May 072012
 

Il semblerait que je sois condamné à ne dire que du bien des éditions au diable vauvert. Et qu’au diable vauvert et moi, ce soit un peu comme une histoire d’amour. Et ce n’est pas Les Morues (par Titiou Lecoq), le derniers livres d’eux que je viens de finir qui va faire changer les choses. C’est qu’il m’en aura donné des orgasmes littéraires ce livre….

Tout commence par une réunion entre ‘vieux’ copains de lycée pour l’anniversaire de la mort de Kurt Cobain, un peu en mode ‘rendez vous dans 10 ans place des grands hommes’, mais avec de la vodka et de la désillusion en plus, un peu comme dans la vraie vie quoi. Et puis, sans transition, on les retrouve tous ou presque, pour l’enterrement de l’une d’entre eux qui vient de se suicider. C’est le choc pour tous, Charlotte avait un bon boulot, allait se marier, tout semblait plutôt bien allé pour elle. Pourquoi alors se suicider comme cela ?

Et c’est le point de départ d’une enquête menée par Emma et Fred, Emma étant l’ancienne meilleure amie de Charlotte, qui a la suite d’une brouille (l’explication du pourquoi sera donné dans le bouquin) ne l’avait plus vu depuis des années, Fred, le petit frère d’antoine (un autre des mecs de la bande et l’ancien mari d’Emma) étant un génie qui a décidé de ne rien faire volontairement de sa vie et travaille en temps que secrétaire dans une grande entreprise.

Les morues a plusieurs particularités. Déjà c’est un roman qui se passe en France et aujourd’hui (ou presque, disons qu’il aurait pu se passer en 2010 ou 2011). Et c’est pour moi clairement une nouveauté. C’est étrange de lire des choses qui parlent de RGPP (une loi passée il y a quelques temps et mise en pratique pendant les dernières années, et toujours maintenant, la loi du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux par exemple), de nos partis politiques et du gouvernement de notre pays. Et oui, il y a une vraie dimension politique dans ce livre(enfin à mon avis).

Ensuite, c’est lui un polar, un vrai. D’ailleurs si l’on remplace Taylor par notre duo d’enquêteurs du dimanche et la Guiness par la Vodka, on pourrait croire que c’est un Bruen que l’on est en train de lire (et ça, c’est quand même un foutu compliment). On y ausculte la société, en en prenant une photo et en la décortiquant, même dans ses aspects les plus noir et cela à travers de héros dont la principale qualité et de se relever encore et encore, quel que soit les coups qu’ils prennent et de continuer à avancer, là où tout le monde baisserait les bras, à croire qu’ils aiment ça. Et au final, l’enquête n’est plus si importante que cela, ce qui est important c’est ce que vivent les personnages, ce qu’ils ressentent, ce que cela nous fait découvrir sur le monde dans lequel nous vivons. En fait même si l’enquête ‘policière’ n’est au final qu’un prétexte pour regarder vivre les personnages, elle est plutôt rondement mené et l’explication finale tombe plutôt bien, sans que l’on ne s’en doute (en tout cas moi, pas une seconde) et est parfaitement dans l’ambiance générale du livre. Dans ce mélange de quasi vacuité, de rêve perdus, d’espoirs déçus et de vie réelle.

Les personnages d’ailleurs, parlons en. Ils cristallisent tous plus au moins un stéréotype ou une caractéristique des trentenaires, des gens en général. Que ça soit la journaliste délurée, le génie geek limite autiste (obsédé par les nichons et joueur de MMO), le salop rangé et aigri qui tente de briser ceux qu’il ne comprend pas, qui ne rentrent pas dans ses schémas de pensées, où tout les autres personnages, ils sont chacun des bouts de nous, des facettes que chacun peut retrouver en lui. Et les voir lutter, prendre coups après coups, se tromper, échouer, changer petit à petit, ne peut que nous ramener à nos propre vie, à nos propres expériences, à nos propres échecs, les fois où l’on a baissé les bras, où l’on s’est compromis (le thème de la compromission est d’ailleurs assez important avec la charte des morues et le non respect de celle-ci et les conséquences que cela a).

