Jun 302010
 

Je twittais hier un lien parlant du décret d’application mettant en place les EIRL. Quelques discussions plus tard je me dis que je vais rapidement donner mon avis sur le sujet. Au risque de dire des bêtises en me trompant.

1- AutoEntrepreneur Vs le reste

Déjà je vais expédier rapidement la comparaison avec l’autoentrepreneur. Pour moi le statut d’AE reste un statut de complément ou un statut de test. On devient AE quand on est salarié (ou retraité mais bon c’est pour moi inique de devoir travailler pendant sa retraite) et que l’on veut soit tester un concept rapidement avant de se lancer soit avoir quelques compléments de revenus.

Donc AE c’est soit un statut transitoire soit un statut d’appoint. Alors que EIRL ou EURL c’est des statuts ‘sur le long terme’.

2- EIRL vs EURL

La, je vais être sincère, je ne vois pas vraiment l’intérêt du nouveau dispositif EIRL à part d’être un effet de communication qui permet de dépoussiérer l’EURL qui peut paraître lourd et craignos pour les fringants nouveaux créateur d’entreprise. Pourquoi je dis ça ? Parce que les statuts se ressemblent beaucoup.

2-1 Les ressemblances

Ce sont deux types de structures à responsabilité limité. Donc dans les deux cas, le créateur est sensé avoir ses biens personnels protégés en cas de faillite de son entreprise. (je dis sensé parce qu’il me semble avoir lu plusieurs fois que si la faillite vient d’une faute de gestion avéré du responsable, celui ci pouvait alors être responsable sur ses bien personnels, ça serait à vérifier).

Dans les deux cas, on peut être imposé sur l’IS et non l’IR.

Dans les deux cas, il y a dépôts annuels des comptes. Alors je pense qu’effectivement pour l’EIRL cela sera peut-être plus simple que pour une EURL, mais je n’en suis même pas sur.

2-2 Les différences

L’EURL est une vrai société. Il faut donc rédiger des statuts, la faire immatriculer et avoir des Assemblées générales tout les ans. C’est effectivement une charge à prendre en compte. Mais si on regarde bien les statuts on les écrit qu’une fois et on les modifie que très rarement. L’assemblée générale, faut la faire tout les ans, mais ça reste assez bateau (et puis il y a des conseils pour ça).

L’EIRL fonctionne par contre avec un principe de dépôt de déclaration des biens, droits ou autre que l’entrepreneur va affecter à son EIRL. Ce qui veut dire de la paperasse à faire et à déposer à l’organisme qui va bien. Et si c’est des biens immobilier il faut faire des actes notariés. De nouveau de la paperasse. Et on ne sait rien sur comment faire si on change l’affectation des biens. Cette affectation des biens doit donner lieu à une comptabilité autonome (et là moi je comprends gestion des amortissements pour tout ce qui est matériel) et dépôt des comptes annuels.

3- Zone d’ombre et conclusion

Il y a pour l’instant pas mal de choses que l’on ne sait pas sur l’EIRL. Comment est ce que cela fonctionne lorsqu’on veut rajouter des biens dans la déclaration d’affectation ? Genre la location d’un local, l’achat de nouveau PC, comment cela se passe ? Comment amende-ton notre déclaration ?

L’EURL permet à la fois d’être transformé en SARL ou alors d’avoir des salariés, est ce que cela sera possible avec une EIRL ?

Au final, la grande différence est, j’en ai l’impression de troquer la paperasse générée par l’immatriculation d’une société par celle dû à une déclaration d’affectation de ressources à son activité.

D’un point de vue personnel, je ne suis pas vraiment sur que les créateurs d’entreprise soit gagnant au change. En fait, là comme ça, la création du statut EIRL me fait plus penser à un effet d’annonce, le statut spécial pour ‘les gens de l’internet’ et j’ai vraiment du mal à voir son intérêt réel comparé à une EURL. Surtout tant qu’on aura pas plus d’info sur les transformation possible en autre type de structure ou sur comment se passe les embauches. Mais je peux me tromper. Et si j’ai loupé une info qui ferrait que le statut d’EIRL serait vraiment top moumoute, j’espère qu’on m’en informera à travers les commentaires 🙂


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Jul 232009
 

J’ai lancé ce blog avec un post un peu déprimant, visant à réduire en miettes les beaux rêves des futurs entrepreneurs. Je vais donc continuer avec un post un peu plus optimiste. Parce qu’il ne faut pas croire, tout n’est pas sombre et douloureux dans le joli monde de la création de l’entreprise. Il faut simplement avoir en têtes certaines vérités peut-être un peu désagréables. Mais une fois ces vérités assimilées, il y a tellement de raisons de créer une entreprise, qu’il ne faut pas hésiter à se lancer.

