérais qu’il n’allait pas me lâcher. Je lui donnais l’IP du point d’accès du fast food et lui demandais d’attendre.
Bates s’assit, posa son plateau, ouvrit son laptop.
“Ça commence.
J’observais mon écran, regardant le peu de trafic Wifi. Il se connecta enfin à la boite mail qui recevait les mots de passe.
– Il a les mots de passe Tave, préparez-vous.
– Je suis prêt, je ne vois rien de mon côté.
Je scrutais mon écran.
– Là ! Il se connecte au VPN, Tave, vous le voyez ?
– Oui, je vois sa connexion, il se connecte au backoffice, il va se loguer.
– Attendez qu’il se soit logué.
– Il y est, je regarde où il va. Tave s’affola. Il va dans la partie de nettoyage de l’application, qu’est-ce qu’il veut…
Je savais ce qu’il voulait faire, supprimer la totalité de la base. Je coupais Tave.
– Coupez tout, maintenant !”
Je n’eus pas besoin de savoir qu’il avait fait.
Le générique d’un vieux dessin animé, dont le personnage principal portait le même nom que moi résonna dans le lieu. Je souris en imaginant ce qu’il y avait affiché sur son navigateur à ce moment là. Une page Web vide, avec au centre “You Got Owned by Alana”.

Je me levais, rejoignis sa table.
“Bonjour Monsieur Bates. Je pense que nous avons à parler tous les deux.”

Un pub. L’un de mes pubs préférés. Calée au fond de la salle, à une petite table qui était devenue ma petite table, bercée par la Guinness, je me laissais noyée par le bruit ambiant et la musique un peu trop forte tout en observant les gens.
“Je savais que je te trouverais ici, tu viens toujours ici quand tu déprimes et que tu ne veux pas parler aux autres.
Matthieu se tenait en face de ma table, un air vaguement soucieux sur le visage.
Je finis le fond de ma pinte avant de répondre.
– Je ne déprime pas du tout, je médite en observant les gens. Regarde la table du fond par exemple, dis-je en montrant une table de quatre occupés par un couple et leur petite fille. Elle doit avoir quoi deux ou trois ans et elle est déjà attablée dans un bar. Et lui est complètement accro à son téléphone, ça en est risible. Je suis quasi sûre que c’est pour ça qu’ils sont à une table près des fenêtres, pour pouvoir capter la 3G.
Matthieu secoua lentement la tête avant de s’asseoir en face de moi.
– Vas-y, fais la maligne, mais je sais très bien que ça va pas. Et, j’avoue que je ne comprends pas pourquoi tu déprimes. La dernière fois que l’on s’est parlés, tu  avais réussi à attraper ton pirate de serveur, il se passe quoi ? Il a été plus malin que prévu ?
Je le fusillais du regard tout en faisant signe au serveur irlandais de m’amener une nouvelle pinte.
– Non, il n’a pas été plus malin. Je l’ai coincé, et avec la manière.
– Oui je sais, tu nous avais raconté. J’aurais bien voulu être là, mais alors qu’est-ce qui ne va pas ?
– Je l’ai revu, lors de mon dernier passage chez LearnMore.
– Ah bon ? Qu’est-ce qu’il faisait là-bas ?
– Je vais te dire, quand il m’a croisé, il a tenu à me l’expliquer, tellement il jubilait.
Je descendit une grande goulée de bière et repris mon souffle.
– En fait, après s’être fait virer, il s’est fait embaucher par une boite concurrente de LearnMore. Elle n’était pas au courant qu’il s’amusait à pirater LearnMore, mais ce salaud a abouti à un accord avec LearnMore
– Ah ?
– Oui, il ne le poursuive pas mais en échange il devient leur taupe là-bas. Il récupère des informations, fait en sorte qu’il y ait sans arrêt des petits problèmes, etc. Et le pire, et il était tout fier de me l’annoncer, c’est que LearnMore lui a fait un joli petit chèque en plus, pour s’assurer de sa loyauté.
– Mais merde, c’est pas possible, tu vas faire quoi ?
– Rien.
– Comment ça rien ? Tu ne peux pas laisser passer ça Alana !
– Parce que tu crois que ça me fait plaisir ? Quand il m’a dit ça, je suis de suite allée voir Carpentar, pour lui dire que j’allais rendre publique toute l’affaire. Mais il m’a menacée de poursuites, de destruction complète de ma réputation. Et je ne peux pas me le permettre. Je ne suis pas de taille. Leurs avocats me détruiraient, je n’aurais plus jamais aucun client, plus personne ne voudrait même m’avoir en tant que salariée…
– Saloperie.
– Pas mieux.
– Allez, je t’offre la prochaine.”