Je n’irais pas plus loin dans le dévoilement de l’histoire. Je ne voudrais pas déflorer le plaisir de votre lecture. Je vais juste conclure que les morues m’a mis une claque vraiment. Je ne m’attendais pas, mais alors pas du tout à vivre l’expérience qu’il m’a fait vivre. Je ne peux que vous conseiller très vigoureusement (et de manière répétée) de le lire. Et pendant que vous le lirez, moi, j’attendrais avec envie et appréhension le prochain au diable vauvert que je vais lirais.

 

PS pour au cas où : relancer les MadInterview avec des interviews d’auteur ça me plairait bien …. surtout avec des auteurs que j’apprécie)


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May 052012
 

Je crois l’avoir déjà dit plusieurs fois ici (et encore plus souvent sur Twitter), je suis un inénarrable fan de la série Castle (et plus généralement de Nathan Fillion). Quand des bouquins sont sortis en rapport avec cette série (en fait les bouquins que l’un des deux personnages principaux est sensés écrire dans la série), je me suis dit qu’il me les fallait, une fois qu’ils seraient traduit en français, bien  entendu. Et au final, j’ai eu le plaisir de me voir offrir par ma chérie le tome 2, en pdf directement lisible par ma jolie liseuse. Le tome 2 parce qu’apparemment le tome 1 fait plus effet de goodies pour  fan de la série que de vrai bouquin.

Je me suis donc précipité pour le lire. Première constatation, le pdf est pas vraiment d’une excellente qualité niveau lisibilité par une liseuse. J’ai du jouer avec les zooms entre les pages, j’ai eu droit à des pages de 4 lignes en taille énorme alors que je devais en lire d’autre en taille 50% pour avoir tout le texte d’une page de manière propre… Bon ça n’a aucun rapport avec la qualité du bouquin en lui-même, mais ça énerve ! Faites des epubs bordel ! Ou alors des pdf de qualité prévus pour liseuses. Au prix où on les paie, c’est quand même un minimum …

Mais revenons en au bouquin. Le principe est un peu le même que dans la série. Une inspectrice de choc (qui s’appelle Nikki Heat dans le bouquin) aidé de ses deux collègues résout des enquêtes. Et celui qui tient le rôle de Castle dans cette fine équipe n’est ici pas un auteur de roman (enfin si, mais bon pas principalement et il n’écrit pas des polars) mais un journaliste à succès (reporter de guerre, multiples prix, etc etc). L’autre grande différence avec Castle, c’est que lui au moins, l’inspectrice de choc et de charme, il la mise dans son lit. Et pas qu’une fois….

Enfin, au début du roman, le torchon brûle entre nos deux héros qui ont rompu suite à l’article qu’à écrit Jameson Rook sur Nikki Heat (l’alter égo de Becket dans le livre).. Sauf que, la journaliste people que notre héros journaliste suivait depuis quelques semaines pour lui consacrer un article a la bonne idée de se faire assassiner. Après avoir été torturé. Du coup, même si elle ne veut plus du tout avoir à faire à lui, Nikki va être obligé de supporter à nouveau, pour une dernière fois, ce couillon de Rook.

Ensuite, l’intrigue suit un déroulement classique de polar moyen. Les différents meurtriers sont découvert les uns après les autres, on suit des pistes, on se trompe, des coups de théâtres viennent pimentés le tout et au final le meurtrier n’est pas du tout celui que l’on croyait et l’explication se trouve dans un événement tragique du passé qui a relié entre eux plusieurs des protagonistes de cette affaire. En parallèle, on peut suivre la lente tentative pour de reconquérir à la fois le cœur de la belle Nikki et de son équipe…

Alors autant être clair, Mise à nu n’est pas ce que je pourrais appeler un grand polar. On ne prends pas une claque comme lorsque l’on lit un Bruen, il y a peu de ce qui fait d’un polar un polar, cette auscultation de la société dans lequel se meut le héros. Nan Mise à nu est plutôt ce que j’appellerais un roman policier, un peu comme les dizaines que l’on peut trouver dans les rayons de toutes les librairies.