J’ai donc choisi pour ce nouveau post de lister trois raisons de créer une entreprise. Trois raisons parmi toutes celles que je pourrais lister soit parce que ce sont les miennes soit parce ce sont celles d’autres créateurs avec qui j’ai pu échangés. Ce sont des raisons personnelles, que je ne partage pas forcément avec tout les créateurs que j’ai pu croisé, ni même d’ailleurs, peut-être, avec mes associés.

Trois raisons qui sont en fait des besoins que l’on peut combler en devenant entrepreneur.

0/ Ne plus avoir le temps de dormir …

Et oui, ne pas avoir le temps de dormir c’est une excellente raison, du coup on ne fait pas de cauchemars terrifiants et surtout comme on reste éveillé longtemps, on brûle plus de calorie et donc on est svelte et bien charpenté, ce qui fait qu’on fait un malheur sur la plage… (hum… ok,  ceux qui m’ont croisé dans la vraie vie savent que ce n’est pas crédible)…

Bon ok, cette raison 0, c’était juste histoire de dire une connerie. Je redeviens sérieux et je donne mes trois raisons.

1/ le besoin de créer

C’est mon principal moteur. Vous allez me dire : ‘Mais tu peux créer en temps que salarié’. Et c’est vrai. Après tout, tout développement est un acte de création. Mais quand je dis créer, je parle de donner vie à mes idées. Avoir une idée, la faire murir doucement dans le fond de mon crâne, puis la partager avec ceux avec qui je bosse, la regarder évoluer, se modifier au gré des suggestions de chacun, prendre vie, et devenir un vrai ‘quelquechose’.

Alors oui, ça ressemble beaucoup à ‘j’ai monté une boite pour coder des trucs cools’, en ne limitant pas le processus au développement mais en l’élargissant à tous le processus de création. Mais comme ca ressemble beaucoup à l’illusion numéro 1 de hier, vous allez me dire que je me contredis.

Oui, mais non.

Hier j’ai dit qu’il ne fallait pas imaginer pouvoir faire que ça. Et qu’au début, il fallait même plutôt se résigner à ne pas du tout ‘coder des trucs cools’. Mais, avec les années, (et c’est typiquement le cas pour nous) quand la jeune société commence à prendre de l’âge, les occasions de ‘faire des trucs cools’ réapparaissent, de plus en plus. Il faut juste savoir prendre le risque de les saisir.

Et puis je l’ai dit, Créer, ce n’est pas seulement ‘coder des trucs cools’. C’est beaucoup plus large. C’est, après tout aussi, rédiger ces posts sur ce blog qui aideront peut-être de futur créateur d’entreprise.

2/ La liberté de décider et surtout de pouvoir Oser (ou comme dirait Rousseau : La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à ne pas être soumis à celle d’autrui. )

Parce que oui, quand on est pas un salarié, mais un chef d’entreprise, on est libre. Ou disons plutôt qu’on est infiniment plus libre qu’un salarié.
Parce qu’effectivement, il faut toujours trouver des clients, faire le boulot qu’ils demandent, le faire bien, etc etc. Les contraintes sont légions. Et parfois, disons même souvent, on doit faire des trucs qu’on a pas envie de faire, qu’on aimerait bien ne pas faire. Mais n’empêche.

On veut dire non à un futur client, refuser un contrat. On pose ses … sur la table et on le fait. (bon faut pas le faire trop souvent sinon on va vite pouvoir répondre à la questions que se posent chaque individus : quelle est la couleur de la moquette de l’agence Pôle Emploi la plus proche de chez moi).

