Jan 242010
 

Voilà le premier épisode de ma contribution à Polar Geek. Je sais, c’est très court. Mais ce n’est que le premier épisode, une petite scène d’ouverture pour présenter les personnages. Et puis c’était histoire de me mettre en jambe, avant d’attaquer les choses sérieuses. J’espère en tout cas que ce premier épisode vous plaira (et les suivants encore plus). Allez hop, place à Polar Geek (j’espère trouver rapidement un nom pour cette histoire) :

Je déteste les matins, et encore plus les lundi matins. Surtout que depuis peu, pour réduire les coûts, j’ai installé mon bureau dans mon petit chez moi. Je ne peux donc même plus rester à trainasser en nuisette le lundi matin. Bon d’accord, je ne mets que des pyjamas. Mais le problème reste le même. Le lundi matin est, j’en suis certaine, le premier des cercles de l’enfer. Une espèce d’avant goût de ce qui attend les méchants. Du coup, je croise les doigts pour avoir le droit de faire la bise à Saint Pierre.

Voilà à peu près les pensées qui me trottaient la tête ce matin là. Toute à ces joyeuses pensées, je regardais le temps passer en discutant sur IRC, d’un sujet hautement important : est-ce qu’il était plus viril de dire «pain au chocolat» ou «chocolatine». Qu’une fille parle de virilité, ce n’est pas commun vous allez me dire. Et vous aurez raison. Mais j’ai tendance à oublier que je suis une fille. Et puis une fille qui vit seule avec ses ordinateurs et des peluches de petits démons ou de pingouins, ce n’est de toute façon pas commun. J’étais donc en train d’occuper mon temps d’une manière très instructive lorsque la sonnette de l’immeuble sonna.

«Oui ?», demandais-je, en essayant d’avoir l’air heureuse de répondre. Je sais, je suis d’une inventivité rare lorsque je parle à d’autres personnes, mais je vous l’ai déjà dit, c’était un lundi matin.
«Je viens voir A. Oscar», me répondit sèchement une voix d’homme, un brin essoufflé.
«Je vous ouvre, c’est au cinquième mais l’ascenseur est en panne», lui répondis-je avec toujours autant d’imagination, tout en lui ouvrant la porte.

Quelques dizaines de marches plus tard, j’entends mon visiteur, qui totalement haletant, frappe à ma porte. Je suis très fière de ma porte. Une belle porte blindée, vert pisseux mais sur laquelle sont collées, en lettres dorées, les mentions «A. Oscar» et juste en dessous «détective informatique». J’ai à chaque fois l’impression, lorsque je rentre chez moi, que je suis dans un vieux polar américain et que lorsque je rentrerais dans mon appartement, Bogart se retournera en me lançant un langoureux t’as de beaux yeux tu sais avant de… Enfin, voilà, j’adore ma porte. Mais revenons à mon visiteur qui entre, tout essoufflé. La quarantaine bien tassée, il détaille mon salon, contemple avec un petit air méprisant ma collection de figurines en vinyle puis me lance «Bonjour, je suis venu voir Monsieur Oscar, pourriez-vous m’annoncer ?».

Tu l’as bien cherché pourriez-vous me dire. Et vous auriez raison. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois, loin de là, que l’on me prenait pour la secrétaire de Monsieur Oscar. Pourquoi est-ce que je n’écrivais pas mon prénom en toutes lettres alors, pourriez-vous continuer à me demander. Ne vous méprenez pas, je n’ai pas honte de mon prénom, même si Alana ce n’est pas très commun (que voulez-vous, il doit y avoir peu de petites filles dont le papa admire Alan Turing), j’ai appris à l’aimer mon prénom. Non, il semblerait simplement que la plupart des gens qui pourrait avoir besoin de mes services pensent qu’une fille ne peut pas être compétente. Ce qui m’oblige à ruser. Mais qui du coup m’énerve lorsque l’on me prend pour la secrétaire. Je me rendis d’ailleurs compte que je l’étais, énervée, lorsque je pris conscience que je tapotais machinalement le filtre d’une de mes Lucky Strike contre mon clavier. J’essaie d’arrêter de fumer voyez-vous. Et mon patch de nicotine à moi, c’est de tapoter sans fin le filtre d’une Lucky contre mon clavier. Mais revenons à ce brave homme, que je fais patienter depuis quelques temps maintenant et qui visiblement commence à s’énerver, là debout dans mon salon bureau.

«Excusez-moi Monsieur, une affaire urgente à régler, permettez-moi de me présenter Alana Oscar, détective» (j’adore prononcer ce mot, à ce moment là, ça me donne des petits frissons partout). Je continue, sans lui laisser le temps de me couper. «Non ne vous excusez pas, les gens font souvent l’erreur, mais que voulez-vous, il se trouve que parfois un prénom féminin fait peur quand on parle d’informatique. Mais asseyez-vous et dites moi pourquoi vous êtes venus».

Mon bonhomme, ayant eu le temps de se reprendre son souffle, s’assit dans mes fauteuils décoration Star Wars et lâcha une seule phrase, d’un ton catastrophé. «Nous nous sommes fait pirater». C’est toujours pareil avec les clients, au moindre pépin, c’est la faute aux méchants pirates d’Internet. Aucune autre explication ne leur vient à l’esprit, non, c’est un piratage. J’essayais de cacher mon petit sourire amusé.

«Vous voulez un café pendant que vous me donnerez un peu plus de détails ?».

To be continued…


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  7 Responses to “Piratage en blouse blanche (épisode 1)”

  1. Yeah ! La suite, vite !

  2. ah hem… t’as pas un meilleur titre ? c’est pour les archives sur polar-geek.org…

  3. […] This post was mentioned on Twitter by Bruno Bord, Jean-Michel ARMAND, Goulwen Reboux, Geek, Geek and others. Geek said: #geek RT @MrJMad: [BLOG] et voila le premier épisode de ma contribution à #polar #geek : http://2tu.us/1gv5 RT @polardeuxzero […]

  4. Lady Oscar ? (pour ne pas faire référence à un dessin animé de notre enfance… 😉 )

    • haaaa 🙂

      je me demandais si quelqu’un allait penser à faire le lien. 🙂

      Donc oui, comme Lady Oscar, exactement. (il me fallait un nom de famille et je me suis dit que c’était l’occasion de glisser une petite référence et ça allait bien avec le coté garçon manqué que je voulais donner à Alana 🙂 ).

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