Ensuite, il est vrai que pour un assidu de la série, lire mise à nu est une expérience un peu bizarre. Il y a un certain nombre de clin d’œil à la série (mais le lecteur ne perds vraiment rien si il ne connaît pas la série et que donc il les rate) qui en rajoutant à l’effet « c’est comme la série » sont au final plus déstabilisant qu’autre chose. Parce que lorsqu’on lit le livre, les images qui nous viennent à l’esprit, sont forcément celle des personnages de la série. Et que somme toute, Nikki Heat n’est pas Becket, Rook n’est pas Castle. (déjà ils ont pas couchés ensemble dans la série). Et c’est donc déstabilisant. Il y a comme une sensation de … quatrième dimension, de décalage. Parce qu’inconsciemment on tenter de faire coller ces deux brochettes de personnages aussi virtuels les uns que les autres, mais qui ne sont pas similaires.
Pour finir, Mise à Nu est un bouquin qui se laisse lire, sans prétention mais bien écrit et qui fait passer un bon moment. C’est après tout bien suffisant (Mais peut être pas pour acheter la version papier grand format, vu son prix). Mais si un poche existe ou que vous avez une liseuse, alors pourquoi pas.


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Apr 092012
 

J’ai acheté les lunes de sang d’Anais Cros un jour à Cultura, sur un coup de ‘poker’. La couverture était plutôt jolie mais un peu trop Wowesque et la quatrième de couverture donnait envie, mais la partie biographie de l’auteur (je met auteur et pas auteure parce que je suis allé voir sur le blog de l’auteur et elle dit auteur pour se décrire, donc je fais pareil) me faisait un peu peur.

Pourquoi ?

Je vous la (la quatrième de couverture, faut suivre un peu) cite : ‘Inconditionnelle de Sherlock Holmes, Anaïs Cros se devait de lui rendre hommage dans son premier roman, en créant son double de fantasy. Déductions, flegme et observations sont de rigueur dans ce roman de fantasy policière où plane à chaque page l’ombre de Sir Arthur Conan Doyle et de son célèbre héros‘. Étant moi même assez fan de monsieur Sherlock je me suis alors dit : ‘Soit c’est un bon bouquin,  soit ça va donner l’équivalent en livre du film les trois mousquetaires (celui sorti en 2011, le super nanard avec milla jovovich et Orlando Bloom), soit ça va juste être une pale copie de sherlock’.

Et au début du bouquin, j’ai bien cru que j’allais avoir droit à un copier-coller de sherlock à la sauce Fantasy-WOW (et ça , au secours!!!) . L’histoire colle en effet vraiment énormément à celle de Sherlock et le doute pouvait être permis de se retrouver avec un bouquin qui voulait simplement surfait sur la renommée de monsieur Holmes. Mais, et heureusement pour moi, ce ne fut pas du tout le cas. Au fil des pages les divergences entre l’histoire originelle de Sherlock et celle des lunes de sang s’accumulent et le récit reprends sa liberté et tout son intérêt.

En fait, le duo Listak/Evrahl n’a rien a envier à celui de Holmes/Watson. Et même mieux, le background d’Evrahl permet de rajouter une certaine réflexion à l’histoire (qui elle prend assez vite un tour assez prévisible). La vengeance à tout prix, l’intérêt même de la vengeance, la trahison d’un ami pour respecter un engagement ou  l’aveuglement causé par la douleur sont quelqu’unes des questions qui sont indirectement posés aux lecteurs à travers les réflexions d’Evrahl.

Pour ce qui est des personnages secondaires, ils sont à la fois important et bien traités. Aucun d’eux n’est éclipsé par le duo principal. C’est même tout à fait le contraire en ce qui concerne certains personnage comme Amhiel, la jeune fille qui s’occupe de l’intendance de la maison du duo  et qui  s’improvise dans le dernier tiers du bouquin, apprenti aventurière. D’ailleurs (si jamais l’auteur me lit), j’aimerais beaucoup un spinoff avec Amhiel en temps qu’héroïne principale.