La stratégie de l’entreprise, ce qu’on veut qu’elle devienne dans X années, tout cela ne dépend que de nous. Qu’est ce que l’on ferra demain, dans 6 mois, dans 10 ans, c’est nous qui en avons la maitrise complète.

Une envie folle de lancer un projet que l’on ‘sent’. On peut oser le lancer. Un risque à prendre, que l’on pense nécessaire, on peut oser le prendre.

Il n’y a pas de hiérarchie au dessus qui va décider à notre place, qu’il va falloir convaincre, à qui il va falloir rendre des comptes. Il n’y a que son propre jugement (voir celui de ses associés), son regard dans le miroir le matin. (comment ça il semblerait que j’ai un problème avec l’autorité ? Mais pas du tout…)

Cette liberté, quand on y a gouté, on se rend compte qu’elle n’a pas de prix. Même si, forcément, elle vient avec son lot de sueurs froides et de doutes. Parce que, quand on prend des décisions, faut être prêt à en assumer les conséquences. Logique. Et plus les décisions sont importantes, plus les angoisses nocturnes le sont aussi. Mais le jeu en vaut la chandelle.

3/ le besoin de découverte

Tout d’abord au niveau de la prod en elle-même. (et là c’est peut-être plus spécifique à l’informatique). Chaque idées, nouveaux contrats

Mais, un créateur d’entreprise ne fait pas que de la prod. Loin de là. Gestion, marketing, commercial, finance, réseautage (même si au départ il pas forcément conscience qu’il va faire autant de non-prod). Il touche à tout, essaie de ne pas être trop mauvais dans les domaines où il doit agir, forcé contraint.

Il faut donc apprendre, se remettre en question, et ça, chaque jour.

Et puis au final, on finit par se rendre compte que l’on peut prendre du plaisir, différemment, chose que l’on aurait pas imaginé quelques années plus tôt. Et que, horreur, on peut même apprécier, parfois, de faire du commercial :).

Pour Finir

Voilà, donc, expliqué d’une façon plus ou moins claire, les trois raisons/besoins principales qui m’ont fait entreprendre, devenir un créateur d’entreprise. Ce ne sont pas mes seules raisons, mais ce sont celles qui ont fait que j’ai sauté le pas. C’est, en tout cas je le pense, des raisons plus ‘moteur’ et moins ‘dangereuses’ que ‘je veux devenir riche’.

Et si, vous ressentez les mêmes, vous devriez, à mon avis, vraiment réfléchir à vous lancer, vous aussi.


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Jul 212009
 

On a  tous été, à une époque plus ou moins reculée, jeune et innocent. Quelle belle époque que celle-là et quelle tristesse d’en être sorti. L’époque radieuse et dorée où la vie était simple, pleine de rêves et d’illusion, où le linge sale se téléportait magiquement du panier à linge jusqu’à l’armoire (en se lavant, se repassant et se pliant), où les jours ne servent qu’à séparer les nuits passées sur les claviers (et aussi à aller faire les courses).

Mais malheureusement,  un jour, un jour, il faut bien grandir. Et, c’est le terrible moment,  où l’on se fait dépiauter de toutes ses illusions, les unes après les autres. Le pire, c’est que la plupart du temps c’est assez douloureux (rappelez vous quand vous avez appris que le Père Noël n’existait pas), un peu comme quand le dentiste vous arrache une dent en ayant oublié de vous anesthésier. (Bon la métaphore n’est pas forcément bien choisie, parce qu’avant qu’on vous l’arrache, votre illusion elle ne vous faisait pas hurler de douleur, alors que cette …. de dent oui).

Aujourd’hui (où plutôt ce soir, vu l’heure tardive), c’est moi qui vais jouer au dentiste et vous arrachez trois des pires illusions que peut avoir un créateur d’entreprise. Ouvrez grand la bouche, tirez la langue, ça ne va pas faire mal du tout, c’est promis ou alors juste un tout petit peu, mais pas grand chose.

1 La pire de toute : ‘Je monte une boîte pour coder des trucs cools’

Celle-là, il n’y a rien de pire. Rien de pire parce que quand on prend conscience du fait que cette phrase n’est qu’une illusion, c’est le moral qui en prend direct un grand coup dans les dents.  Et le moral, c’est primordial quand on est entrepreneur. C’est l’arme secrète qui permet de tout surmonter. Mais aussi la faiblesse ultime qui fait qu’on arrive plus à se lever le matin pour aller au bosser.