Pour ce qui est du cadre lui même, on reste dans de la fantasy assez classique avec des elfes aux oreilles pointus et des nains rugueux et à barbe (ou à nattes). Ce n’est d’ailleurs pas un reproche du tout, j’aime bien la fantasy classique. On s’en écarte un peu avec la quasi non présence de la magie,  des lutins assez sympathique et les lunaires, des espèces de créatures bizarres, aveugle et qui se nourrissent de sang. Un peu comme des vampires allez vous me dire ? C’est vrai, mais pas tout à fait. Et très franchement, si j’ai apprécié les lutins et la façon de traiter la magie, autant je dois avouer que les lunaires m’ont laissé assez froid.

Donc au final, si vous n’avez pas peur que les quelques dizaines de pages du début qui collent presque (trop) parfaitement à la légende Holmessienne ne vous gonflent et vous empêchent de lire la suite et que vous aimez le mélange des genres Polar/Fantasy (même si ok, ce n’est pas aussi bien ciselé qu’un Glen Cook), c’est un livre que je vous conseille de lire.


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Jan 192012
 

Il y a une longue histoire entre La Saga de Shandril, Tome 1 : Magefeu et moi. Je l’ai acheté une première en 1995, en poche, édité par fleuve noir (vous verrez la couverture plus bas dans l’article). Si je me rappelle si bien de l’année parce que le jour où je l’ai acheté (je pourrais même vous dire ou exactement) j’ai en même temps acheté Dance Machine 6 ( et oui j’étais jeune et ado à l’époque). Et que je ne peux penser au bouquin ou à l’héroine Shandril sans penser à la chanson Think of  You de Whigfield (je vous laisse chercher sur youtube … )

Du coup, quand j’ai vu une réed par Milady et même si j’ai toujours Shandril Fleuve Noir dans ma bibliothèque, je l’ai acheté, une deuxième fois. Et je l’ai relu. (en réécoutant la chanson citée au dessus.. oui oui #jeudiconfession).

Et c’est toujours aussi bon à lire.

Alors oui c’est du D&D de base. Oui l’histoire est pleine de poncif. Jugée plutôt :  une jeune serveuse (Shandril) adoptée qui s’incruste dans une compagnie d’aventurier, qui rencontre Elminster, qui se trouve être dotée d’un pouvoir magique quasi ultime et qui est poursuivi par tout les méchants des Royaumes Oubliés.

Oui, les persos sont simplistes, la morale manichéenne au possible, l’intrigue cousue de fils blanc.

Alors oui, les méchants perdent forcément, il y a bien entendu le nain qui ronchonnent, le jeune apprenti magicien timide et malhabile, les voleurs rigolards et sympa à la Han Solo.

Alors oui c’est une suite de fête entre héros, de bastons contre des méchants toujours plus forts, de conciliabule pour préparer des plans.

Alors oui c’est plein de bons sentiments et on sait d’avance que hormis le quota obligé de morts du coté des gentils, ben le bien triomphera.

Mais c’est du D&D assumé. C’est du Ed GreenWood comme on l’aime, presque du nanard littéraire mais pourtant ça se laisse lire, et relire, même 17 ans après. Avec toujours autant de plaisir. Avec toujours autant de sentimentalisme et de bonheur. Pour preuve, je l’ai lu en quelques heures, quasiment d’une traite.  Et pourtant je ne l’ai pas lu qu’une fois, mon bouquin de 95.

Mais par contre, je préviens tout de suite, pour les non rôlistes, pour les non fan de la medfan de gare, il n’y aura pas grand chose à espérer,  pas grand chose à se mettre sous la dent alors passez votre chemin ou empruntez moi un de mes deux tomes.

Mais pour les autres. Pour ceux qui ont adorés Lancedragon, ceux qui ont aimé le cycle Elminster d’Ed, ceux qui ont passé des nuits à lancer des D20 en jouant un sorcier lvl 3 ou qui ont parcouru Baldur’s Gate en long et en large, pour ceux qui comme moi savent qu’un spectateur ce n’est pas forcément quelqu’un qui s’assoie pour regarder une pièce de théâtre, pour tout ceux là, c’est sûrement un bouquin à lire.

 

la couv de la vieille édition :


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