Vous allez me dire que parfois, dans certains cas, c’est possible. Effectivement, si vous levez des fonds, que vous avez dés le départ les gens qui vont bien pour s’occuper de l’administratif et de toutes la paperasse et un associé qui aime s’investir dans la gestion, alors oui c’est possible. Mais sinon, n’y pensez même pas. Oubliez. Que vous soyez freelance, auto-entrepreneur, associé dans une SARL, dans tout les cas c’est pareils. Il va falloir :

  • s’occuper de la gestion courante (impôt, TVA, URSSAF, etc etc)
  • faire du commercial
  • s’occuper de se faire payer par les clients
  • gérer et piloter le bousin
  • faire les prestas pour les clients
  • etc etc ….

Alors attention, je ne dis pas qu’on ne peut pas faire de truc cools. Au contraire. Surtout après quelques années, quand les sous rentrent d’une manière assez régulière. Juste qu’il faut s’attendre à devoir, pendant quelques années,  oublier ses rêves de développement fun, cools, qui font passer des nuits entières à rêver du produit final. Parce que malheureusement, il faut aussi ramener des sous pour ne pas finir par déposer le bilan. Et que bizarrement, les projets cools qu’on a dans la tête, ça demande beaucoup d’investissement au départ et ce n’est pas souvent les projets dont ont besoin les clients.

Je parle de coder, mais tout le monde (enfin ceux qui lisent quoi) aura bien compris que c’est simplement pour donner un exemple, la même situation se transpose dans tout les métiers, que vous soyez graphiste, boulanger ou géologue.

2 ‘Je vais être patron, dans 4 ans à moi la BMW et la maison de rêve à Saint Tropez’

Vous voulez devenir riche, et en plus rapidement ? Ne créez pas d’entreprise. Jouez au loto, vous aurez bien plus de chance.  Où alors devenez salarié, amassez des sous et ensuite rachetez une boîte ou investissez en temps que business angels dans différents projets en espérant que certains explosent.

Alors oui forcément il y a toujours des contre exemples à la Facebook ou Google. Mais bon, la plupart du temps entrepreneur ça ne fait pas devenir riche à millions et surtout, surtout pas tout de suite. Les patates à l’eau, les pâtes au beurres et le riz au riz (c’est très bon ça le riz au riz, le riz donne un délicieux goût de … riz, au riz), vous allez connaître par coeur. Et avoir des salariés que vous payerez plus que vous aussi.

3 ‘Notre produit est super top moumoute, il se vendra tout seul’

Quand on crée une boite avec une idée produit, on l’a souvent couvé pendant des mois, des années. On a peaufiné les moindres détails dans sa tête, repensé à chaque chose. Fait plein de prototype. Et puis arrive le moment de la création proprement dite. Et là, on part la tête dans le guidon. On aligne les lignes de code (là encore je prend comme exemple un projet informatique, mais vous pouvez l’appliquer à tout) encore et encore. C’est bien joli et très tripant. Les mois passent et puis finalement  on fait une V1et … c’est tout. Rien ne se passe. Le téléphone reste muet. Personne ne se précipite pour acheter le produit top moumoute.

Parce que personne ne sait qu’il existe.

La partie commerciale. C’est la partie que les créateurs d’entreprises ‘techniques’ ont toujours, toujours, tendance à sous-estimer. Parce qu’ils n’aiment pas ça. Parce qu’ils pensent ne pas savoir faire. Parce qu’ils pensent que ce n’est pas utile, les clients viendront d’eux même vu la super qualité de leur produit. Si seulement le monde pouvait être aussi simple.

Il faut donc faire ‘du commercial’, même si l’on n’aime pas (et je vous promet que je sais ce que c’est..). Et ça, avant même que le produit soit fini. Pour être sur qu’il est en adéquation avec les clients, qu’il va leur plaire (et pas seulement nous plaire), et pour avoir des clients, les premiers, qui paieront dés que le produit sera prêt. Et après continuer, encore et toujours, pour faire exister le produit, le faire connaître, le faire utiliser.


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